Billet de Florestan:

Hubert Germain est mort.

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Il n'y a plus de compagnons de la Libération. Ce qui signifie que nous sommes, plus que jamais, des nains hissés sur les épaules des géants qui nous ont précédés: après 77 ans de paix et de prospérité (ce qui a, bien entendu, bien des avantages) nous n'avons plus envie d'être des héros. Un sondage récent (Gallup 2014), plutôt édifiant, mesurait, dans chaque pays membre de l'Union européenne, le niveau de réponses positives à la question suivante:

"Qui est prêt à se battre pour son pays?"

Puisque nous commémorons ce jour le 103ème anniversaire de l'armistice de 1918, on donnera les résultats pour les Français (29 %) et les Allemands (ça tombe à 18 %: le cataclysme de la folie nazie est passé par là...)

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https://www.les-crises.fr/qui-est-pret-a-se-battre-pour-son-pays/

Il est vrai que poser cette question 77 ans après une Seconde Guerre mondiale atroce et qui fut précédée de la monstrueuse boucherie militaire de la Première guerre mondiale, pourrait ne plus avoir aucun sens. Et pourtant! De nos jours, nos soldats professionnels s'engagent contractuellement au sacrifice suprême en cultivant des valeurs chevaleresques surannées pour protéger une société d'individus libres qui, pour la plupart, se contrefichent desdites valeurs chevaleresques...

Et il est vrai aussi que le sens de la commémoration du 11 novembre 1918 a totalement changé tel une girouette passant du Nord au Sud... Car aujourd'hui c'est devenu, à entendre analyses et propos dans certains médias, la commémoration expiatoire d'un patriotisme criminel apportant la mort de masse comme la nuée porte l'orage...

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A Caen, le monument érigé en 1927, figure une Victoire d'or ailée distribuant ses couronnes de lauriers à des soldats morts en héros protégeant notre Liberté démocratique nationale.

Et dix-sept ans plus tard, notre belle cité normande a failli disparaître corps, âme et biens pour éprouver, elle aussi, la nécessité vitale de la Liberté face à un ennemi allemand encore plus redoutable...

En pensant à Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération vivant, qui vient de mourrir et qui, désormais, repose avec ses frères d'armes dans la crypte du Mont Valérien, on pensera, d'abord, à ces simples vérités frappées au coin du bon sens qui étaient celles de nos ancêtres...

More majorum.


 Hubert Germain était donc un parachutiste chevronné. Mais si l'on doit chercher un lien entre Hubert Germain et la Normandie, on est contraint de conter l'histoire d'un parachutage... raté du côté de Cherbourg.

Explications:

https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/cherbourg-aura-resiste-a-hubert-germain-le-dernier-des-compagnons-de-la-liberation_45648201.html