Revue de presse normande au 21 novembre 2022:

Divine surprise du côté de Flers en plein coeur du bocage normand pour les contempteurs zélés de l'islamophobie: l'extrême droite bête et méchante, remplissant toutes les cases du cahier des charges de la posture d'indignation officielle (donc de gauche) existe encore, hélas... Mille fois hélas!
Les faits: dans la nuit de samedi à dimanche dernier, entre une et deux heures du matin, deux hommes cagoulés ont tranquillement tracé sur l'un des murs de la mosquée de l'amicale franco-turque de Flers l'inscription suivante: "Islam, hors d'Europe.  Division Charlemagne." Inscription maladroite, stupide et surtout, pathétiquement inculte quant à l'histoire terrible des liens idéologiques et financiers fort étroits qui avaient été noués pendant la seconde guerre mondiale entre les hiérarques du nazisme et un islamisme politique qui avait autorisé l'enrôlement de soldats musulmans dans une division SS afin de poursuivre le combat contre les Juifs.

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Rappelons l'évidence:
Tout acte de vandalisme ou de profanation blasphématoire contre tout lieu de culte, quelle que soit la confession religieuse, est à condamner avec la plus grande fermeté, que cela soit des tags anti-musulmans tracés sur le mur d'une mosquée par des nervis d'extrême droite ou, par exemple, la flaque d'urine souillant l'emmarchement du maître-autel de l'église de la Madeleine à Paris, laissée la veille de la Noël 2013 par une militante néo-féministe "Femen" mimant un avortement et qui avait  été relaxée par la justice de notre pays au bénéfice de la... liberté d'opinion politique.
Question: en quoi les abjections militantes de l'extrême gauche seraient-elles moins abjectes que celles de l'extrême droite?
Si quelqu'un a une réponse intellectuellement honnête à cette question, ça nous intéresse...
Moralité: prière de ne pas ajouter une couche de moraline dégoûtante à cette profanation abjecte en oubliant le fait massif principal en matière de profanation de lieux de culte et qui ne préoccupe pas outre mesure le ministère de l'Intérieur et des cultes... A savoir qu'il y a, en moyenne, dix églises profanées, dégradées ou vandalisées par JOUR en France, d'après les chiffres du ministère de l'Intérieur lui-même. Des profanations qui ne sont pas toutes clairement politiques et qui relèvent plutôt de la bêtise la plus crasse ou de provocations juvéniles parfois, souvent, inspirées si l'on ose dire par un certain nihilisme voire le satanisme, chose qui devrait nous inquiéter davantage.
Pour mémoire, en 2019, tags sur le temple protestant de Condé-sur-Noireau:
Pour mémoire, en février 2022, tags et intrusion dans la crypte de l'église Saint-Germain de Flers:
https://actu.fr/normandie/flers_61169/dans-lorne-une-eglise-et-sa-crypte-profanees-par-des-tags_48769169.html
Dames blanches et Goubelins... William Gondouin, le rédacteur en chef du très apprécié magazine "Patrimoine normand" sort un livre documenté sur les légendes normandes:

Le Havre. Il raconte avec passion 100 histoires et légendes de Normandie

Dans un ouvrage paru aux Éditions des Falaises, Stéphane William Gondoin, écrivain havrais auteur d’une vingtaine de livres, se penche sur 100 histoires et légendes de Normandie.

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Pour sortir la Normandie de son enclavement aérien (la Normandie n'est connectée qu'au "hub" aérien de Lyon via Caen-Carpiquet) il faut achever l'unité normande... Dans sa note de synthèse, le géographe Arnaud Brennetot expliquait que la faiblesse normande en matière d'emplois métropolitains supérieurs venait du relatif enclavement routier, ferroviaire et aérien du territoire normand: le passif de la division régionale, encore et toujours!

https://www.ouest-france.fr/normandie/en-2024-un-seul-pilote-pour-quatre-aeroports-de-normandie-pour-offrir-de-nouvelles-destinations

En 2024, un seul pilote pour quatre aéroports de Normandie « pour offrir de nouvelles destinations »

En 2024, les aéroports de Caen, Deauville (Calvados), Le Havre et Rouen auront un seul gestionnaire. Le nouveau pilote devrait être connu au début de l’été 2023.

