Sur le registre Internet des doléances ouvert officiellement par la Commission Nationale du Débat Public au sujet de la concertation publique organisée à l'occasion de la création d'un théâtre immersif d'histoire public dédié à la mémoire des héros de l'été 1944 en Normandie près de Carentan (Manche), les rédacteurs du blogue "Sire de Sei" ont déposé les textes suivants aux numéros 104, 105 et 40...

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https://www.ouest-france.fr/d-day/video-decouvrez-la-bande-d-annonce-du-projet-hommage-aux-heros-qui-va-s-implanter-en-normandie-f7ad5328-f7b2-11ec-9081-e9c3cdc26fd6?utm_source=troove&utm_medium=site

Il faut avouer que le reste des contributions pour l'instant enregistrées ne sont pas à la hauteur des enjeux soulevés par ce projet mises à part, outre les nôtres, deux ou trois contributions réellement intéressantes à lire, c'est-à-dire, qui font preuve d'une authentique réflexion intellectuelle autonome de la part de leurs auteurs.

Bien entendu, en dehors de nos contributions, on ne trouvera pour l'instant, aucune réflexion globale s'attachant à définir un intérêt général normand dans cette aventure ambitieuse qui pourrait être une vraie réussite si...

On vous donne à lire ci-après les textes de nos trois contributions telles qu'elles apparaissent dans le registre officiel du site Internet dédié à la concertation sur ce projet.

Si vous souhaitez, à votre tour, contribuer en donnant un avis normand autorisé suivre le lien suivant:

http://www.enquetes-publiques.com/Enquetes_WEB/FR/EP22331/Consulter/false/false.awp?AWPID1F8039BF=103A81F7405F559BAD9ED525D966C54592E84F5F


 CONTRIBUTION N°104

 Projet "hommage aux héros" de l'été 1944 en Normandie ou la première grande tentative institutionnelle de proposer en France une expérience d'"histoire publique".

Avant que l'Histoire ne soit étudiée par des historiens, discutée et débattue dans des colloques universitaires, présentée dans des livres savants avec des notes en bas de page ou dans des musées avec des vitrines et des étiquettes, enseignée dans les écoles par des professeurs, l'Histoire se doit d'être racontée pour être transmise au plus grand nombre.

La méthode de l'histoire publique (ou "public history") est pratiquée depuis longtemps dans les pays de culture anglo-saxonne, notamment en Amérique de Nord: issue des réflexions de l'archéologie expérimentale née dans les années 1910, portée par les expériences d'éducation populaire des années 1960-1970 de reconstitution historique, cette méthode consiste à apporter un savoir historique scientifiquement validé à un public large qui ne pourrait pas y avoir accès par les seuls moyens scolaires et académiques. L'objectif est celui d'une transmission qui soit aussi une appropriation en s'adressant à tous les sens de l'être humain: l'approche intellectuelle critique est, bien entendu, indispensable mais n'avoir que cette approche risque de détourner le public non spécialisé d'une culture historique pourtant indispensable à la cohésion sociale et politique d'une nation.

Pour résumer: la méthode d'histoire publique est une approche concrète et participative du savoir historique dans le but d'une éducation populaire à l'Histoire.

Le Moyen-âge aperçu dans les manuels des classes de 5ème n'est pas très exaltant? La construction d'une réplique de château-fort avec les techniques de l'époque comme à Guédélon (Yonne) attire plus de 100000 personnes par an.

Vous fader tous les volumes de la magistrale thèse d'Etienne Taillemitte sur l'histoire de la marine française au XVIIIe siècle? Bon courage! En revanche, la recréation à l'identique de la frégate qui embarqua Lafayette en Amérique a suscité des centaines de vocations de marins et d'historiens...

L'histoire publique permet aussi d'imaginer avec les technologies numériques et visuels d'aujourd'hui des muséographies adaptées à tous les publics ou des univers immersifs complets permettant de véritables plongées dans les temps passés: dernier exemple en date avec l'univers immersif installé aux Bernardins à Paris ressuscitant l'ambiance visuelle et sonore de Paris à l'époque de la cathédrale Notre-Dame.

