Billet de Florestan:

Alençon ou Alencon?

OIP

Prière de ne pas oublier la cédille sinon la maçonnerie générale devient: "ma connerie générale"...

Mais, hélas, il semble qu'il s'agit bien de cela, une connerie généralisée qui fait système à la tête de cette ville moyenne et de la petite communauté urbaine qui l'entoure qui n'a jamais voulu trop savoir où elle se trouve depuis le refus d'une gare de chemin de fer sur une ligne nationale directe entre Paris et la Bretagne qui passe soit plus au Sud au Mans, soit plus au Nord à Argentan où l'on n'a jamais accepté qu'une ville frontière sans ambition véritable ait été choisie pour être la préfecture d'un département de l'Orne sans véritable identité puisque constitué d'éléments épars pris dans l'espace géo-historique normand pour l'essentiel mais avec une composante mancelle importante au Sud-Ouest et à l'Est (Perche) de cette petite ville d'Alençon qui ne veut toujours pas assumer clairement ce qu'elle doit être:

Etre la porte Sud de la Normandie.

Une belle porte patrimoniale, touristique et culturelle ouvrant tant sur la première région historique et patrimoniale de France ayant une notoriété mondiale, d'une part, et ouvrant, d'autre part, sur le parc  naturel régional "Normandie Maine" qui vient de déposer une candidature solide pour une classification internationale visée par l'UNESCO.

Voilà donc des atouts solides en terme d'attractivité touristique et commerciale: Alençon fait partie de ses villes normandes miraculées de la Seconde guerre mondiale, à l'instar de Bayeux ou de Honfleur avec un centre-ville charmant disposant d'une architecture variée et de qualité, une basilique dédiée à la famille Martin, les parents d'une Sainte Thérèse connue dans le monde entier et un imposant château médiéval qui attend toujours sa rénovation.

Autres atouts d'Alençon: le savoir-faire classé à l'UNESCO de l'art de la dentelle. Si nous étions en Bretagne, il y aurait à Alençon une école internationale d'application pour apprendre et diffuser ce savoir-faire dans le monde entier avec une délocalisation alençonnaise de la "semaine de la fachon" (reprenons en mains nos racines linguistiques normandes) qui se tient chaque année à Paris. Sur cet aspect essentiel de l'identité locale, constatons un manque d'imagination et d'ambition à peu près... total!

Du côté de l'industrie, il y a le pôle plasturgie qu'il ne faudrait pas oublier et mieux connecter aux révolutions en cours dans les matériaux utilisés dans l'industrie automobile ou l'aéronautique.

Enfin, l'agglomération d'Alençon est idéalement située pour servir de base arrière logistique pour l'éclatement des marchandises débarquées au port du Havre: on devrait y trouver les entrepôts que l'on trouve à Orléans et dans la Seine-et-Marne qui ont le défaut majeur d'être, à la fois, trop au Sud ou trop à l'Est de ce qui demeure encore, pour combien de temps? le premier port maritime français...

Voilà donc les atouts importants d'Alençon au niveau géo-politique, à condition que le maire d'Alençon et les élus locaux qui l'entourent s'y intéressent enfin sérieusement, ne serait-ce qu'en étant moins désinvolte avec la fameuse cédille qui fait toute la différence!

Mais Joaquim Pueyo qui ne jure que par la satellisation de sa ville à l'agglomération du Mans située à 30 minutes d'autoroute plus au Sud et qui laisse partie à vau-l'eau son centre ville commerçant n'est que le maire... d'Alencon! ville préfecture d'un département qui perd ses habitants.

Il serait temps de réagir, d'établir les diagnostics nécessaires et de mettre en oeuvre la politique publique prospective nécessaire: les services de l'Etat, préfecture en tête, ont alerté les élus locaux sur l'évolution inquiétante de la ville d'Alençon et du côté de la région Normandie, les aides financières existent dès lors que des projets à financer... existent!

A l'avenant, la communauté urbaine d'Alençon en 2015, état des lieux de... l'auto-satisfaction d'élus locaux sans imagination:

12-19-rapport-Activite-Alencon-2016.pdf

Maintenant, place au réel qui nous crie dans les oreilles bien autre chose:


 

Alençon. De nouvelles fermetures de magasins d'ici la fin de l'année | L'Orne Hebdo (actu.fr)

Alençon. De nouvelles fermetures de magasins d'ici la fin de l'année

Sentiment d'insécurité, manque de stationnement, pertes de clients... Les commerçants d'Alençon (Orne) s'accordent à dire que le centre-ville a perdu de sa richesse d'antan. 

