Les réalités normandes seraient-elles en train de mettre une borne à une Macronie urbaine, techno et mondialisée qui n'aime vraiment pas la campagne qu'elle soit électorale ou normande ?

A lire ci-après, les dernières nouvelles d'Elisabeth Borne sur le plancher des vaches normandes: elles ne sont pas bonnes!

La question éolienne pourrait arbitrer le vote rural aux prochaines élections législatives...

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(Elisabeth Borne visitant un vide-greniers à Tury-Harcourt au pas de charge le 22 mai dernier: visiblement, Alain Tourret est essoufflé ! Dur dur de faire semblant de faire campagne...)


 https://www.bvoltaire.fr/eolien-sur-le-terrain-dans-le-calvados-elisabeth-borne-rame/

Éolien : sur le terrain, dans le Calvados, Élisabeth Borne rame !

Lorsque Élisabeth Borne visite le marché d'Aunay-sur-Odon, petite commune de la sixième circonscription du Calvados, en ce samedi ensoleillé, c'est l'élite parisienne qui vient vers la ruralité. À ses risques et périls... En témoignent les nombreux échanges qui s'y sont tenus entre de « vraies gens » qui mènent la « vraie vie » et une polytechnicienne techno que l'on sentait peu habituée à la confrontation inhérente à toute « vraie » campagne électorale...

Si la généalogie, sujet du moment pour la famille Borne (après le père israélite d'origine russe converti, sur Wikipédia, en une nuit, à la nationalité polonaise, merci au grand-père, maire de Livarot pendant la guerre...), peut être d'un grand secours au nouveau Premier ministre qui joue gros dans le Calvados, elle ne fait pas de miracles. Au menu du jour sur le marché : le pouvoir d'achat, les retraites, le sort des écoles hors contrat et l'implantation des éoliennes...

Un choc de deux univers, donc. Celui des élites décisionnaires incarnées admirablement pas cette technocrate peu habituée aux rencontres de terrain et les gens du terroir attachés à la conservation de leurs mœurs, de leurs coutumes et de leurs paysages. Quitte à sidérer encore bien des observateurs qui ne comprennent pas qu'on rejette une mondialisation à laquelle on n'a pourtant pas encore tout à fait goûté...

Car à l'instar de bien d'autres habitants de petites communes françaises éloignées des grands centres urbains, ces ruraux-là se savent encore privilégiés, tenus à l'écart des violences et autres réjouissances qui accompagnent les territoires du vivre ensemble. Ils tiennent à y rester et ne veulent pas de l'implantation de ces centres d'hébergement de clandestins que Paris tient à leur imposer. En témoignent ces très forts scores réalisés par le RN, parmi les plus élevés du département. De quoi inquiéter une Élisabeth Borne qui ferait bien de s'en soucier : aux dernières législatives, le candidat RN était arrivé en seconde position derrière le député LREM Alain Tourret malgré une forte abstention.

Une volonté de se préserver qui concerne aussi leur paysage sévèrement dégradé par les multiples parcs éoliens implantés et en projet qui provoquent les crispations. Même le député sortant Alain Tourret y voyait une certaine démesure : 83 parcs terrestres sont déjà en fonctionnement en Normandie et un vaste chantier de construction de 64 éoliennes en mer a débuté sur les côtes. « Un impact visuel, de jour comme de nuit, inéluctable, qui risque de nous faire perdre l’inscription à l’UNESCO », (ndlr: classement du site historique des plages du débarquement de 1944) dénoncent les opposants qui n'ont rien pu faire.

À en croire les échanges tendus des habitants venus pour parler à Élisabeth Borne ce samedi matin, le sujet est épineux, inflammable : « Ça détruit les paysages et ça ne crée pas d'emploi pour une production d'électricité microscopique et aléatoire », lance cet habitant d'Aunay-sur-Odon qui ajoute : « Quand les éoliennes ne tournent pas, on utilise la gaz russe ou le charbon allemand. » Ce à quoi Élisabeth Borne, peu à l'aise sur le sujet, n'a pu qu'acquiescer avant de se retrancher derrière cette réponse : « Il faut en discuter avec les riverains.» Les écologistes et les riverains floués apprécieront...

Mais l'idée du jour a germé dans la bouche de l'interlocuteur du ministre : « Pourquoi ne pas installer des éoliennes à Paris, le long de la Seine ? » Une proposition à laquelle les défenseurs des circuits courts ne peuvent que souscrire : quoi de mieux que d'assurer sur place le carburant aux trottinettes, voitures électriques et autres gadgets des bobos parisiens ? Quitte à laisser tranquilles les ruraux, rouleurs en diesel, lassés d'être les éternelles vaches à lait des idéologues à poil vert...


 Voir aussi: https://www.youtube.com/watch?v=ZcxSeKIJmzI

Lire aussi, pour un tout autre son de cloche...

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