Le patrimoine  historique et architectural de la Normandie est monumental par sa qualité et sa quantité mais il fait peur aux élus locaux car la charge financière de son entretien repose essentiellement sur le conseils municipaux sur fond de désengagement technique et financier des services compétents de l'Etat central du côté de la DRAC, des ABF et de l'inspection générale de Monuments Historiques:

Dans ce domaine aussi, la déglingue régalienne se fait tristement sentir et le conseil régional de Normandie peine à prendre conscience qui lui faut, une fois de plus, prendre le relais avec le volontarisme nécessaire car le patrimoine historique et architectural normand est un atout stratégique de première importance pour l'identité, l'attractivité et le dynamisme social, culturel et économique de la Normandie.

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Exemple lamentable à Coutances, petite ville épiscopale charmante bien que détruite et reconstruite à 70% après le bombardement de la Seconde guerre mondiale:

à l'ombre de la magnifique cathédrale Notre-Dame qui fait l'objet de tous les soins nécessaires car ce monument insigne est pris en charge directement par l'Etat et son ministère de la Culture, croupit dans son jus, son admirable réplique en miniature de style gothique finissant dans la Renaissance italienne à l'antique d'une surprenante tour lanterne pyramidale:

L'église Saint-Pierre qui a héroïquement survécu aux bombes de juin 1944, attend depuis des dizaines d'années que l'on puisse la restaurer totalement au-delà des travaux d'urgence réalisés par la ville de Coutances pour éviter des chutes de pierres et des effondrements.

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Il faut un budget de 8 millions pour redonner à cette merveille d'art et d'architecture tout son éclat nécessaire qui ferait plus encore rayonner la ville de Coutances: il n'y a pas que le jazz!

L'église Saint-Pierre de Coutances était autrefois dotée d'admirables vitraux qui ont été déposés et mis à l'abri avant les bombardements de jun 1944: le problème c'est que plus de 70 ans après on ne sait plus où exactement ces précieux vitraux se trouvent! On suppose qu'ils ont été dérobés en partie ou que mal classés ou mal identifiés, ils pourraient réapparaître! Néanmoins, une petite partie d'entre eux (5 caisses sur les 18 initiales) sont conservés à Saint-André-de-Bohon au dépôt des objets d'art du département de la Manche: ces vitraux n'attendent qu'à reprendre leur place dans les remplages de l'église toujours garnis de verres blancs depuis les années 1950 et renforcés depuis par du plexyglass!

Par ailleurs, le clocher de cette église est garni du magnifique cadran d'une horloge de ville qui a perdu son mouvement et son carillon: si cette horloge était restituée dans son intégralité, nous aurions une superbe contribution au paysage visuel et sonore du centre ville de Coutances...

Enfin, l'église Saint-Pierre de Coutances est encore doté d'un mobilier superbe: 

Un rare orgue de tribune encore dans son état du XVIIe siècle dû au facteur normand Nicolas Ingoult qui ferait la joie des amateurs de musique baroque et de magnifiques stalles de choeur de la même époque.

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Le journal Ouest-France a eu la bonne idée de rappeler à l'opinion publique et aux élus locaux que cette église exceptionnelle par sa qualité artistique et architecturale mériterait d'un peu plus d'attention de la part des élus d'une municipalité qui a le label "ville d'art et d'histoire"...

https://www.ouest-france.fr/normandie/coutances-50200/coutances-les-vitraux-de-l-eglise-saint-pierre-deplaces-en-1944-conserves-pres-de-carentan-da4ad338-f22f-11ec-a95f-884fbec18e50

Coutances. Les vitraux de l’église Saint-Pierre, déplacés en 1944, conservés près de Carentan

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​Expulsés de leur écrin en juin 1944, une partie des vitraux de l’église Saint-Pierre sont entreposés dans les marais, près de Carentan. Dont une belle verrière de 1506, entièrement reconstituée.

« On ne demande pas mieux que de les restituer ! » Brigitte Galbrun ne cache pas son plaisir de voir poindre un intérêt pour les vitraux de l’église Saint-Pierre de Coutances (Manche). Depuis vingt-cinq ans, la conservatrice veille sur ce qu’il en reste, depuis les réserves des Objets d’art de la Manche à Saint-André-de-Bohon, près de Carentan.

Lire aussi : Vitraux cassés, champignons… À Coutances, la lente agonie de l’église Saint-Pierre

Des vitraux déplacés en 1944

L’histoire de ces vitraux est aussi tumultueuse que la guerre qui les a fait déménager, en juin 1944, mais les informations les concernant sont rares. Sur les 18 caisses initiales, il n’en reste plus que cinq dans les années 1970, en l’occurrence dans un atelier de restauration.

Quatre seront récupérées par le dépôt départemental, en 1998 et en 2002 : les verrières, « représentant des personnages en pied et offertes par les corporations les plus en vue de l’époque à Coutances », et 27 panneaux des baies hautes du chœur.

Saint-Jude Thaddée est bien là, lui. Datant de 1505, la verrière représentant l’apôtre a été reconstituée en 2006 et exposée au musée de Caen (Calvados). « Les vitraux de Saint-Pierre présentent un intérêt majeur, très peu de verrières de la première moitié du XVIe siècle nous sont parvenues », écrivait le commissaire de l’exposition.

Le miracle Saint-Jude

« Son jaune d’argent est typique du dernier siècle d’or du vitrail. C’est un miracle de conserver une verrière comme celle-ci dans un département autant touché par les bombes, appuie Brigitte Galbrun. Elle changerait l’allure générale de l’église, tout comme ses tableaux entreposés au musée Quesnel-Morinière. »

Pour les vitraux comme pour l’église, « on peut faire appel au mécénat. L’église est classée, il y aurait des aides de l’État et du Département, termine la conservatrice. En milieu urbain, il y a souvent d’autres priorités. Mais cela accroîtrait le prestige de Coutances, ville d’art et d’histoire. Le tout est de demander. L’écrin existe, nous avons les pierres précieuses : nous aimerions assembler les deux. »

 

Une perte de traçabilité

Comment explique l’ampleur des disparitions dans les années d’après-guerre ? Plus que le vol, la conservatrice évoque le manque de « traçabilité, à force de changer de dépôts. Les personnes passent et la mémoire s’en va. Peut-être retrouvera-t-on les autres un jour ».