Un colloque international a été organisé par le MUCEM de Marseille en octobre 2015 pour expliquer les méthodes et les enjeux de l'histoire publique: ce colloque devait lancer la reconnaissance officielle par les instances culturelles et universitaires de l'histoire publique en France...

Mais, cette méthode d'histoire publique reste peu connue ou institutionnellement peu pratiquée dans notre pays et ce pour deux mauvaises raisons typiquement françaises:

1) L' expérience d'histoire publique la plus connue et la plus réussie est celle proposée par les tableaux scéniques historiques du parc du Puy-du-Fou, une initiative privée idéologiquement orientée mais qui a toute sa légitimité là où elle se trouve (mémoire vendéenne blessée par la Révolution française): comme un Puy-du-Fou de gauche n'est pas possible, cette expérience d'histoire publique qui  a, désormais, une notoriété mondiale, continue d'avoir mauvaise presse en France.

2) Conséquence: les démarches d'histoire publique suscitent la prudence voire la méfiance (pour ne pas dire davantage) des institutions culturelles et universitaires a fortiori lorsque ces démarches viennent de la société civile, d'associations ou d'entreprises privées. Seul avantage à cette situation: une certaine liberté d'action des acteurs de l'histoire publique en France qui ont rarement accès aux financement publics.

En 2018, dans le cadre du séminaire "Normandie" de l'université populaire de Caen, nous avions présenté les méthodes et les enjeux idéologiques, éthiques ou scientifiques de l'histoire publique notamment pour la Normandie qui dispose d'un patrimoine historique exceptionnel. Voir le lien suivant:

http://normandie.canalblog.com/archives/2018/11/13/36864663.html

Pour revenir au projet "Hommage aux héros" d'un spectacle vivant et immersif d'histoire publique pour transmettre aux nouvelles générations l'épopée tragique de la reconquête de la Liberté sur la terre normande durant l'été 1944, en tant qu'enseignant en charge de transmettre l'histoire et la géographie dans un lycée professionnel à Caen, je ne peux que soutenir une telle initiative non sans dénoncer ici, hélas, la moraline déversée depuis le début de cette aventure (faute d'avoir été correctement présentée et expliquée) sur la base de préjugés idéologiques montés sur de fausses informations, et ce jusqu'à l'indécence.

Ce projet n'a jamais eu pour objet de se substituer au pèlerinage laïc de piété pour tous les morts sur la terre normande pendant le tragique été 1944: pour moi, le Six juin est un jour solennel de gravité, de deuil et de recueillement dans les cimetières, devant les monuments, sur les sites historiques des plages du Débarquement et des batailles de l'été 1944 en Normandie.

Le projet "Hommage aux Héros" est, à tout point de vue, complémentaire tant par sa géographie que par sa signification, de ce pèlerinage de piété qui doit se poursuivre dans le futur malgré la disparition progressive de tous les acteurs et témoins de cette épopée:

Le théâtre immersif d'Hommage aux héros sera implanté à l'entrée de Carentan tout près de la RN 13 donc à plus de dix kilomètres des espaces sacrés de la Mémoire de l'été 1944: il faut dire que l'expression malheureuse de "D-Day Land" utilisée par notre Président de région  agacé par la mauvaise foi des contempteurs de ce projet a, hélas, été réutilisée par ces derniers quitte à faire les choux gras d'un quotidien régional qui n'a, d'ordinaire, pas beaucoup de bienveillance pour les initiatives visant à valoriser la Normandie: notons, cependant, que depuis que le directeur du Mémorial a annoncé s'intéresser positivement à ce projet (puisqu'il s'agit d'une démarche d'histoire publique), ledit quotidien régional n'utilise plus cette dénomination malheureuse qui n'a jamais été celle du projet.

Ras-le-bol donc de la moraline culpabilisante de certains militants idéologiques qui affirment que ce projet consiste à faire du fric sur le dos des morts.

Ras-le-bol aussi de ces écologistes intégristes qui ne voient dans tout aménagement qu'une atteinte intolérable à une très sainte Nature qui pourrait se passer de l'Humanité...

