La rédaction de "Sire de Sei" a reçu les deux communiqués suivants du Cercle de l'Opinion Normande au sujet de quelques postures ou plutôt, impostures politiques concernant l'Axe Seine qui donne à notre Normandie son intérêt national (1er communiqué).

Il est aussi question de la place de notre région dans l'actuelle pré-campagne des élections présidentielles d'avril 2022 d'ores-et-déjà dominées par les urgences et les inquiétudes de la souveraineté (effet "Monsieur Z"). Le problème c'est que le prisme déformant jacobino-parisien est total: la Normandie même placée au coeur d'enjeux nationaux essentiels a totalement disparu des radars politico-médiatiques... Comme d'habitude!

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On a le casting pour la saison 3 de la "Casa de papel" avec un projet de cambriolage de grande envergure de la Normandie... Arsène Lupin? Un petit joueur...


 

L’ETRANGE « BANDE DES QUATRE »

 

Février, juin, maintenant novembre, pour la 3e fois, les maires des trois grandes villes de l’Axe Seine, la Capitale, la Métropole Rouen – Normandie, le Pôle métropolitain de l’estuaire (Le Havre), plus – on se demande pourquoi – M. Ollier, président du Grand Paris, se réunissent pour mettre en musique, disent-ils, un développement concerté de la Vallée de la Seine.

Les idées fusent, les projets s’évoquent, on crée des structures ad hoc ( Entente de l’Axe Seine, S.E.M. Axe Seine Energie…), on cherche les financements (Banque des territoires, crédits sanctuarisés de la L.N.P.N., autres financements publics, privés ou participatifs), on claironne l’ambition de faire de la Vallée de la Seine « la 1ére vallée de la décarbonation en France » en misant notamment sur le solaire et l’hydrogène. Bref, les intentions sont bonnes, les moyens limités et les promesses faciles…

Est-il inconvenant de se demander la raison pour laquelle nos quatre compères font une O.P.A. sur la gouvernance et la gestion de l’Axe Seine ? Pourquoi ce sympathique quatuor confisque -t-il la Vallée de la Seine au détriment des départements traversés par le fleuve, exclut les Régions d’Ile-de-France et de Normandie du tour de table ? Et même, pourquoi on limite ainsi l’Axe Seine à la seule Vallée alors que la Baie de Seine, qui en est le prolongement naturel et opérationnel, semble ne pas exister? Est-ce pour mieux mettre sur la touche le Pôle métropolitain de Caen – La mer et le littoral balnéaire des Côtes d’Albâtre, Fleurie et de Grace ?

 

On peut s’interroger sur les motivations de la « Bande des Quatre ».

Patrick Ollier, patron du Grand Pais, veut exister… Anne Hidalgo, qui a d’autres préoccupations actuellement, veut faire le « buzz », Nicolas Mayer-Rossignol, qui peine à donner de la consistance à la Métropole rouennaise, s’agite et veut jouer les utilités… Quant à Edouard Philippe, que va-t-il faire dans cette galère, plus proche du boutre que de l’esnèque viking ?

Les quatre s’accordent à vouloir donner une consistance au projet dépassé et mesquin de l’architecte-urbaniste Grumbach. Dépassé parce que ne prenant pas en compte l’évolution de la situation mondiale (Brexit - « Route de la soie » des Chinois – Antagonisme sino-américain – transitions énergétiques – défi climatique, etc.). Mesquin puisque le couloir séquanien se réduit à une bande de 40 km de large, vouant les territoires adjacents au rôle de « ploukistans » sans avenir.