« À partir de la Normandie, on ne peut pas prendre l’avion pour Barcelone, Amsterdam ou d’autres grandes capitales en Europe… C’est dommage ! » Une conversation entendue ce lundi 26 septembre dans une brasserie du centre-ville de Caen.

Ce vide sera peut-être rempli dans quelques mois lorsque la nouvelle organisation des aéroports normands sera effective. En tout cas, Hervé Morin, président (Les Centristes) de la Normandie, croit à un nouvel élan des aéroports de Normandie pilotés par un seul gestionnaire. L’objectif est fixé pour le 1er janvier 2024. Les aéroports de Caen, Deauville, Le Havre et Rouen auront un seul pilote aux commandes.

« Au-delà de la mutualisation de fonctions techniques, le principal objectif est d’avoir une force de frappe plus puissante pour offrir de nouvelles destinations et surtout renforcer l’attractivité de la Normandie », plaide Hervé Morin.

Depuis 2016, une seule directrice pour Caen et Deauville

L’idée d’aboutir à une gestion commune pour les quatre principaux aéroports normands est un serpent de mer évoqué depuis longtemps mais jamais concrétisé. Pendant des années, ces quatre plateformes ont passé beaucoup de temps à se concurrencer plutôt que de jouer en équipe. La faute à des élus et aux chambres de commerce et d’industrie (CCI) qui souhaitaient garder leurs prérequis. (sic!)

« À partir de la Normandie, on ne peut pas prendre l’avion pour Barcelone, Amsterdam ou d’autres grandes capitales en Europe… C’est dommage ! » Une conversation entendue ce lundi 26 septembre dans une brasserie du centre-ville de Caen.

Ce vide sera peut-être rempli dans quelques mois lorsque la nouvelle organisation des aéroports normands sera effective. En tout cas, Hervé Morin, président (Les Centristes) de la Normandie, croit à un nouvel élan des aéroports de Normandie pilotés par un seul gestionnaire. L’objectif est fixé pour le 1er janvier 2024. Les aéroports de Caen, Deauville, Le Havre et Rouen auront un seul pilote aux commandes.

« Au-delà de la mutualisation de fonctions techniques, le principal objectif est d’avoir une force de frappe plus puissante pour offrir de nouvelles destinations et surtout renforcer l’attractivité de la Normandie », plaide Hervé Morin.

Depuis 2016, une seule directrice pour Caen et Deauville

L’idée d’aboutir à une gestion commune pour les quatre principaux aéroports normands est un serpent de mer évoqué depuis longtemps mais jamais concrétisé. Pendant des années, ces quatre plateformes ont passé beaucoup de temps à se concurrencer plutôt que de jouer en équipe. La faute à des élus et aux chambres de commerce et d’industrie (CCI) qui souhaitaient garder leurs prérequis.

Un premier pas a été franchi en 2016 avec la direction commune imposée par Hervé Morin pour les deux principaux aéroports de la région, Caen et Deauville.

La nouvelle étape est en cours. L’appel est lancé pour la concession de service public concernant l’exploitation des quatre aéroports. Les candidats ont jusqu’au 7 octobre pour déposer leur dossier.

Les chambres de commerce contre des opérateurs privés

Les CCI de Caen, de Rouen et Seine-Estuaire (Le Havre) seront sur les rangs avec une candidature commune. « Nous avons toute légitimité à être présents sur ce dossier, avance Jean-Philippe Eliard, directeur de la CCI Seine-Estuaire. Nous gérons des aéroports depuis des années et nous avons une connaissance très fine de nos territoires."

D’autres acteurs sont également intéressés par cette nouvelle donne, dont des opérateurs privés, déjà aux commandes de plusieurs aéroports français. Parmi eux, les Bretons de Sealar. Cette société gère en ce moment l’aéroport du Havre-Octeville. Edeis, à la tête de près de 20 aéroports, devrait être également de la partie.

