Billet de Florestan:

"J'irai revoir ma Normandie..." (Frédéric Bérat)

Alors que certains se rêvent Premier ministre pour être Calife à la place du Calife ou que d'autres sont perfidement en maraude sous le masque d'une majorité présidentielle plus que jamais incertaine, Hervé Morin annonce clairement la couleur puisqu'il s'agit de nos couleurs normandes:

Puisque les citoyens peinent à donner un sens à une représentation nationale et partisane hors-sol qui ne les représente plus vraiment, on va probablement battre des records d'abstention le 12 juin prochain, date du premier tour de ces élections législatives, faisons en sorte que ces élections puissent, concrètement, servir à quelque chose d'utile, de positif et de consensuel dans un contexte de fracture générale tant idéologique, sociale ou culturelle:

"La Normandie conquérante!"

C'est le grand pari d'Hervé Morin président de la Normandie revenu en Normandie quelque peu échaudé de son aventure présidentielle dans la galère Pécresse qui consiste à profiter de l'occasion des élections législatives pour faire élire dans les circonscriptions électorales normandes les députés d'un "pack normand" pour défendre, bec et ongles, les intérêts territoriaux normands et les enjeux normands d'intérêt national au palais Bourbon là où les lois décidées par le gouvernement sont définitivement élaborées et votées.

Retour donc à une conception girondine de la députation consistant à faire d'un mandat national déconnecté du réel (depuis la double réforme du quinquennat et du non-cumul) un mandat impératif de fait:

C'est la seule bonne solution face à une représentation nationale devenue gazeuse et qui s'est transformée, cinq ans durant, en une armée de Playmobil au seul profit du Prince-président Macron.

Mélenchon veut devenir Premier ministre dans un concours de circonstances d'ici le 19 juin prochain tandis qu'Edouard Philippe à la Barbe blanche sillonne la campagne normande sous le faux-nez macroniste pour développer, ici comme ailleurs, son "horizon", c'est-à-dire, un réseau de "châteaux adultérins" en prévision de sa candidature à la présidentielle de 2027...

Mais, voyez-vous, ces deux-là ont un point commun: la Normandie et les Normands?

ILS S'EN FOUTENT !

La Normandie à la conquête des élections législatives?

D'où l'intérêt des candidatures à la députation d'un "collectif Normand" de la droite et du centre qui serait d'une grande utilité à l'Assemblée Nationale pour relayer à Paris l'action publique normande menée par l'actuelle majorité régionale et pour défendre l'intérêt général normand dans l'élaboration des projets gouvernementaux et technocratiques de l'Etat central...

Hervé Morin, fort judicieusement, a remarqué que cette méthode a été appliquée, non sans un certain succès, par les Bretons, les Corses et les Alsaciens: pourquoi pas les Normands?


 Liste des vingt-cinq candidats de la "Normandie conquérante" de la droite et du centre qui se présentent dans les circonscriptions normandes aux prochaines élections législatives des 12 et 19 juin 2022:

Calvados

1re circonscription (Caen ouest) : Sophie Simonnet (Les Centristes) ;

2e circonscription (Caen est) : Camille Brou (LR) ;

3e circonscription (Falaise – Lisieux) : Nathalie Porte, députée sortante (LR) ;

4e circonscription (Côte de Nacre, Pont-l’Évêque, Côte fleurie) : Sophie Gaugain (LR) ;

5e circonscription (Bayeux): Cédric Nouvelot (LR)

6e circonscription (Vire-Falaise) : Lynda Lahalle (Les Centristes) qui a, face à elle, Elisabeth Borne l'actuelle Première ministre parachutée...

Manche

2e circonscription (Saint-Lô): Philippe Gosselin (LR)

3e circonscription (Coutances-Valognes) : Jean-René Binet (sans étiquette) ;

4e circonscription (Cherbourg) : Camille Margueritte-Rousvoal (Les Centristes).

Orne

1re circonscription (Alençon-Domfront) : Bernard Soul (LR).

