L’humeur de Barreau : escapade estivale en Normandie - épisode 3
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L’humeur de Barreau : escapade estivale en Normandie - épisode 3
En 2025, Barreau a profité des beaux jours pour revoir sa Normandie. Un périple qui l’a conduit pour ce dernier périple, en Sylva Pertica (la forêt perchée), autrement dit, le Perche et plus précisément le Perche dans sa partie normande. Il vous fait partager ses photos et quelques impressions de voyages.
Étape 1 : Bellême, une des capitales de l’ancien comté du Perche (les deux autres étant Mortagne et Nogent-le-Rotrou)
Berceau de la puissante famille de Bellême qui lui donne son statut de cité majeure dans la région. La seigneurie s’étalait sur une bande de terre de 120 km s’étendant de Nogent-le-Rotrou et du Saosnois jusqu’au Passais (Domfront).
Elle possédait des biens jusqu’à Lonlay (abbaye) dans l'Ouest et aussi au Nord dans l'actuel Calvados (le moulin de Condé-sur-Noireau).
Bellême est la patrie de personnalités réputées et influentes telles que :
-Charles Philippe, Marquis de CHENNEVIÈRES (1820-1899)
Avocat - Attaché à l’administration des Musées - Inspecteur des musées de province - Directeur des beaux-arts - Conseiller général de Bellême.
-Aristide BOUCICAUT né le 15 juillet 1810 - Fondateur du commerce moderne - Créateur du grand magasin du "Bon marché" en 1867 avec son épouse Marguerite Guérin - Bienfaiteur de la ville.
-Alfred BANSARD DES BOIS (1848-1920)
Maire de Bellême - Conseiller Général - Député de l’Orne
Labellisée « Petite cité de caractère », son riche patrimoine et son charme authentique m’ont convaincu d’y retourner mais cette fois-ci dans le cadre plus approfondi des Journées du Patrimoine.
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Grâce à la dynamique association « Bellême Patrimoine », j’ai pu profiter d’une visite d’une quinzaine de sites, sous la conduite de son président Joël Lenoir. Celui-ci, grand connaisseur du patrimoine local, a guidé les nombreux visiteurs à travers rues et ruelles, poussant les portes de demeures et édifices privés où nous étions accueillis par des propriétaires ravis de faire admirer le temps d’une journée les beautés dont ils jouissent (et qu’ils entretiennent) toute l’année. Certains avaient même eu la gentillesse de convier des musiciens pour assurer l’animation. Ici en l’occurrence, le Pikolo Brass Band, composé d’étudiants de l’École Nationale d’Architecture de Paris.
Eglise Saint-Sauveur, chapelle Notre-Dame du vieux château, dite de Saint-Santin (privée), hôte-de- ville, chapelle de l’hôpital, nombreux hôtels particuliers, maisons de négociants…
Concernant l’Église Saint-Sauveur : « son joyau », l’ ancienne chapelle du Rosaire, de style néo-classique, est dédiée à la mère d’Aristide Boucicaut. Les artistes ayant œuvré à la décoration du Bon Marché ont également réalisé cette chapelle. Bien que sa restauration touche à sa fin, elle n’était malheureusement pas visible lors de ces Journées du Patrimoine.
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Anecdote concernant la statue de « Colin-maillard » :
Achetée par le Marquis de Chennevières, alors Directeur des Beaux-Arts et conseiller général, offerte à sa ville.
La statue de Colin-Maillard semble chercher quelque chose. Les bras tendus, une femme représente les Bellêmois, qui, aux dires d’un historien local, « avaient refusé le passage du train dans leur commune ».
« Ses yeux sont bandés, explique-t-il. Ils symbolisent les Bellêmois marchant à tâtons, qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. »
Et Barreau de se faire critique : combien de communes normandes, par leur localisme, mériteraient des répliques de cette statue « colin-maillard » trônant sur leur place centrale ???
A Bellême, il existe un parcours de visite réalisé par la communauté de communes « collines du Perche normand » avec l’aide de la région, intitulé « le Perche en Normandie »
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« le Perche en Normandie » est le slogan de l’office de tourisme intercommunal
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Petit détail : admirons la situation géographique de Bellême dans cette carte à la découpe étonnante.
Les offices de tourisme de Normandie vont-ils se décider à adopter une carte unique, cohérente en lieu et place de ces cartes farfelues qui tournent au ridicule ??
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Étape 2 : L’Écomusée du Perche à Saint-Cyr-la-Rosière
Dans un hameau d’habitat typique percheron, le siège de l’écomusée est installé dans la ferme du prieuré Sainte-Gauburge (en assez mauvais état) datant du XIème, lui même intégré à la route des abbayes normandes. Depuis 1972, ce musée rend témoignage de la vie paysanne du Perche. L’ensemble (ferme + Prieuré) se visite avec le même ticket d’entrée.
Pour un prix modique, il y a là, plusieurs heures de visites, à qui prend le temps de découvrir des collections d’outillages présentées par métiers (charpentiers, tonneliers, ferronniers, etc.) et d’objets anciens de la vie quotidienne d’antan, céramiques, poteries, coiffes, habits qui étaient utilisés et portés dans le Perche.