Ras-le-bol, enfin! de ces médiocres qui s'opposent à ce projet sous prétexte d'éventuelles nuisances sonores: dans la campagne et dans nos villes normandes, durant l'été 1944, il y eut soudain beaucoup de vacarme et c'était l'orage d'acier qui apportait le retour d'une Liberté qui permet, aujourd'hui, la vie confortable des pisse-froids de 2022!

Mais je suis confiant: l'enthousiasme des Normands pour ce projet finira par arriver, moyennant deux conditions:

1) La Normandie n'a pas été qu'un théâtre d'opération, un simple décor et les Normands n'ont pas été que des spectateurs passifs du passage sur leur tête et dans leur chair de l'Histoire avec une grande hache (Georges Pérec): pour mener l'opération "Overlord" ("Suzerain" en français) la Normandie a été choisie par des Anglo-américains qui la connaissent beaucoup mieux que nous pour sa géographie particulière mais aussi pour son histoire (l'épopée de Guillaume le Conquérant mais dans l'autre sens). Et les Normands ont été souvent des acteurs courageux et héroïques de cet événement mondial:

En juin 1945, lors du premier anniversaire de l'opération Overlord, le généralissime Eisenhower confia à un Général de Gaulle qui refusait de commémorer un débarquement "anglo-américain" dont l'un des objectifs était de mettre sous tutelle administrative alliée le territoire français métropolitain libéré du nazisme, que sans l'action décisive de la Résistance normande de la France Libre gaulliste (renseignement, sabotage systématique des communications militaires allemandes) les têtes-de-pont du débarquement n'auraient jamais pu tenir le coup au lendemain du six juin:

En conséquence, nous demandons à la maîtrise d'ouvrage du projet la création d'un tableau scénique mettant en valeur la résistance normande.

2) M. Demolins, le garant nommé par la CNDP,  a fort justement, rappelé une évidence en conclusion de la première réunion d'information à Carentan, le 19 août 2022:

ce projet ne pourra réussir que si le territoire et ses habitants sont directement impliqués et associés à sa définition. En conséquence, nous estimons que le contenu annoncé par les porteurs du projet pour le futur pavillon de Normandie qui sera implanté sur le site n'est pas à la hauteur des enjeux: une vitrine des savoir-faire normands ne suffit pas.

Il faudrait expliquer dans dans ce pavillon normand grâce à une exposition permanente pédagogique en quoi la Normandie a une histoire et une notoriété mondiales et en quoi des valeurs issues d'un héritage normand séculaire ont été le creuset de notre civilisation occidentale. Ces valeurs normandes sont:

La LIBERTE

La PAIX

Le DROIT

Et ces valeurs sont présentes dans le droit coutumier normand fondateur de la common law anglaise et du droit américain contemporain: la coutume ancestrale normande demeure, d'ailleurs, toujours en vigueur dans les îles anglo-normandes...  Il serait judicieux d'expliquer ces racines juridiques essentielles aux visiteurs du futur parc "Hommage aux héros" et pour ce faire, une coopération avec l'office universitaire d'études normandes de l'université de Caen serait à privilégier.


CONTRIBUTION N°105

Précisions à ajouter suite à la contribution n°104:

1) Sur le colloque organisé par le MUCEM de Marseille en octobre 2015 pour définir les problèmes, enjeux et objectifs de l'histoire publique on suivra les liens suivants:

https://muse.hypotheses.org/103

Voir aussi le lien pdf donné en pièce jointe pour en connaître l'argument.

2) Sur le rôle spécifique et particulier de la Normandie dans une histoire mondiale occidentale y compris la plus contemporaine, on dira ceci:

  • Si la Normandie a été réunifiée lors de la réforme régionale de 2014-2015 et préservée dans son intégrité géographique au lieu d'être noyée comme d'autres régions dans un grand machin néo-régional sans histoire ni identité, c'est grâce aux commémorations solennelles du 70ème anniversaire du Débarquement le 6 juin 2014 devant 150 chefs d'états étrangers dont la Reine d'Angleterre toujours "duc de Normandie" pour les îles anglo-normandes.