Le magasin de vêtements n’a pas résisté à la vague de fermetures qui touche la rue aux Sieurs depuis bientôt deux ans.

Pantashop va disparaître
La boutique fermera ses portes lundi 26 décembre. Mégane Timonnier, responsable du magasin, l’a appris il y a quelques mois. « Je n’ai pas été étonnée », assure la jeune femme. « Pour avoir déjà tenu un commerce avant, j’ai bien vu que les chiffres n’étaient pas bons ». La perte de clientèle a eu raison de la boutique de prêt-à-porter.

Une absence de clients qui se justifie notamment par les changements qui s’opèrent en centre-ville depuis plusieurs années, selon Mégane Timonnier.

« On se sent de plus en plus en insécurité jusque dans le centre-ville », assure la responsable. Derrière elle, des clientes acquiescent. La commerçante déplore des altercations fréquentes sur fond d’alcool ou de drogue jusqu’à sa devanture. « Rien que ce matin, j’ai du appeler la Police ! » confie vendredi 28 octobre la jeune femme.

 

« Que des marginaux et des SDF »
Un sentiment partagé par d’autres commerçants. « Le centre-ville se meurt », affirme Najia El Bahoul, responsable de la boutique Nocibé depuis huit ans. « La rue aux Sieurs s’est transformée en une rue pleine de SDF et de marginaux », constate tristement la commerçante.

Depuis le mois de juin, elle compte de plus en plus de vols dans son magasin. « C’est quotidien », révèle-t-elle.

Avec les autres commerçants, on se sert les coudes, on va prendre la température entre nous. Mais les chiffres ne mentent pas. La ville perd en attractivité.

Najia El Bahoul, responsable de la boutique Nocibé

Les clients ne viennent plus aussi régulièrement qu’avant. « Une fermeture n’est pas prévue mais notre avenir est incertain », livre à regrets Najia El Bahoul, inquiète quant à l’avenir de sa boutique de cosmétiques.

Une perte d’attractivité

Des chiffres négatifs liés à plusieurs facteurs. « Le stationnement est un vrai problème », relève la responsable de Nocibé. Des propos appuyés par ses collègues commerçants.

Les travaux en continu depuis des années n’aident pas non plus. Les habitants ne se prennent plus la tête à se garer ici, à payer le parking, pour faire les boutiques dans les magasins encore ouverts… Avec un choix restreint, ils viennent forcément moins souvent.

Une commerçante rue aux Sieurs

Les Alençonnais font face à des fermetures qui se multiplient. « Le centre-ville ne fonctionne plus, il est délaissé. » Native d’Alençon, Mégane, comme d’autres commerçants, regrette la Cité des Ducs qu’elle a connue dans sa jeunesse.

Il y a vingt ans, la ville était animée, je venais faire les boutiques rue aux Sieurs avec mère, cela n’avait rien à voir avec ce que l’on voit aujourd’hui.

Mégane Timonnier, responsable du magasin Pantashop

À qui la faute ?

Au mois de juin, alors qu’Annie Almolda claquait la porte de sa boutique Saint-James après 56 ans, elle craignait que la fermeture de son commerce soit loin d’être la dernière. Un pressentiment aujourd’hui confirmé. « La ville s’est beaucoup vidée, en plus de cinquante ans, j’en ai vu des boutiques tourner », confiait-elle.  » Ça a évolué, mais pas toujours dans le bon sens « . 

« Entrer dans un magasin, c’est le dernier contact que les gens ont avec le commerce », rappelait son époux François Almolda, qui s’est toujours battu contre les grandes surfaces.  » Avec les centres commerciaux et internet, les gens ne viennent plus en centre-ville. C’est regrettable que la ville soit tombée si bas ».

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Des fermetures les unes après les autres

En 2020, c’était tour à tour les boutiques Burton, Maison 123, Esprit, Jacqueline Riu, qui fermaient définitivement, puis Formul et H&M en 2021. Depuis le début de l’année 2022, Morgan, Bijou Brigitte, les ateliers Goron, Saint-James, Marc Boutique, Camaïeu et maintenant Pantashop ont succombé à l’épidémie de fermetures.

D’après nos informations, d’autres enseignes pourraient fermer leurs portes prochainement.

Arrivée au mois de mars 2022 à Pantashop, Mégane Timonnier est la seule salariée du magasin. Pour la liquidation, qui durera deux mois, une employée l’accompagne. La responsable n’a pas encore trouvé de solutions de repli pour la suite. « Je ne pense pas rester dans le commerce », avoue-t-elle.