Le nom du vainqueur devrait être connu au début de l’été 2023.

Commentaire de Florestan:

Suprême paradoxe! Après leur avoir donné les clefs de la Manche avec la Britanny ferries, il ne faudrait toute de même pas confier les clefs du ciel normand réunifié aux... Bretons!


Dans la dernière livraison de sa Chronique de Normandie (n°771), Bertrand TIERCE revient sur la signature du protocole d'accord au futur contrat de plan Etat-Région  qui devrait être signé d'ici juin 2023 au Havre en présence d'Elisabeth Borne, une Première ministre d'origine normande qui, espère notree président de région, pourrait apporter des crédits supplémentaires pour financer quelques projets importants dans le domaine de l'enseignement supérieur en Normandie:

On parle d'une école d'ingénieurs au Havre et une autre à Cherbourg spécialisée dans les énergies, notamment le nucléaire. Quant à la relation privilégiée avec l'Île-de-France pour co-développer la vallée de la Seine, il semble qu'il n'en est plus question: Hervé Morin n'a plus aucune illusion sur une certaine Valérie Pécresse... On se demande bien pourquoi!

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Sur sa page Facebook, le 19 octobre dernier, le président du CESER Jean-Luc Léger avait participé, avec le commentaire à lire ci-après,  au débat ouvert par Arnaud Brennetot sur la question de savoir si la Normandie est vraiment la première région industrielle de France ou non:

https://www.facebook.com/100000619093536/posts/5892108330819745/?flite=scwspnss&mibextid=1BnibGME8S4PAYXY

