Le Printemps de la ruralité ou l'arrivée de la culture OGM ultra-subventionnée dans nos campagnes...
Billet de Florestan:
Voilà qui s'appelle "maîtriser les horloges"...
Le 6 février dernier, à quelques semaines du salon international de Paris et alors que l'hiver européen de la ruralité perdure au point d'avoir provoqué une jacquerie inédite dans son ampleur, Rachida Dati la nouvelle locataire de la rue de Valois annonçait son désir de se lancer, elle aussi dans l'agri... culture!
Le "printemps" culturel de la "ruralité" est annoncé du côté des élites politiques et institutionnelles parisiennes et des rentiers de centre-ville de la culture subventionnée conforme et officielle:
Hervé Morin, celui qui préside au plancher des vaches normandes pourrait bien penser que cet énième soufflé au fromage pasteurisé risque de retomber très vite: on n'a franchement pas tort de considérer que c’est là le dernier coup politique d'une caste élitaire et gouvernementale en plein désarroi face à la colère du réel consistant à étendre le domaine de la culture subventionnée d'un état parisien partant en mission sur les terres rurales d’une France périphérique plus que jamais tentée par un vote "d’extrême droite" de colère aux prochaines élections européennes et qu'il faille, en conséquence, ouvrir sans tarder un vaste chantier de rééducation morale et idéologique pour des populations qui ont le double défaut d'être autochtones et d'être tentées, comme d'autres populations (allogènes celles-là), par la rébellion sinon la sécession.
L'hirondelle Dati fera-t-elle le printemps?
Un soufflé qui pourrait retomber d'autant plus vite que monte la critique même du modèle d'une culture subventionnée conforme, labellisée, officielle sur prescription ministérielle qui n'assume aucune responsabilité en terme d'efficacité dans l'emploi de l'argent public au moment même où, du côté de Bercy, on annonce un plan aussi soudain qu'incertain de 10 milliards d'économies budgétaires parce qu'à la direction du Trésor qui pèse bien plus lourd que celle de la Culture, on a des montées de sueurs froides à quelques semaines de la publication par les principales agences mondiales spécialisées de la nouvelle note de la signature du Trésor français qui doit dorénavant vendre aux investisseurs internationaux un produit culturel de luxe de moins en moins fascinant, à savoir:
une dette publique française dépassant les 3000 milliards qui pourrait immobiliser plus de 70 milliards d'euros par an dans le budget de l'Etat à partir de 2027 si, d'aventure, les taux actuels avaient le bon goût de ne pas trop augmenter...
Bref! comme nous avons depuis 2017 non pas le "Mozart de la finance" mais le "Beethoven de la dette", le "printemps de la ruralité" de Madame Dati risque de tourner court devant une canicule financière annoncée même si une politique publique d'éducation populaire visant à jouer du Mozart ou du Beethoven jusqu'au tréfonds de nos campagnes ne serait pas la politique publique la plus coûteuse en terme d'efficacité de l'emploi de l'argent public:
En effet, il est probable qu'une éclatante exécution de la 9ème symphonie de Beethoven sur la place centrale d'un village cauchois attirera en une seule soirée plus de monde que trois années d'ouverture au public d'un Fonds Régional d'Art Contemporain facturé un million annuel au contribuable normand.
Dans ce contexte de plus en plus inquiétant pour les comptes publics, s'il fallait vraiment nous annoncer le printemps, Il faudrait plutôt faire le contraire :
Ouvrir le financement de l’Etat pour soutenir les très riches pratiques culturelles associatives et amateurs telles qu’elles sont observables et enracinées dans nos provinces.
En outre, le déploiement du printemps de la ruralité souhaité par Madame Dati pourrait, servir les intérêts politiques de la sénatrice Catherine Morin-Desailly, la "ministre" de la Culture en Normandie faute de pouvoir l'être depuis l'un des précieux salons du Palais Royal. A condition, toutefois, que le robinet à subvention d'un Etat impécunieux et de plus en plus endetté, demeure grand ouvert sous les grilles de fer de la colonnade de Buren...
Jusqu’à la fin mars, les contributions des citoyens officiellement appelés à définir les contours météorologiques de ce "printemps de la ruralité" seront collectées moyennant un sondage. Dame Dati espère ainsi se mettre les rentiers de la gauche culturelle dans la poche et ce d'autant plus facilement que cette caste de professionnels d'eux-mêmes incrustée dans nos "territoires" s'interroge sur son avenir si l'on croit le titre d'un essai récent qui a fait grand bruit dans le Landerneau de l'Etat culturel français:
https://theconversation.com/raconter-le-declin-de-la-petite-bourgeoisie-culturelle-215318
Le dilemme que nous avons déjà ici ou ailleurs exposé demeure, lancinant:
S'agit-il de financer avec exigence et efficacité une politique culturelle régionale aussi concrète que réaliste ou s'agit-il de garder ouvert un robinet à subventions pour nourrir les rentiers financièrement irresponsables d'une culture conforme, officielle et labellisée par un ministère parisien en région?
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Par exemple: continuera-t-on à financer à fonds perdus avec l'argent du contribuable, la scène nationale du théâtre du Préau de Vire qui préfère programmer cinq artistes africains en résidence plutôt que de valoriser les artistes et créateurs du bocage normand avec une audience et une diffusion qui demeurent confidentielles si l'on ne tient pas compte de ce malheureux "public captif scolaire" (sic!)?
Jetons, par exemple, un coup-d'oeil sur la programmation du théâtre du Préau qui nous parle du bocage normand derrière la haie d'un village Potemkine progressiste et diversitaire qui en dit plus long sur ses promoteurs que sur les réalités bocaines, viroises et normandes...
https://www.lepreaucdn.fr/page/par-le-bocage
A quand au Préau de Vire un spectacle de théâtre sur la tragédie sociale vécue par les paysans éleveurs laitiers du bocage?
"La Corrèze avant le Zambèze" disait la gauche anti-coloniale des années 1900... Mais la gauche culturelle subventionnée d'aujourd'hui proclame: "Haïti ou l'Ukraine avant Saint-Mars-d'Egrenne!"
Il est évident que les spectacles édifiants des salles de patronage d'autrefois attiraient plus de monde que les salles de spectacle labellisées et subventionnées d'aujourd'hui même si, assez souvent, les lieux et le type de spectacle demeurent les mêmes...
Par exemple, à Caen, l'ancienne salle de patronage de la paroisse Saint-Gilles est devenue à partir des années 1970, une salle de théâtre appartenant à la scène nationale subventionnée de la "Comédie de Caen" qui programme toujours des spectacles de patronage sauf que l'on est passé d'une religion à une autre, avec la certitude que la nouvelle religion est subventionnée par nos impôts alors que l'ancienne ne l'était pas...
... Avec la certitude aussi que l'ancienne religion attirait probablement plus le populaire avec des séances de catéchisme ou le spectacle de crèche vivante pour Noël que la nouvelle qui nous proposait en 2023, au même endroit et avec l'argent de nos impôts, une version porno du Stabat Mater voulue par l'imagination maladive d'une plasticienne brésilienne...
Le lancement régional du "Printemps de la ruralité" en Normandie aura lieu à Falaise le 25 mars 2024: on attend que Guillaume Le Conquérant fasse son "comingue" d'août pour confirmer l'événement!
Le "printemps de la ruralité" aura-t-il finalement lieu?
Ci-après, une belle initiative culturelle venue du terroir, du terrain ou du territoire et qui risque de n'être jamais arrosée par le "Printemps de la ruralité" de Madame Dati ministre de l'agri-Culture...
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