Voir ci-après le lien pour lire le discours de François Hollande sur l'esplanade du Mémorial de Caen le 6 juin 2014 au matin:

http://www.normandie-heritage.com/spip.php?article982

  • A l'occasion du conflit ukrainien, la Normandie a, de nouveau joué un rôle diplomatique international important: après le repas officiel des chefs d'état au château de Bénouville pour le 70ème anniversaire du Débarquement, une discussion au plus haut niveau s'était engagée entre la France, l'Allemagne, la Russie et l'Ukraine. Les discussions du "format Normandie" aboutirent aux accords de Minsk dont le non respect par les parties prenantes explique en large partie le conflit actuel. Une fois encore, la paix à la normande était la solution.
  • Depuis 2015, la région Normandie organise avec succès le forum mondial "Normandie pour la Paix" à Caen pour échanger avec les meilleurs experts internationaux sur les problèmes de la sécurité mondiale: après plusieurs éditions, le forum de Caen est, désormais, inscrit à l'agenda des Nations Unies.

Voir le lien suivant:

https://normandiepourlapaix.fr/

Voilà des éléments complémentaires importants pour créer un "pavillon de la Normandie" digne de ce nom sur le futur site d'Hommage aux héros.

Cordialement,
M. Philippe CLERIS
enseignant en histoire-géographie en lycée professionnel à Caen
animateur depuis 2008 du séminaire "Normandie" de l'université populaire de Caen.

 CONTRIBUTION N°40

 Les concepteurs du Parc "hommage aux héros" auront t-il l’honnêteté de traiter les questions suivantes ?

Expliqueront-ils le sens du mot Overlord ?


Evoqueront-ils le but du plan Marshall ?


Evoqueront-ils le projet AMGOT ?
 
Le Parc « Hommage aux héros », est présenté par Régis Lefebvre, l’un des initiateurs, comme un véritable « documentaire vivant » et une sorte de « rencontre avec des technologies immersives et des scènes, comme dans un théâtre ».

Serge Denoncourt, concepteur et l'un des deux metteurs en scène, s’étendait plus largement sur le concept expliquant qu’il voulait mettre en avant la souffrance des Normands… On serait tenté de dire « Enfin !!! »

Quelques chiffres :

- Au soir du fameux D-Day : 10 600 tués du côté des alliés
- La Bataille de Normandie : 2 052 299 soldats ont été engagés dans la bataille de Normandie, on dénombre37 000 tués et 163 000 blessés.
- Et côté civil, les chiffres oscillent entre 20 000  et 50 000 normands tués et d’innombrables villes rasées.
 
Il était bien temps que l’on rende hommage aux Normands martyrs:

Pour en revenir à ce parc, il ne faudrait pas perdre de vue quelques éléments de base :

Si l’on ne peut que rendre hommage au soldat qui est venu se faire tuer là, il ne faut pas non plus oublier que si les USA ont daigné s’engager dans ce combat, ce n’est pas par philanthropie désintéressée, ni pour lutter contre le nazisme dont ils ont su s’accommoder, comme nous le verrons plus loin, et dont il s’accommode encore dès lors que cela sert leurs intérêts.

En effet, après avoir vu rasées nos capacités industrielles et portuaires (Le Havre en est le symbole), il ne nous restait plus qu’à apposer notre paraphe au contrat tout prêt dit Plan Marshall, reconstruction clé en mains ! ah business quand tu nous tiens !

Ce plan, ce sont des prêts, consentis aux états dévastés par les bombardements, assortis de la condition d'importer pour un montant équivalent d'équipements et de produits américains. En quatre ans, les États-Unis prêtent à l'Europe 16,5 milliards de dollars (l'équivalent de 173 milliards de dollars en 2020), soit plus de 10 % du PIB des pays concernés. L’arrière pensée de Truman est d’endiguer le communisme car, dans des pays où l’on a faim, on a tendance à se tourner… vers le communisme… et si en plus ça peut éviter une récession aux USA en permettant d’écouler la surproduction, pourquoi se gêner ?

Les concepteurs de « Hommage aux héros » veulent présenter également la préparation de ce plan baptisé Overlord. Je rappellerai que Overlord signifie Suzerain en bon français, soit selon le Larousse : « Seigneur qui avait concédé un fief à un vassal. Le suzerain devait protection et justice à ses vassaux. Le vassal lui rendait foi et hommage et était soumis à diverses obligations. ». Voilà, voilà…

Tout est dans l’intitulé, il n’y a même plus de suspens !