2e circonscription (Flers-Argentan): Jérôme Nury (LR)

3e circonscription (L'Aigle- Mortagne): Véronique Louwagie (LR)

Eure

1re circonscription (Évreux) : Christophe Alory (LR) ;

2e circonscription (Évreux ouest) : Francine Maragliano (LR) ;

3e circonscription (Pont-Audemer-Bernay) : Thomas Elexhauser (Les Centristes) ;

4e circonscription (Louviers) : Marie-Dominique Perchet (LR) ;

5e circonscription (Vernon) : David Daverton (LR).

Seine-Maritime

1re circonscription (Rouen) : Marie-Hélène Roux (LR) ;

2e circonscription (Bois-Guillaume) : Jonas Haddad (LR) ;

3e circonscription (Petit-Quevilly) : Patrick Chabert (centriste) ;

5e circonscription (Caudebec) : Eddy Lefaux (sans étiquette) ;

6e circonscription (Dieppe) : Robin Devogeleraere (Les Centristes) ;

7e circonscription (Le Havre nord) : Jacques Forestier (LR) ;

9e circonscription (Fécamp): Victor Balier (Les Centristes) se présente contre... Marie-Agnès Poussier-Winsback maire de Fécamp et pourtant vice-présidente à la Région dans la majorité Morin car elle a choisi de suivre les horizons lointains du maire du Havre: quand on parle de... "châteaux adultérins"!

10e circonscription (Yvetot): Pascale Kéradec-Dujardin (LR).


 Bien entendu, la propagande électorale que nous commençons à recevoir dans nos boîtes aux lettres parle d'elle-même: en ouvrant la grande enveloppe blanche, avec son pavoisement aux léopards, le  tract du candidat "normand" soutenu par Hervé Morin tranche avec la paperasse de tous les autres candidats qui, fidèles à la logique d'une élection "nationale", font référence, pour le meilleur et pour le pire, à la polémique nationale ou au bilan du premier quinquennat Macron.

De ces affaires dites "nationales" on nous rebat les oreilles au quotidien dans les médias de grand chemin: même si certaines polémiques sont justifiées par l'urgence et certaines nécessités cruelles, tout cela est déprimant et les promesses présentées ou le bilan défendu par tel ou tel candidat semblent bien dérisoires.

Au contraire, le candidat "normand" parle à ses électeurs potentiels d'enjeux précis et concrets présents sur leur circonscription considérée non pas comme une partie inodore et incolore d'une représentation nationale idéale sinon artificielle de la République Française "une et indivisible" mais comme un morceau concret et sensible du plancher des vaches normandes, un "espace vécu", pour reprendre le beau concept forgé par le géographe Armand Frémont, l'un des pères intellectuels de l'unité normande contemporaine et dont l'oeuvre va faire l'objet d'un grand colloque universitaire à Caen à partir du 9 juin 2022.

Exemple édifiant avec le tract présentant la candidature de Jean-René Binet, 3ème circonscription de la Manche:

Binet1

Binet2


 Voir aussi:

https://www.ouest-france.fr/elections/legislatives/legislatives-droite-et-centre-font-fi-des-etiquettes-et-n-ont-plus-qu-un-parti-la-normandie-5c9d0174-c64a-11ec-9d59-fb23aa78f5fe

Législatives. Droite et centre font fi des étiquettes et n’ont plus qu’un parti : la Normandie

Le président Les Centristes de la Région Normandie, Hervé Morin, réunit dans un collectif les candidatures aux élections législatives de la droite et du centre sous la bannière « Normandie conquérante ». Après une élection présidentielle désastreuse pour leurs couleurs politiques, les candidats espèrent profiter de la dynamique de la majorité régionale. Les explications.

En l’espace d’un an, Hervé Morin a vécu l’ascenseur émotionnel devant les urnes. Valérie Pécresse, la candidate Les Républicains dont il était l’un des premiers soutiens, n’a remporté que 4,47 % des voix au premier tour de la présidentielle dans la région. Là où, dix mois plus tôt, il était réélu haut la main président de la Région Normandie avec plus de 44 % des suffrages.

