Il n'y a aucune illusion à nourrir sur la future campagne des élections présidentielles: les réalités régionales qui ont à peine pu apparaître lors des dernières élections départementales et régionales de juin dernier, risquent d'être totalement escamotées. Tout juste les candidats au premier tour feront une collection de cartes postales provinciales calibrées pour le passage à la télévision ou sur les réseaux sociaux d'Internet: la moulinette est encore plus performante et la soupe des idées n'en est plus que liquide!

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Exemple avec la Normandie!


 

Nous publions ci-après, le dernier communiqué du Cercle Normand de l'Opinion (17 septembre 2021):

 

LA NORMANDIE PRETEXTE

 

A la Fête de la Pomme d’Hervé Morin, le 6 septembre dernier, à Epreville-en-Lieuvin, Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France, a dévoilé ses ambitions présidentielles. Anne Hidalgo, maire de Paris, dimanche 12, à Rouen, s’est mise en branle pour la Grande Compétition. Xavier Bertrand, président de la Région des Hauts-de-France, va venir ces jours-ci faire une visite intéressée au M.I.N. de Rouen. « Ils » viendront tous. Qui, « ils » ? Tous les candidats aux élections présidentielles.

La Normandie les intéresse parce qu’ils s’intéressent aux votes des Normands. Normal, mais c’est un peu court.

Chacun ira de son propos lénifiant. On ira même jusqu’à invoquer des problèmes régionaux. Bertrand et Pécresse parlent en voisins, Hidalgo s’inscrit dans la problématique de l’Axe Seine… Que feront les autres ? Ils adapteront les grands problèmes de l’heure (Environnement – Sécurité – Immigration – Relance économique – Chômage – Crise morale et identitaire, etc.) au cas normand. Ils seront sans doute moins diserts sur les solutions préconisées. C’est la loi du genre. Et puis, chacun sait que les promesses électorales n’ont de valeur que pour ceux qui les entendent…

Cela étant, tous ces beaux discours pour la Normandie – prétexte auront tout de même un retentissement différé, ne serait-ce que, parce que le système (inepte) du quinquennat ayant eu la conséquence de faire suivre l’élection présidentielle par les élections législatives, tous les impétrants à un poste de parlementaire auront à débattre devant les électeurs des thèmes développés par les candidats aux présidentielles concernant la Normandie, les collectivités territoriales, l’aménagement du territoire, la défense de l’environnement, l’économie régionale, les questions sociales et culturelles, etc.

Donc les élections présidentielles, suivies par les élections législatives, concernent pleinement l’opinion publique normande et le Cercle Normand de l’Opinion ne saurait se dérober devant le défi de commenter l’actualité politique des prochains mois.

 Mais une précision s’impose.

Que l’on n’attende pas « Répliques Normandes » sur le choix de tel ou tel candidat. Ce serait d’ailleurs difficile parce que, ignorant les convictions de tous nos correspondants, nous nous doutons qu’il y aura une pluralité de positions personnelles et particulières. Ce qui nous intéresse, c’est la Normandie et nous commenterons les positions des candidats aux élections présidentielles ET législatives en fonction de l’intérêt supérieur de la Normandie.

De la Normandie au sein de la France. De la Normandie dans l’ensemble européen. Du rapport entre la Région normande et l’État français. Du devenir de la Normandie face au Brexit. De l’avenir de la culture normande enracinée dans la francité, la francophonie, les grandes tendances de la culture mondialisée. Mais aussi et toujours du bien-être des Normands (le champ est vaste : santé, éducation, recherche, sécurité, biodiversité et préservation de notre environnement, activités économiques et sociales).

Nous serons donc attentifs aux déclarations des uns et des autres et les commenterons à l’aune d’une vision normande.

Le sujet est vaste : c’est la rentrée. Le rythme des Répliques Normandes va s’accélérer.

Puisque la Normandie devient un prétexte pour tous ceux qui guignent nos suffrages, essayons de discerner la valeur des engagements de chacun en faveur de la Normandie.

 

Le comité directeur du C.N.O. - 17 septembre 2021


 

Et pendant ce temps-là, que fait Edouard Philippe?

Il prépare avec son réseau politique macroniste une prise de pouvoir de l'Association des Maires de France (AMF) afin d'en faire un vivier de recrutement pour renouveler une Macronie lessivée d'être En Marche depuis cinq ans derrière E. M. au cas où E. M. serait réélu au printemps prochain. L'objectif est aussi de faire contre-poids aux deux autre grandes associations d'élus locaux aujourd'hui en froid avec le néo-jacobinime autoritaire d'E. M. à savoir l'association des départements de France et surtout l'association des régions de France.