Toute cette agitation ne masque -t -elle pas une piètre manoeuvre politicienne , les uns et les autres cherchant à se placer pour attirer les mannes gouvernementales ? Pour l’instant – et la fréquente présence des ministres en est le témoignage - dans le cadre du plan de relance de l’État, 83 millions d’euros sont attribués aux villes du Havre, Caen et Rouen. Il est intéressant d’en recenser le détail : Caen – la Mer va recevoir 40 millions pour financer une nouvelle ligne de tramway (15 % du total de l’investissement), Le Havre recevra autant pour une ligne de tram de 13 km. Quant à Rouen, avec 3 millions d’euros, l’agglo peut apprécier l’intensité très mesurée de l’entregent de son maire. Sans doute est-ce la mesure de la promesse présidentielle qui voulait consoler Rouen des conséquences désastreuses de la catastrophe Lubrizol…

 

 Cercles C.N.O. de Rouen et du Havre, le 10 novembre 2021


 

PREMIER BILAN DE PRE-CAMPAGNE

 

Tous les candidats à l’élection présidentielle n’ont pas annoncé leur brigue. Pourtant, qui peut nier que la campagne à l’élection suprême n’est pas lancée ? Cela concerne, bien entendu, la Normandie. Ne serait-ce que par la part régalienne des interventions de l’État en région… Ne serait-ce aussi, parce que le système du quinquennat le veut ainsi, que, dans la foulée des présidentielles, s’ensuivent les élections législatives aux conséquences locales encore plus directes…

C’est pourquoi, en ce 11 novembre, il convient de faire le point sur le « remue-méninges » des visites des éventuels candidats, se traduisant par des déclarations lors des réunions ou dans le cours des interviews dont les journaux locaux sont friands.

Ce qui nous intéresse au Cercle Normand de l’Opinion, c’est la traduction normande des projets des uns ou des autres : nous ne dirons rien sur les autres options des candidats et, pétition de principe de notre part, nous considérons que chacun d’eux est a-priori digne de remplir la fonction.

 Disons-le d’emblée, nos illustres visiteurs parlent peu ou pas de la Normandie. Pourtant, toute politique nationale a une traduction régionale tout aussi importante que la dimension internationale d’un programme ou l’exigence hexagonale d’un projet de société. A la décharge des candidats, cependant, nous estimons qu’ils ne sont pas sollicités par les journalistes qui les interrogent sur le devenir de la Normandie dans l’ensemble français, européen, mondial.

 Ainsi, quand Xavier Bertrand est venu au M.I.N de Rouen, aucune question ne lui a été posée sur les effets de la réalisation du Canal Seine Nord Europe sur le trafic des ports de la Basse Seine.

Anne Hidalgo a choisi Rouen et sa proximité social-écologiste avec Nicolas Mayer – Rossignol pour annoncer sa candidature. Et la Normandie dans tout cela ?

Jean-Luc Mélenchon (cf Paris-Normandie, 15 octobre) reste généraliste sur les questions sociales et ne répond à aucune question sur la région. Normal : on ne lui en a pas posée…

Arnaud Montebourg (cf Courrier Cauchois, 22 octobre) met l’accent sur la nécessaire ré-industrialisation et s’interroge sur le divorce entre métropoles et espaces ruraux.

Nicolas Dupont-Aignan (cf Bessin Libre, 30 octobre) affirme : « Il faut un président-paysan » et dénonce la dépendance économique de la France vis-à-vis de l’étranger, laquelle engendre des pénuries. Il ne parle pas, par exemple, de la mise en sommeil de Renault – Sandouville, parce qu’il manque des pièces essentielles fabriquées à … Taïwan.

Eric Zemmour, à Rouen, en profite, parce que c’est un port, pour définir sa vision de politique étrangère : rompre avec la doctrine atlantiste (cf Le Figaro, 23 octobre). Nous aurions aimé qu’il profitât de sa présence en Normandie pour expliquer sa répugnance pour la décentralisation / régionalisation. L’exemple de la Normandie, seule Région cohérente avec la Corse, aurait pu lui permettre de modérer son jacobinisme

Marine Le Pen est venue à Bayeux… pour honorer la mémoire du fondateur de la Cinquième République…

D’autres viendront.

Il en est un qui ne vient pas, mais qui envoie ses ministres distribuer la bonne parole… et les millions de la relance… Il est vrai qu’il n’est pas déjà candidat !

Cercle C.N.O. de Caen, le 11 novembre 2021