Energies, déchets... La Normandie subit son aménagement et n'a toujours pas trouvé le milliardaire qui voudrait d'elle.
Billet de Florestan:
Que la Normandie soit, de fait, la première région française pour la production électrique décarbonée notamment grâce aux réacteurs nucléaires installés dans les centrales de Flamanville, Penly et Paluel, peut être un légitime objet de fierté car l'abondance électrique normande, au même titre que la pluie qui arrose nos grasses prairies, permet de faire mieux pousser chez nous l'industrie, ses savoir-faire de pointe et ses emplois qu'ailleurs.
Mais cette position économiquement enviable est aussi le résultat d'un sacrifice consenti par les Normands, celui d'un "pacte faustien" avec l'atome et certaines de ses nuisances: on se souvient des combats militants autour de l'arrivée de l'usine de la Cogéma (aujourd'hui Orano) de retraitement des déchets nucléaires posée comme un vaisseau spatial dans les genêts de la lande de Jobourg de la presqu'île de la Hague. Cinquante ans plus tard, ce sont plus de 3000 personnes qui y travaillent avec des savoir-faire techniques et scientifiques de pointe et des artisans sous-traitants qui vivent pleinement de leur travail, pour mémoire, un ouvrier soudeur habitant le Nord-Cotentin et maîtrisant la contrainte du nucléaire gagne 4000 euros par mois...
Alors, oui c'est vrai, le cap de Flamanville ou le sommet de la Hague sont hérissés de superstructures industrielles illuminées la nuit comme des sapins de Noël tandis que le ciel du bocage derrière le port de Diélette est rayé par les câbles des lignes à très haute tension (THT) dont les courants électriques vagabonds par temps de brume et de bruine donnent des nausées et des mammites à nos vaches laitières.
On se souvient aussi que les têtes de bois à chapeaux ronds de la région voisine avaient manifesté durement pour empêcher l'érection d'un réacteur nucléaire à Plogoff, réacteur qui a été, finalement, accueilli sur le site de l'ancienne mine de fer sous-marine de Flamanville.
Conséquence: le Cotentin normand est désormais zébré par le passage de deux lignes THT (la ligne Cotentin-Maine) au prix d'un débat public houleux pour permettre la sécurité de l'approvisionnement électrique d'une Bretagne... anti-nucléaire!
Pour mémoire: en 2012, vives tensions dans le bocage normand à cause du passage prévu par RTE des câbles d'une nouvelle THT branchée sur le futur EPR de Flamanville... Tensions alimentées aussi par des militants écologistes anti-nucléaires alors très présents sur le terrain mais venus des grandes villes.
Ligne THT Cotentin-Maine en chantier: plainte d'une éleveuse pour violence
Autre conséquence:
Ajouter à cette présence électronucléaire déjà lourde en Normandie, la toile d'Araignée aussi coûteuse qu'inutile des parcs éoliens marins et du mitage éolien du paysage rural normand relève d'une double peine que l'on accompagne d'une démocratie consultative de proximité des populations complètement bidon.
Après avoir fait le choix de la spécialisation électronucléaire, choix plutôt bien accepté par les populations riveraines normandes qui y trouvent un intérêt professionnel et financier évident, la Normandie depuis les années 2000 subit un aménagement énergétique décidé par des bureaucrates parisiens et bruxellois travaillés par l'entrisme idéologique d'un écologisme anti-nucléaire à la solde de grands lobbies gaziers et pétroliers ou de l'Allemagne qui a eu la tentation d'imposer à la France le faux-modèle de l'Energiewende pour mieux détruire le superbe atout d'EDF qui donne à la France un avantage indéniable dans la bataille de l'attractivité industrielle.
En matière d'invasion éolienne, la position d'Hervé Morin semble moins claire que celle de Xavier Bertrand qui en tient à un moratoire strict de tout progrès de l'éolien terrestre comme marin car il est le président d'une région Nord dont les paysages sont saturés d'éoliennes au point de faire de la Picardie le local technique et énergétique de la France dans le dos de Paris.
En effet, la position d'Hervé Morin tient du fameux et très normand "ptêt ben qu'oui, ptêt ben qu'non": l'éolien marin est toléré en mer même s'il faut gérer la colère de la pêche artisanale normande qui reçoit, par ailleurs, les subventions généreuses de la région Normandie mais, en revanche, le déploiement de l'éolien terrestre doit être rigoureusement conditionné à l'acceptation des populations riveraines qui, dès qu'elles peuvent s'exprimer librement, affirment généralement un NON à 100%. Mais comme les promoteurs parasites de l'éolien savent ce refus, tous les projets éoliens terrestres passent devant la justice selon une procédure qui a été simplifiée au profit des promoteurs éoliens.
Le seul consensus normand en terme d'Energies Marines Renouvelables?
