On a le plaisir partagé avec vous de relayer cet excellent article bien informé proposé par Julien Munoz de la Presse de la Manche, le quotidien de Cherbourg (groupe Ouest-France) qui revient, quelques mois après sur la rupture du contrat du siècle par l'Australie à propos de la livraison par la France et son arsenal normand de Cherbourg d'une flotte de sous-marins complète et moderne le tout pour plusieurs dizaines de milliards d'euros.

Mais les fantômes du Commonwealth s'agitant un peu après le Brexit, les Australiens ont fait la volte-face que nous savons sur ce dossier stratégique essentiel tant pour eux que pour nous puisqu'il s'agit de proposer une réponse maritime militaire à l'expansionnisme impérial chinois dans l'océan pacifique: on rappelle que la France y a la majorité de son domaine maritime qui est le second du monde.

En lisant l'article suivant, on goûtera néanmoins un peu aux plaisirs amers d'une certaine vengeance: les Australiens auraient-ils pris la proie pour l'ombre ou auraient-ils oublié la sagesse fondamentale d'"un tiens vaut mieux que deux tu l'auras"?

Bref! les Australiens se font fait cocufier par l'Union Jack et la Reine d'Angleterre qui est leur chef de l'état en tant que souveraine du Commonwealth, a d'autres chats à fouetter en ce moment et il ne s'agit pas de sous-marins mais d'un hélicoptère que le Prince William et sa jolie épouse ont eu le mauvais goût de prendre ensemble avec leurs enfants...

Rupture du contrat du siècle : l’Australie en plein doute quant à ses futurs sous-marins | La Presse de la Manche (actu.fr)

Rupture du contrat du siècle : l’Australie en plein doute quant à ses futurs sous-marins

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Le Premier ministre australien Anthony Albanese lors d’une visite à l’Élysée le 1er juillet dernier. Si le gouvernement de Canberra a commencé à se rabibocher avec la France, de très nombreuses interrogations demeurent quant au futur des sous-marins australiens. (©Naval Group)

Après la rupture du « Contrat du siècle » avec la France et Naval Group pour la construction de douze sous-marins hybrides, l'Australie est à la peine avec ses futurs submersibles.

Au petit matin du 16 septembre 2021l’Australie a rompu le « Contrat du siècle » avec la France pour la construction de douze sous-marins hybrides, au profit de technologies américaines et britanniques. Si au cours des cinq ans de travail en commun le dossier français a souvent été chahuté dans la presse australienne et par les oppositions politiques, l’Australie avait un cap. Mais depuis quelques mois, de nouveaux doutes apparaissent, faute de visibilité.

Ces derniers jours, la question de savoir si l’Australie aura de nouveaux sous-marins rapidement commence même à se poser très concrètement des deux côtés du monde.

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Ni les États-Unis, ni les Britanniques ne seraient en capacité directe de les construire...

Baptisé « Aukus », le nouveau pacte, qui lie WashingtonLondres et Canberra « pour des générations », doit en effet voir les États-Unis partager leur technologie de sous-marins à propulsion nucléaire avec l’Australie.

Plusieurs rapports, dont un du Congrès américain, révèlent toutefois que l’industrie est aux limites de sa capacité de production pour les besoins de l’US Navy et qu’il sera difficile de répondre à d’autres besoins. Et selon le quotidien britannique de référence The Guardian, « l’Australie n’a pratiquement aucune chance d’obtenir un sous-marin ».

La Défense américaine, qui priorise les armées du pays (l’US Navy ayant besoin de se faire livrer chaque année, à partir du milieu des années 2020, deux sous-marins d’attaque et un sous-marin lance-missiles balistiques), fait face à des difficultés de capacité, alors que l’inflation et la hausse des coûts des matières premières augmentent sensiblement les coûts de production et de construction de nouveaux submersibles. Si elle venait à exister, la facture se chiffrerait donc en milliards supplémentaires.

Des voix appellent à reparler à la France

Toujours selon The Guardian, l’autre allié, le Royaume-Uni, n’aurait pas non plus la capacité de répondre rapidement aux attentes australiennes, alors que l’Australie songeait aux Britanniques en fin d’année dernière pour la construction de ses sous-marins.

Mi-juillet, le ministre de la Défense australienne, Richard Marles, expliquait que son pays prévoyait d’annoncer le choix d’un sous-marin nucléaire au premier trimestre 2023. Dans une tribune, le think tank australien The Interpreter, classé au centre-droit, ouvrait la possibilité de revenir vers la France pour leur construction. D’autant que les relations diplomatiques se sont apaisées depuis l’élection du Premier ministre Anthony Albanese et la défaite de Scott Morrison, celui qui avait acté la rupture du contrat de partenariat stratégique avec la France.

Cela paraît peu probable à ce stade, mais ces prises de positions peinent à cacher les inquiétudes suscitées par la situation, et les critiques qui se font entendre aux Antipodes.

D’ici à 2040, l’Australie doit mettre à la retraite sa flotte vieillissante de sous-marins de classe Collins. D’ici là, il semble aujourd’hui peu vraisemblable que le pays puisse faire construire de nouveaux sous-marins. Il faudrait donc remettre à niveau les anciens pour leur permettre de les maintenir opérationnels un peu plus longtemps. Et selon certaines évaluations, cela pourrait coûter quatre milliards d’euros supplémentaires.

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La facture s’annonce très lourde

C’est donc un véritable coup dur pour l’Australie, qui doit faire face à la mise à la retraite de ses sous-marins en 2040 et qui risque de ne pas trouver de remplaçants avant cette date. La seule option serait de remettre à niveau les Collins pour qu’ils restent opérationnels plus longtemps que prévu.

Rappelons qu’à la suite de la rupture du contrat avec la France, une compensation de 555 millions d’euros sera versée par l’Australie à Naval Group pour mettre un terme financier à l’affaire des sous-marins français. La facture sera lourde !

À cet instant, non seulement l’Australie n’a toujours pas commandé de nouveaux sous-marins, qui lui coûteront, quoi qu’il arrive, beaucoup plus cher que ceux du contrat avec Naval Group, mais ils arriveront aussi beaucoup plus tard. Surtout, le pays ne sait plus qui a vraiment envie de les construire dans un futur très proche.