Bref! de la tambouille politicienne...

https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-politique/le-billet-politique-du-vendredi-17-septembre-2021

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 Les proches d'Édouard Philippe préparent activement la conquête de l'Association des Maires de France, la réélection d’Emmanuel Macron en 2022 et la présidentielle de 2027.

Édouard Philippe a mis fin au faux suspense qui entourait ses intentions il y a maintenant une semaine. Il ne sera pas candidat pas à la présidentielle de 2022. Au contraire, il soutiendra celui dont il a été le Premier ministre pendant plus de trois ans, Emmanuel Macron.

La présidentielle n’est donc officiellement pas à son agenda et quand on lui demande s’il pourrait être candidat, pas en 2022, mais après, en 2027, il répond d’abord qu’il est “absurde et déplacé” de parler de 2027 tout en confessant que ça lui trotte tout de même un peu dans un coin de la tête :

"Est-ce qu'un jour, j'aurai l'occasion de servir mon pays dans la politique nationale, peut-être. Si c'est le cas, j'en serai heureux. Il y a une chose que je sais, c'est que quand on veut servir son pays, il n'est pas inutile de s'y préparer. Intellectuellement. Politiquement. Avant de donner le meilleur de soi-même, ça me paraît indispensable."

Et de fait, Édouard Philippe s’y prépare très activement. Il y a d’abord eu une réunion il y a quelques jours, le 29 août, à Fontainebleau. 36 maires ont fait le déplacement. Des maires comme Christian Estrosi et Hubert Falco, maires de Nice et de Toulon. Et puis d’autres, moins connus mais tout de même des édiles qui comptent : Christophe Béchu, maire d’Angers, Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême, ou encore Gil Avérous, maire de Chateauroux.

Ils ont cette particularité d’être des maires de droite ou de centre droit et Edouard Philippe leur a fait prêter serment. Un serment qu’on appelle désormais le serment de Fontainebleau qui est un engagement à défendre la biodiversité mais qui, au-delà, symbolise une forme d’allégeance.

La conquête de l'AMF

il leur a dit à ce moment-là qu’il allait fonder son parti politique, les 8 et 9 octobre, au Havre. Évènement auquel il les a tous conviés. Mais il ne leur a pas dit que cela. Il a fait le constat que François Baroin avait décidé de ne pas se représenter à la tête de l’AMF, la puissante association des maires de France, en novembre prochain. Et que celui-ci (François Baroin donc) avait désigné son successeur, le maire Les Républicains de Cannes, David Lisnard, en faveur de qui il appelait tous les maires de France à voter.

Ce choix a été perçu comme un coup de force par certains. Et il laissait sur le carreau un homme qui avait l’ambition de succéder à François Baroin, à savoir le secrétaire général de l’association, maire UDI de Sceaux dans les Hauts de Seine, Philippe Laurent. Et Édouard Philippe a dit à tous ces maires qu’il avait réunis à Fontainebleau : vous savez quoi, non seulement, nous allons soutenir Philippe Laurent mais nous allons aussi l’aider à constituer des listes concurrentes. 

Et c’est ce qu’ils ont fait. “En 10 jours” confesse l’un d’entre eux. Et du coup, sur ces listes conduites par Philippe Laurent, on trouve un très grand nombre de proches et de soutiens d’Edouard Philippe. Une vingtaine des 36 maires présents à Fontainebleau notamment y figurent. Autrement dit, les proches d’Edouard Philippe sont en train de lancer une sorte d’OPA politique sur l’Association des Maires de France.

L'objectif, d’une part, est de ravir l’AMF aux deux grands partis qui s’en partagent la direction depuis des décennies, c'est-à-dire Les Républicains et le Parti Socialiste. Cela placerait Édouard Philippe en position influente au sein de ce vivier d’élus locaux. Pour préparer l’avenir, c’est plutôt intéressant.

Devenir le principal allié d'Emmanuel Macron

D’autre part, cela permettrait de neutraliser cette association jusqu’ici plutôt hostile à la majorité présidentielle. Et ce serait un fier service rendu à Emmanuel Macron. Parce que l’AMF constituait avec l’ADF, l’assemblée des départements de France, et l’ARF, l’association des régions de France, l’un des fers de lance de l’opposition politique à l’actuel chef de l’Etat.

