Olivier TREHET nous raconte le projet d'une République normande indépendante (1674)
Ce colloque, organisé au centre international de Cerisy-la-Salle par l’Office Universitaire d’Études Normandes de l’université de Caen Basse-Normandie, s’est penché pendant cinq jours sur la question de la contestation dans le monde normand. Selon la définition des dictionnaires, contester c’est « dénier », « récuser » ou encore « refuser ». Autant de termes qui s’appliquent parfaitement à une Normandie qui, de ses origines au XVIIIe siècle, a connu, voire subi, différents pouvoirs : celui des celui des ducs jusqu’en 1204, puis celui de la Couronne de France, sans oublier celui de la Couronne d’Angleterre. De plus, l’extension européenne de cette province, en Angleterre et en Italie, n’a pu que susciter des contestations du pouvoir ou plutôt des pouvoirs, ceux auxquels les Normands étaient soumis ou ceux qu’ils ont exercés.
Les organisatrices du colloque ont donc souhaité examiner les différents épisodes contestataires liés à ces grandes phases de l’histoire de la Normandie en choisissant toutefois de s’arrêter à la veille de la Révolution française qui constitue une nouvelle étape, qui affecte la France tout entière. Une étude sur le long terme a paru être à même de dégager une éventuelle spécificité de la contestation normande. Sur ce point, signalons que les dictionnaires donnent également comme synonyme de contester le verbe chicaner. Ne dit-on pas justement que le Normand est chicanier ? La fameuse devise « C’est mon droit et j’y tiens », que l’on attribue traditionnellement au Normand, n’est-elle pas révélatrice d’une mentalité contestataire bien affirmée ?
Olivier Tréhet
pp. 283 -294
"On peut s’étonner de l’absence quasi totale de cette conspiration dans les synthèses les plus récentes sur l’histoire normande, et étudiant pourtant les rapports entre la Normandie et le pouvoir royal".
Olivier Tréhet.
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