L'implantation des hydroliennes dans les courants marins forts, stables et réguliers du Raz-Blanchard au large de la pointe de la Hague, qui feraient de ces hydroliennes, la seule source d'électricité prévisible et pilotable d'origine renouvelable naturelle avec un impact sur la faune et la flore halieutique réduit au minimum:
Il faut aussi dire que ce projet d'hydroliennes est le seul projet politiquement authentiquement local et normand: il est porté par la région Normandie et par les élus locaux de la communauté urbaine de Cherbourg avec aussi le soutien des autorités publiques autonomes des îles normandes de la Manche (ex îles anglo-normandes)...
Mais pour ce qui est des éoliennes qu'elles soient marines ou terrestres, venues d'ailleurs, fabriquées en Chine avec des terres rares africaines, assemblées et montées ici mais financées par des fonds de pensions américains ou canadiens, la réalité politique sur le terrain normand est politiquement assez claire: c'est NON !
Avec le soutien de plus en plus ferme des élus locaux comme en témoigne récemment le mouvement des Gueux lancé par l'écrivain Alexandre Jardin.
Liberté pour les #Gueux - Les #Gueux
Exemple au Tréport où le maire affiche clairement son opposition à la construction du parc éolien marin juste en face à quelques kilomètres au large:
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Depuis juillet 2025, il est possible de distinguer sur l'horizon la sous-station électrique du parc éolien en mer Dieppe Le Tréport, qui doit accueillir 62 éoliennes.
Monsieur Morin qui a le courage de s'opposer clairement au délire de l'agrivoltaïsme (remplacer les pommiers dans nos prés par des ombrières solaires) devrait avoir une position aussi ferme concernant l'éolien terrestre qui prospère en parasitant la trésorerie d'EDF et d'ENEDIS et qui défigure nos lois et notre démocratie locale par une corruption et une collusion d'intérêt institutionnelles.
Et pour illustrer cet aménagement subi du territoire normand en matière de production énergétique Une petite photo prise ces jours derniers sur le plateau entre Eu et Dieppe:
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L'enjeu est donc de créer en Normandie une industrie innovante et de pointe du recyclage: on se souvient que la région Normandie avait soutenu financièrement le projet des américains d'Eastman qui devaient installer une usine unique au monde de recyclage intégral des déchets plastiques sur le site industriel de Port Jérôme pour un investissement total voisinant le milliard d'euros. Le problème c'est que le projet a été mis en dormition le temps que les bureaucrates de Bruxelles se mettent d'accord sur l'idée de protéger ou non l'émergence d'une industrie européenne du recyclage: nous en sommes là!
Recyclage en Normandie : l'Europe verte contre ses ambitions
Et pendant que nous attendons ici le Godot de Bruxelles, d'autres agissent sur d'autres territoires que celui de la Normandie même si l'acteur principal est un milliardaire normand bien connu pour être la bête noire d'une presse de gauche militante qui devient hystérique rien qu'à prononcer son nom:
Nous parlons, bien évidemment, de Pierre-Edouard Stérin, le milliardaire conservateur catholique normand -il n'y a pas que Bolloré- né du côté d'Evreux et qui investit une partie de sa fortune dans l'émergence d'une industrie française du recyclage.
Très bien! Sauf que cela ne se passe pas en Normandie mais du côté de l'Anjou avec la société Néolithe qui réalise le prodige de transformer le contenu de nos poubelles en ... fossiles inertes à incorporer dans les granulats destinés à faire du béton avec l'avantage de cesser aussi le pillage du sable naturel dans nos carrières normandes, comme du côté de Bernières-sur- Seine dans l'Eure, en l'occurrence, au bénéfice des usages récréatifs des Parisiens.
Pour mémoire, Ouest-France en 2015:
5 000 tonnes de sable normand pour Paris-Plages
Mais qu'on se rassure! On peut faire deux choses opposées en même temps...
Restauration d'une pelouse silicicole à Bernières - Agglo Seine-Eure
Pour tout savoir sur le beau projet industriel innovant de la société Néolithe:
On consultera ci-après, le site officiel de l'entreprise:
Le petit coup de main de Pierre-Edouard Stérin à hauteur de 20 millions d'euros pour contribuer à la réussite du projet industriel de Néolithe :
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Le commentaire de Barreau:
Revenons à la production électrique avec un autre aménagement subi par la Normandie avec le projet d'une interconnexion électrique entre la France et l'Angleterre du côté de Dieppe:
Le projet Aquind prévoit d'établir une interconnexion électrique entre la France et le Royaume-Uni, pour le transport d'électricité à haute tension, via une liaison sous-marine entre la Normandie et le Sud de l'Angleterre.
Le 17 juillet 2025, un arrêté préfectoral est venu attester de la conformité du projet aux dispositions du code de l’environnement et en tirer les conséquences, à savoir délivrer une autorisation environnementale.
Cet arrêté ne permet pas au pétitionnaire de débuter la réalisation de son projet, car d’autres autorisations, en cours d’instruction ou à venir, seront nécessaires. En particulier, la reconnaissance de son caractère d’intérêt général relèvera d’une décision de niveau national.
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Commentaire de Florestan:
Le projet "Aquind": une coûteuse poterne électrique vers l'Angleterre pour sécuriser un réseau électrique français destabilisé par les énergies dites "renouvelables"...
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