La Normandie, « première région industrielle de France » ?
Un discours en trompe-l’œil car dans les faits, l'économie Normande ne se porte pas bien. Explication.
Et pour les grincheux, allez voir les chiffres de l'INSEE.
Il est couramment admis que la Normandie serait la première région industrielle de France, présentant ce trait comme un signe de puissance économique susceptible de justifier une politique ambitieuse dans ce domaine. Ce diagnostic s’appuie, de façon répétée, sur le fait que la part du secteur industriel dans l’économie normande est particulièrement élevée. Une telle interprétation des données de la statistique publique est discutable et mérite plusieurs éclaircissements.
Oui, le secteur industriel contribue fortement à l'économie normande, parce que celle-ci est fragilisée. Si l'on regarde le PIB par emploi, c'est à dire la valeur qui est produite pour un emploi donné, en Normandie, son montant est de 69 771 €. La Normandie est en 12ème position (sur les 13 régions métropolitaines).
Si le PIB Normand a augmenté de 2,46 % en moyenne annuelle entre 2000 et 2015, plaçant la Normandie en 8ème position, la croissance est depuis négative (sur la période 2015 - 2020) avec un taux de - 0,86 % annuel, plaçant la Normandie à la 12ème et dernière place à égalité avec le Corse.
Certes, le secteur industriel pèse lourd dans l'économie normande puisque cette fois elle est en 3ème position derrière la Bourgogne - Franche Comté et Les Pays de la Loire.
Qu'est-ce qui peut expliquer un PIB par emploi relativement faible et une part de l'industrie forte par rapport aux autres secteurs? L'explication est simple: les autres secteurs sont plus faibles encore.
Si la Normandie entre 2000 et 2015 était 7ème parmi les régions perdant des emplois industriels (la Bretagne en perdant le moins et l'Ile de France en perdant le plus), elle est aujourd'hui en 8ème position (la Corse étant en croissance et le Grand Est étant dans la situation la plus défavorable). Néanmoins, les 7 premières régions gagnent à nouveau des emplois industriels, la Normandie bien que 8ème est la 1ère à en continuer à en perdre.
Cette poursuite de l’érosion n’est pas une fatalité puisque plusieurs autres régions françaises connaissent, au contraire, un regain récent de l’emploi industriel. C’est notamment le cas en Provence Alpes-Côte-d’Azur (+2 %), en Nouvelle-Aquitaine (+ 1%), en Bretagne (+2,6 %), en Occitanie (+2,8 %) et, de façon plus significative, dans les Pays-de-la-Loire (+4,6 %). La Normandie ne semble donc pas privilégiée dans le processus de réindustrialisation que d’aucuns appellent de leurs vœux.
La Normandie est fragile dans le secteur des services. Les données publiées par l’INSEE montrent que, si la Normandie a connu un processus de désindustrialisation plus puissant et plus long que dans les autres régions françaises, le poids demeuré important du secteur industriel dans l’emploi régional tient avant tout à l’incapacité de l’économie normande à développer des activités équivalentes à ce qu’on observe ailleurs en France dans les autres secteurs économiques, en particulier dans les services.
La Normandie se distingue donc moins par le dynamisme de son industrie, somme toute relativement modeste au regard de plusieurs autres régions de province, que par l’atonie de son économie dans les activités de services.
Il est évident que le CESER va regarder autrement le futur schéma régional de développement économique qui devra être adopté à la fin de cette année.
Commentaire de Florestan, posté sur la page FB de l'intéressé:
Rendons hommage au lanceur d'alerte en citant son nom, le géographe rouennais Arnaud Brennetot qui a publié une note de synthèse rappelant la triste réalité dont il est question ici. Morin? Il fait ce qu'il peut quitte à fanfaronner quelque peu, on est d'accord. Mais il a l'immense mérite de faire tourner à plein régime le moteur de l'institution régionale d'une Normandie à peine réunifiée pour essayer de nous sortir du passif de 50 années de division régionale et de médiocrité localiste en déployant une politique publique favorable aux entreprises appliquant les méthodes de l'intelligence économique. Mais face au problème central d'une Normandie recouvrant l'intégrité de son corps mais toujours pas sa tête (faiblesse des services et des emplois métropolitains supérieurs) Morin ne peut rien faire si MM. Philippe, Bruneau et Mayer-Rossignol, au Havre, Caen et Rouen continuent à ne rien faire:
Morin est seul à faire tourner la boutique normande et le moteur métropolitain n'est même pas en panne car il n'existe, tout simplement pas puisque les élus qui devraient le concevoir et le mettre en marche ont un agenda qui est tout sauf... normand!
MASSACRE DU PAYSAGE NORMAND PAR LES PSEUDOS ENERGIES RENOUVELABLES:
Dans le Perche normand (Orne) le village d'Echauffour continue de résister, seul, face au monstre froid de la bureaucratie d'Etat au service de puissants intérêts oligarchiques (la famille Mulliez) quitte à piétiner les réalités les plus élémentaires d'un état de droit. A Echauffour, petit village normand, on peut considérer que le contrat social fondamental républicain est rompu!
A lire sur le site de l'association "Echauffour environnement":
« Le rural est devenu la variable d’ajustement des politiques publiques. Paris et les métropoles sont à l’abri des conséquences de leur gaspillage et mode de vie dispendieux. Le rural, lui, souffre : banalisation des paysages, dépoétisation du monde, nuisances de toutes sortes… Les ruraux, qui vivent dans la sobriété, ne se reconnaissent plus dans ce monde- là, ces décideurs là, cette obsession technologique là… Ils font sécession… ATTENTION !  »
Répétons l'évidence: les panneaux solaires sont à mettre sur les toits et les terrasses des hangars de supermarchés! Pas sur de la terre agricole! La règlementation doit changer pour éviter des situations aussi débiles que la suivante:
https://actu.fr/normandie/janville_14344/parc-solaire-geant-a-lest-de-caen-le-projet-qui-souleve-la-contestation_54986356.html
A Cabourg / Balbec, le business... Marcel Proust ne devrait être accessible qu'à ceux qui ont eu le courage d'aller jusqu'au bout de la "recherche du temps perdu"!