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Admirons cet étrange habit appelé « limousine » :
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Beau jardin typique percheron avec fruitiers, noyers, potagers
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Une exposition du photographe cantalo-virois, Christian Malon, l'ami de feu le géographe normand Armand Frémont:
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Et nos normandes qui rajoutent la petite touche indispensable à l’ensemble:
Étape 3 : La basilique de la Chapelle-Montligeon
Adossée à la forêt domaniale de Réno-Valdieu, « la basilique des champs » comme elle est surnommée (sa taille est démesurée par rapport à celle du village) est d'un très beau style néo-gothique (fin du XIXème). Elle est l’œuvre de l’Abbé Buguet, curé du village. Les raisons de la construction ? Affligé par trois décès dans sa famille (son frère Auguste, meurt écrasé par la cloche de l’église de Mortagne, et ses deux nièces, rongées par le chagrin), il décide de créer une œuvre pour la délivrance des âmes délaissées du purgatoire.
Aujourd’hui, le sanctuaire de Montligeon est le centre mondial de la prière pour les défunts.
La statue de Saint Joseph dans l’avenue de la basilique:
Homme soucieux de ses paroissiens, et pour leur permettre de vivre de leur travail tout en restant au village, l’Abbé Buguet crée une imprimerie qui deviendra célèbre. Combien de livres ont été estampillés « imprimé à la Chapelle-Montligeon » ? Malheureusement, celle-ci sera liquidée en 2011 après avoir été reprise et déplacée près de Mortagne-au-Perche par un industriel.
L’imprimerie de Montligeon liquidée
Étape 4 : Après une promenade en forêt de Réno-Valdieu, je mets le cap sur un petit village typique : Maison-Maugis.
Situé dans un havre de paix, château et belles petites demeures agrémentent mon parcours sur les chemins et petites rues de cette belle campagne percheronne où j’observe des champignons et ramasse des châtaignes.
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Étape 5 : Rémalard.
J’emprunte à vélo l’ancienne voie ferrée Alençon-Condé-Sur-Huisne transformée en voie verte Véloscénie, Paris- le Mont-Saint-Michel
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Avec un petit détour dans le hameau de Villeray avec sa violente montée à 16 % pour y voir ses maisons aux couleurs si douces...
Étape 6 : la pluie s’invitant, je me réfugie à Longny-au-Perche pour y faire le circuit découverte patrimoine. Labellisée « Petite Cité de Caractère », entourée de coteaux, elle présente un ensemble architectural harmonieux, au fond d’une vallée.
Je pars à pied à la découverte du côteau de la Bandonnière, un des nombreux espaces naturels sensibles (ENS) du département, abritant des orchidées mais aussi des moutons et chèvres qui entretiennent le site.
C’est le jour du marché hebdomadaire (plutôt vivant) sur la place au cœur du village où se rejoignent les principaux axes de circulation. Le passage de gros camions n’est pas des plus agréable…
Observations : la propreté n’est pas au top (papiers gras et crottes de chien), quelques tags, et les rives des cours d’eau mal entretenues.
Mais le village dégage un charme certain:
La chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié, joyau de la Renaissance et haut lieu de pèlerinage dans le Perche. On venait vénérer « la Pietà » le 8 septembre de chaque année.
Étape 7 : Malétable et sa curieuse église:
A quelques kilomètres de Longny, je fais halte dans ce tout petit village pour y observer d’extérieur l’église Notre-Dame-de-la-Salette. Construction du XIXème, son clocher couronné d’une lanterne, ressemble à un phare. Il abrite des statues.
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Étape 8 : fin du voyage, écourté pour cause de syndrome grippo-covid. Pourtant, Barreau avait encore des choses à voir... sans nul doute, il retournera dans le Perche pour achever ce périple.
Conclusion :
En discutant avec quelques personnes lors de ces journées du Patrimoine, il ressort que les Percherons pur-jus, qui ont appris à vivre avec ces horsains venus de la région parisienne, ont une certaine amertume de voir des biens immobiliers leur échapper. Les Parisiens, au pouvoir d’achat bien plus élevé que les autochtones, se réservent ainsi les jolies demeures. Je l’ai entendu à Bellême. Le revers (positif) de la médaille : il existe un patrimoine bâti de très belle qualité avec peu de maisons à vendre ou abandonnées et une vie associative, commerçante, festive, plutôt dynamique…
Percheron avant tout et fier de l’être. Il subsiste un sentiment d’appartenance à cette province disparue administrativement, mais qui existe toujours sous différents aspects, bien qu’elle soit éclatée entre plusieurs régions et départements. Cela dit, on ressent aussi une identité plus discrète, celle d’être Normand dans le perche ornais.
Il n’y a que des imbéciles comme le cuisinier Pierre Gagnaire, pour assimiler le Perche avec la Bretagne. Mais quand on est marié à une bretonne, on n’a pas le choix comme il le dit lui même... (édito magazine touristique le Perche 2025)
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