Y aura-t-il donc la volonté, pourtant nécessaire, de porter un regard critique et équilibré sur ce qui s’est réellement joué à cet instant T dans l’histoire mondiale, avec tous les tenants et tous les aboutissants ?

Non! Le GI n’est pas venu se faire tuer pour nos beaux yeux, c’est bien plus complexe que cela. Les raisons fondamentales le dépassaient et dépassaient les Normands et, dès lors, comment ne pas éluder cette vérité ?

En effet, il ne faut pas oublier que cette bataille s’inscrit dans une guerre MONDIALE et ne trouve son sens que dans cette lecture globale.

Par ailleurs, à l’heure actuelle où il est de très bon ton d’être profondément russophobe jusqu’à l’imbécilité crasse, d'aucuns n’hésitent même plus à nier l’importance fondamentale des batailles menées à l’Est par l’URSS, s’appuyant s’il le faut sur un film de cinéma romançant un duel de tireurs d’élite pour étayer ses arguments…
 
Aussi la volonté de créer un tel site dans le climat de russophobie actuel risque d’aboutir à une semi-présentation des évènements occultant ce qui se passait simultanément sur le front de l’Est et accentuer cette vision qui glorifie les USA et nous place ad vitam æternam dans la dépendance admirative envers our liberators !
 
Nos libérateurs qui ne furent pas de blanches colombes :

N’oublions pas non plus que c’est le Général de Gaulle obtenant de Staline la reconnaissance de l’Etat français comme état souverain et état vainqueur, qui nous a permis de ne pas sombrer dans l’AMGOT (Allied military government of occupied territories (gouvernement militaire allié des territoires occupés), soit le projet du suzerain US notamment pour son vassal français : ça casse un peu l’image du gentil sauveur, non ?

Enfin, les concepteurs du (peut-être) futur parc d’attraction balaient d’un revers de main l’argument d’un Puy- du- Fou à la sauce normande. S’ils évitent cet écueil d’une vision simpliste et manichéenne, ce sera déjà beaucoup. Rapporter des faits sans inviter à une réflexion et sans s'en donner les moyens, n’a aucun intérêt.

Vouloir jouer sur ce thème du débarquement en Normandie revient à marcher sur des œufs avec des rangers. Le sujet est ardu. Reconnaître l’héroïsme individuel des combattants certes, mais sans généraliser à un culte idolâtrique des USA et du Royaume-Uni, parvenir à présenter des faits en n’occultant pas ceux qui nous dérangent (les cerveaux allemands et/ou nazis ont été un véritable vivier pour les USA qui les ont accueillis, employés et ont été jusqu’à protéger des personnalités comme Klaus Barbie par exemple) et au final, inviter à une réflexion en renvoyant pourquoi pas vers des sites comme le Mémorial de Caen.
 
Et si ce parc doit voir le jour,
- soit l’on crée un parc d’attraction pour que le visiteur/spectateur ressente des sensations à bon compte et s’amuse à vivre la guerre (en attendant la 3ème GM) mais cela est malsain,

- soit on fait un réel travail historique et de mise en perspective qui risque de donner mal à la tête aux visiteurs peu habitués à voir plus loin que le bout de leur consommation.

Il y a déjà beaucoup, voire même suffisamment, de lieux en Normandie qui invitent à la réflexion. Qui peut rester de marbre devant le cimetière militaire américain de Colleville- sur- Mer ?

Pour finir, je ne suis pas sûr qu’il soit opportun d’envisager une troisième voie, un espèce d’entre deux car en voulant resserrer la focale sur la Normandie seule et sur quelques évènements isolés, on risque d’aboutir à ne voir d’un œil qu’un petit morceau de notre histoire normande millénaire à un moment de notre Histoire où il est urgent d’ouvrir les deux yeux.

N'aurait-il pas été plus préférable de s'inspirer de ce qui se fait dans le Poitou au Château de Monts- sur- Guesnes, en créant une sorte de tapisserie de Bayeux 2.0 selon les dires des concepteurs?

Un historial immersif couvrant les 1000 ans de Normandie aurait été plus utile et instructif, en premier lieu pour les Normands qui peinent à connaître et à être fiers de leur identité.