A Caen, la plus vieille pâtisserie de la ville fondée en 1840 et qui a survécu à l'apocalypse de l'été 1944 pourrait fermer définitivement ses portes...
https://actu.fr/normandie/caen_14118/stiffler-le-mythique-patissier-traiteur-de-caen-cherche-un-repreneur_55317480.html
Dans les landes de la Hague, près de la fameuse usine ex-Cogéma de Jobourg dont la construction avait fait pleurer de rage le poète normand Côtis-Capel, une nouvelle piscine d'accueil de déchets radio-actifs doit être construite: tant que la solution pérenne d'enfouissement dans les argiles profondes de la Haute-Marne ne sera pas opérationnelle, tant que les études scientifiques en cours visant à réduire sensiblement la radioactivité par traitement au laser ne seront pas concluantes, tant qu'il ne sera pas possible de réutiliser totalement le combustible irradié dans nos centrales nucléaires, en un mot... Tant que des militants idéologiques continueront à emmerder scientifiques et ingénieurs, nous serons contraints de labourer la lande de la Hague...

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/cotentin-orano-la-hague-le-terrain-se-prepare-a-accueillir-la-piscine-nucleaire_55318274.html

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A Bardouville, au bord de la Seine, les Normands du lieu refusent que la Normandie serve de poubelle aux déchets des travaux du Grand-Paris! Le 10 novembre dernier, ils ont fait savoir à la préfecture de la Seine-maritime qui a autorisé un projet d'enfouissement de gravats grand-parisiens dans d'anciennes carrières, que ces gravats contiennent de l'arsenic et du plomb...

https://www.paris-normandie.fr/id359475/article/2022-11-10/dechets-du-grand-paris-bardouville-les-opposants-pointent-des-pollutions

Bardouville : les opposants pointent des pollutions « supérieures » aux normes

Alors que le projet de stockage de 400 000 m³ de déchets provenant des travaux du Grand Paris à Mauny est toujours validé par la préfecture, des habitants de Bardouville ont effectué des prélèvements sur les terres déjà arrivées à Yville et Anneville-Ambourville. Mercure, arsenic, plomb… La préfecture répond.

Ils n’étaient déjà pas favorables au projet… Ce ne sont pas les nouveaux éléments qui vont convaincre les militants de l’association, Bardouville les pieds dans l’eau, d’accepter le projet de stockage de 390 000 m3 de déchets inertes issus des travaux du Grand Paris dans l’ancienne carrière de Marnes sur la commune de Mauny, jouxtant Bardouville.

« On dépasse les taux de manière hallucinante »

Accompagnés par une équipe de tournage, trois bénévoles sont allés réaliser des prélèvements sur des déchets inertes déjà arrivés dans les carrières voisines d’Yville et d’Anneville-Ambourville. Les échantillons ont été analysés par un laboratoire : « Cadmium, chrome, nickel, arsenic, plomb… On dépasse les taux de manière hallucinante ! », s’agace Ladislas Lefebvre, vice-président de l’association.

Déchets du Grand Paris : les opposants dénoncent la pollution des terres

Pour ce qui est des « préleveurs », l’association veut qu’ils soient protégés d’éventuelles poursuites « car on est proche des lanceurs d’alerte », estime-t-elle. Mais là n’est pas le problème : « Le souci c’est que l’on nous assure que l’on est sur des déchets non pollués, ou alors à des taux acceptables, et que là, nous avons des analyses qui indiquent que ni les taux de base ni les dérogations accordées ne sont respectés », martèle la présidente de l’association Nathalie Haubert.

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Pour détailler les résultats, l’association s’est adjoint les services d’un médecin qui s’est penché sur les données issues des remblais d’Yville-sur-Seine et Anneville-Ambourville. « Sur certains produits, les taux sont plus de dix fois plus importants qu’ils ne devraient. Et nous attendons encore des résultats concernant le chlorure, le sélénium… », précise Richard Petit, pointant également les retombées dans « le plan d’eau à usage récréatif », situé à proximité immédiate de l’une des carrières : « Sur d’autres résultats, la pollution est 100 fois supérieure aux normes ! On parle de polluants comme le plomb, le mercure… », évoquent les bénévoles. « Tout ça sur des aires qui ne sont pas adaptées. Derrière, ce sont les nappes phréatiques qui vont être polluées », prédisent-ils.