Ce coup de force placerait Édouard Philippe, avec le parti qu’il s’apprête à constituer, dans la position de principal allié d’Emmanuel Macron en vue de la présidentielle de 2022. “Oui parce que pour la gagner cette élection, répète-t-on dans l’entourage du président, il faut à tout prix élargir la majorité présidentielle”. Et c’est potentiellement ça que peut offrir l’ex-premier ministre avec son parti politique et cette prise de guerre que constituerait la conquête de l’AMF.

En échange, Édouard Philippe négociera des places aux législatives qui suivront la présidentielle. Car il compte constituer un groupe politique à l’Assemblée nationale. Et peut-être même de prendre le perchoir, la présidence de l’Assemblée, ce qui lui permettrait de se retrouver au centre du jeu, de préparer la présidentielle de 2027 et de s’ériger en héritier naturel du président. Pour que ce scénario se réalise, il faut évidemment qu’Emmanuel Macron soit réélu en 2022, ce qui est encore loin d’être acquis.

Tout cela inquiète beaucoup François Bayrou qui redoute que l’ancien Premier ministre lui prenne sa place de meilleur allié du chef de l’Etat et lui barre la route. C'est sans doute pour cette raison qu'il s'agite beaucoup en cette rentrée, proposant notamment la création de cette "maison commune" qui abriterait le MODEM et les marcheurs.

Car pour les années qui viennent, François Bayrou n’a semble-t-il pas complètement renoncé à la présidentielle. Depuis quelques mois il répète à qui veut l’entendre et en souriant à peine qu’en 2027, il aura 76 ans et que c’est moins que Joe Biden quand il est devenu président des États-Unis.


 

Xavier Bertrand était de passage à Rouen ce vendredi 17 septembre 2021: il ne fut guère question de la Normandie lors de cette réunion publique largement dominée par les sujets régaliens. Mais notre correspondant rouennais a fait le nécessaire pour interroger le candidat en solitaire de la droite républicaine sur un sujet normand d'intérêt national, à savoir, l'avenir de l'industrie automobile dans notre région dans la perspective de l'électrification intégrale du parc automobile européen souhaitée par la Commission européenne à l'horizon 2035.

En Normandie ce sont 45 emplois directs et 150000 emplois indirects qui sont concernés par cette mutation majeure de l'industrie automobile que personne n'a été capable jusqu'à présent d'anticiper en Normandie.

Xavier Bertrand a répondu que c'était un emploi industriel sur dix qui, en France, était lié de près ou de loin au secteur automobile et que s'il était élu, il n'abandonnerait pas l'automobile vu les services inestimables rendus par la mobilité automobile à la société notamment dans les territoires ruraux. Enfin, il avait fait le nécessaire pour anticiper les évolutions en négociant l'implantation dans le Nord de la France de la plus grosse usine de fabrication de batteries d'Europe: la vallée de la Seine normande attend toujours alors que le groupe Renault envisage la construction d'une seconde usine de batteries en France.

En creux se pose la question de l'existence d'un lobby normand pour préparer l'avenir de notre région...

https://www.tendanceouest.com/actualite-387861-video-presidentielle-2022-retrouvez-l-interview-de-xavier-bertrand-sur-tendance-ouest.html?_se=YmllbnZlbm9ybUB5YWhvby5mcg%3D%3D&utm_campaign=NL_2021-09-17&utm_content=bloc1&utm_medium=email&utm_source=newsletter

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Du côté de l'Association des Régions de France, on s'organise aussi afin de mieux défendre les réalités régionales face à un gouvernement central qui peine à en tenir compte...

L'association s'est donc réorganisée avec un nouveau tour de table des commissions spécialisées. Hervé Morin, président de la Normandie a donc pris la présidence de la commission en charge de la Culture, du sport, jeunesse et citoyenneté. On n'attendait pas notre président normand sur ces thématiques: il faut donc s'attendre à des inflexions sur ces sujets dans les politiques régionales normandes... A suivre!

https://regions-france.org/actualites/actualites-nationales/lag-de-regions-de-france-nomme-presidentes-presidents-a-tete-de-commissions-resserrees/

L’AG de Régions de France nomme des Présidentes et Présidents à la tête de commissions resserrées

La première Assemblée Générale de Régions de France s’est tenue ce mercredi 8 septembre à Paris. En application de la nouvelle feuille de route 2021-2028, le nombre de commissions a été réduit à 11 pour mieux représenter les grands champs de compétence des Régions.

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