« Nous sommes dans un contexte extrêmement particulier, marqué par une immense exaspération de nos compatriotes. Le Président a été élu d’abord par le rejet de l’autre candidate », analyse-t-il. Jamais avare de coups à l’égard d’Emmanuel Macron, durant le premier quinquennat, il rejette l’idée d’une « Assemblée nationale monocolore ».

Son objectif : mettre à profit la stratégie gagnante des régionales dans la campagne des législatives. Il l’a présentée mercredi 27 avril 2022, près de Caen.

En quoi consiste cette stratégie ?

En 2021, Hervé Morin s’était affranchi des partis pour sa liste composée de Républicains, Centristes mais aussi de MoDem macronistes. Il crée une nouvelle équipe cette année, avec quelques élus de sa majorité régionale (Sophie Gaugain, Jonas Haddad), une députée sortante (la LR calvadosienne Nathalie Porte), des élus locaux (Jean-René Binet, maire de Hauteville-sur-Mer, dans la Manche ; Bernard Soul, maire de Domfront dans l’Orne), candidats de la droite et du centre.

À l’heure du tour de table, pas un ne fait mention de son appartenance politique. Ils n’ont plus qu’un parti : la Normandie. Nom de code : Normandie conquérante, le nom de la liste d’Hervé Morin aux régionales.

Les étiquettes politiques sont-elles lourdes à porter ?

Coup de chaud, gesticulations nerveuses, la question agace. Comme le marié avec son alliance, « chacun fera ce qu’il voudra sur ses documents de campagne », balaie Hervé Morin. « Personne ne se cache de ses convictions », tance Jonas Haddad, patron des LR en Seine-Maritime. En cas d’élection, chacun pourra retrouver son groupe dans l’hémicycle.

Quelle ligne politique ?

Au lendemain de la réunion du comité stratégique des Républicains à laquelle il a participé, Hervé Morin est clair : son collectif est composé de personnes qui ne sont pas « solubles dans le Macronisme. Je veux sortir du schéma des députés aux ordres, fantômes dans leur circonscription ».

Combien de membres dans cette équipe ?

Vingt candidates et candidats ont été présentés mercredi. Plusieurs s’étaient déjà déclarés. Quelques-uns, comme Camille Margueritte-Rousvoal à Cherbourg ou Lynda Lahalle à Vire, avaient réservé à Hervé Morin la primeur de l’annonce.

Lui veut sur le terrain « des personnes enracinées dans leur territoire, capables de défendre la Normandie et les Normands comme les Bretons savent le faire ».

Et dans les huit circonscriptions restantes ?

« Seuls ceux qui pouvaient être présents aujourd’hui sont présentés », répond l’entourage d’Hervé Morin. Ce n’est pas la seule raison. Dans l’Orne, les sortants LR Jérôme Nury et Véronique Louwagie, qui avaient assisté il y a quinze jours à la réunion préparatoire, n’ont pas encore officialisé leur candidature. Pareil pour Philippe Gosselin, dans la Manche.

Seront-ils de l’aventure ? « Patience », répond d’abord Véronique Louwagie. Avant d’admettre que « l’unité et le collectif servent toujours les territoires. Aussi, ajouter des forces et des énergies pour ensemble, faire entendre la voix de la Normandie et de l’Orne est bénéfique ».

Dans le Calvados, Cédric Nouvelot (LR) devrait dire s’il tente de prendre la circonscription de Bayeux à LREM ce jeudi.

Quelles sont les priorités de la Normandie conquérante ?

« Celles auxquelles nous tenions pendant la campagne : le pouvoir d’achat, la sécurité, l’école, la remise à niveau de notre système de santé, une politique rurale digne de ce nom », résume Hervé Morin.

Quelle ambition ?

La droite a remporté cinq circonscriptions en 2017 (LREM, 17) mais n’en a plus que quatre : au Havre, la LR Agnès Firmin-Le Bodo est passée chez Horizons, le parti d’Édouard Philippe. « Nous partons avec un fort sentiment de confiance », appuie Hervé Morin, en meneur.

Quantifier le seuil du succès est plus délicat. « La détermination n’empêche pas l’humilité », nuance Sophie Gaugain.

Législatives. Droite et centre font fi des étiquettes et n’ont plus qu’un parti : la Normandie