Des politiciens locaux en soutien

Dans la salle, des hommes politiques sont présents. Le député Gérard Leseul (Nupes / PS) ne découvre pas le dossier. Au cours des mois écoulés, il a déjà tenté d’attirer l’attention du gouvernement sur le problème de Bardouville : « Je suis déjà intervenu avec le président de la Métropole [Nicolas Mayer-Rossignol, NDLR] auprès du préfet. Avec ces données, il faut intervenir à nouveau. Je vais également solliciter le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, pour qu’il reçoive les membres de l’association. Et je ne m’interdis pas une question orale au gouvernement »  ; comme il l’avait fait sur le sujet des Zones à faibles émissions (ZFE), il pourrait également lancer une mission flash, voire une mission d’information parlementaire. Conseiller départemental et élu à la Métropole de Rouen Normandie, Stéphane Martot, secrétaire régional d’Europe Écologie – Les Verts, assure aussi l’association de son soutien et déplore le traitement du dossier « avec sa série de défaillances ».

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Le bras de fer continue

« Il n’y aura pas un camion de déchets du Grand Paris qui viendra décharger chez nous », promet Nathalie Haubert. Le bras de fer est loin d’être terminé. Il va se poursuivre devant les tribunaux. Un recours contre le projet est déjà déposé au tribunal administratif ainsi que plusieurs plaintes  ; d’autres procédures sont envisagées. Dans la salle, deux personnes écoutent attentivement. Elles viennent de Jumièges et sont aussi concernées par les déchets du Grand Paris  : 3,5 millions tonnes doivent venir remblayer un tiers du lac artificiel (environ 33 hectares). Eux aussi vont constituer leur association pour s’opposer à l’arrêté préfectoral.

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La réponse de la préfecture

Contactée, la préfecture répond, par mail, aux inquiétudes de l’association :

« En l’absence d’informations sur le lieu de prélèvement et les conditions d’analyse, il semble difficile d’accorder crédit à ces chiffres, dont rien ne permet d’être sûr qu’ils proviennent effectivement d’une analyse de terres effectivement enfouies sur un site, sans préciser non plus de quel site il s’agit, ni si les analyses ont été faites selon une norme reconnue. Les conditions de représentativité de l’échantillon méritent, elles aussi, d’être précisées (...) Enfin, on peut rappeler que les valeurs fixées au 1º de l’annexe II de l’arrêté ministériel du 12 décembre 2014 sont des valeurs à respecter lors du test de lixiviation. Dans la mesure où l’association parle « d’analyses de terre », on peut penser que les valeurs mesurées représentent les teneurs des différents éléments dans le matériau brut, et non après essai de lixiviation [un effet de filtrage qui aurait été pris en compte par le laboratoire sélectionné par l’association, NDLR], ce qui n’est pas du tout comparable. (…) Pour mémoire, le législateur a fixé des valeurs limites en se basant sur l’essai de lixiviation, car cela correspond au risque à prendre en compte quand on dépose des terres dans un site. La teneur en métaux des terres apportées est une chose, mais le risque que l’on cherche à éviter est que les pluies successives emportent des métaux lourds contenus dans les terres apportées vers le sol sous-jacent. Pour mémoire, les métaux dont il est question ici (cuivre, baryum, antimoine, chrome, plomb, mercure, molybdène…) sont peu lixiviables. Quand on fait couler de l’eau dessus, ils restent là où ils sont, sans polluer l’eau passée à leur contact. »

Commentaire de Florestan:

Les cerveaux des citoyens normands sont peu... lixiviables, aussi!


A Dieppe, on célèbre "l'or blanc des Dieppois" à savoir cette si savoureuse coquille Saint-Jacques et sa noix qui s'accomode si bien de toute cuisine... Notre recette préférée? Toute simple: la noix nature, snackée à la poêle avec un peu de beurre puis servie avec du gros sel et dégustée avec une tartine de pain beurée avec le célèbre caramel de pomme de Dieppe, bien évidemment!

https://www.dieppetourisme.com/agenda/foire-aux-harengs-et-a-la-coquille-saint-jacques/

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