... Avec Anne Hidalgo et Edouard Philippe dans l'Axe Seine parce que la SNCF sabote le rayonnement touristique de la métropole de Rouen. Parce que le Nouveau Maître de Rouen n'aurait pas été averti des initiatives de la SNCF consistant à faire passer d'abord les intérêts ferroviaires de la région parisienne avant ceux de la Normandie. Parce que le président de région Hervé Morin ne ferait rien tout en perdant son temps et le temps des Normands avec Valérie Pécresse...

Peut-être aussi parce que notre rossignol rouennais qui chante tout seul dans son coin dès qu'il s'agit de considérer la Normandie ne sait pas encore qu'il est le véritable cocu d'un Axe Seine qui ne sert que les intérêts du Grand Paris.

Si la SNCF fait passer EOLE avant la Normandie, Hervé Morin qui a bien fait de ne pas attendre la LNPN comme d'autres pensent attendre Godot, n'y est pour rien.

Certes! Rouen ne bénéficiera pas de trains durant tout le week-end de l'Ascension: c'est la marque même du mépris techno-parisien de la maison cheminote qui a toujours été d'humeur jacobine. Mais ce n'est pas en passant cette affaire au chemin-de-fer de la mesquinerie que les usagers Rouennais et Normands retrouveront leurs trains.


https://actu.fr/normandie/rouen_76540/pas-de-train-depuis-paris-pour-les-fetes-jeanne-d-arc-le-coup-de-gueule-du-maire-de-rouen_51172793.html

Pas de train depuis Paris pour les fêtes Jeanne d'Arc : le « coup de gueule » du maire de Rouen

conf-presse-nmr-960x640

L'interruption des trains entre Paris et Rouen pour le week-end de l'Ascension, du 26 au 29 mai, met en colère Nicolas Mayer-Rossignol qui alerte sur la situation du rail normand.

Depuis la gare de Rouen (Seine-Maritime), Nicolas Mayer-Rossignol « pousse un coup de gueule très clair », lundi 23 mai 2022. À l’origine de son courroux : l’interruption des trains entre Paris et la capitale normande lors du weekend de l’Ascension (du jeudi 26 au dimanche 29 mai), deuxième week-end des nouvelles fêtes Jeanne d’Arc, mais aussi lors du week-end des 25 et 26 juin, dates du festival Viva Cité, « deux événements majeurs pour l’attractivité et le tourisme dans notre territoire ».

Au-delà de ces perturbations, « le train en Normandie doit redevenir une priorité nationale », exige le maire de Rouen et président de la Métropole.

« Je n’ai même pas reçu un coup de fil ! »

En raison des travaux de prolongement du RER E vers Mantes-la-Jolie (Yvelines), la SNCF va couper le trafic ferroviaire sur la ligne Paris-Rouen-Le Havre, entre les gares de Mantes et Val-de-Reuil (Eure), du jeudi, 12 heures au dimanche, 16 heures.

Un service de substitution par car sera mis en place le vendredi et le samedi pour rejoindre Rouen. En outre, quelques trains en provenance ou à destination du Havre seront détournés via Serqueux-Gisors entre Paris et Rouen. Avec, dans les deux cas, des temps de trajets nettement rallongés, comme le constate cette internaute :

Des perturbations similaires sont à prévoir les 25 et 26 juin.

« Qu’il y ait besoin de faire des travaux, tout le monde peut le comprendre. La moindre des choses est d’en parler un peu en amont aux élus directement impactés, tacle Nicolas Mayer-Rossignol. Je n’ai même pas reçu un coup de fil, c’est scandaleux ! »

Du côté de la SNCF, on assurait, lors d’un point presse organisé vendredi 20 mai, avoir informé élus locaux et associations d’usagers sur ces travaux « dès novembre 2021 », « en comités de territoires ».

Moins de touristes étrangers ?

Même exaspération dans les propos de Christine de Cintré, conseillère municipale et présidente de Rouen Normandie tourisme et congrès, par ailleurs candidate aux législatives : « Les collectivités se décarcassent au quotidien pour faire rayonner nos villes, la métropole. À travers les Vitrines de Rouen, ce sont 500 commerçants qui vont participer aux fêtes Jeanne d’Arc, l’office de tourisme a mis toute son énergie pour proposer de nouvelles visites. Ça gâche le travail de toutes ces forces vives du territoire qui tentent de faire des choses ensemble. »

Et l’élue locale d’insister sur « la figure nationale et même internationale » de Jeanne d’Arc pour déplorer l’impact négatif sur la venue de touristes étrangers, notamment américains.

La frustration n’est pas moins grande chez Luce Pane. La maire de Sotteville-lès-Rouen, où se tient Viva Cité, s’insurge de voir ce festival des arts de la rue traité avec « indifférence » alors qu’il s’agit d’une « manifestation conséquente » (environ 100 000 visiteurs), qui « promeut l’accès à la culture pour tous ».

La « situation inacceptable » du rail normand

Plus globalement, Nicolas Mayer-Rossignol dénonce la « situation inacceptable » du rail normand : « Les trains sont moins nombreux, les horaires moins adaptés, la régularité et les tarifs moins bons. Les habitants de notre métropole sont directement touchés, à commencer par les navetteurs. »

Et le maire de Rouen de regretter que « des projets comme la nouvelle gare rive gauche, la ligne nouvelle Paris-Normandie [LNPN], le réseau express métropolitain, qui sont cohérents avec l’intention écologique affichée par le nouveau gouvernement, ne soient pas prioritaires ».

Le train en Normandie a pris un très gros train de retard et c’est de pire en pire.

Nicolas Mayer-Rossignol Maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie

« Il n’y a pas de portage par les élus locaux, fustige l’édile socialiste. Valérie Pécresse [présidente de la Région Île-de-France, NDLR] ne veut pas de la ligne nouvelle Paris-Normandie et je n’ai jamais reçu un courrier d’Hervé Morin [président de la Région Normandie, NDLR] m’invitant à rejoindre le club des Normands qui veulent la LNPN. »

Alors, « pour porter le sujet de la LNPN » auprès du gouvernement, Nicolas Mayer-Rossignol prévoit, « à la fin de l’été », une initiative commune avec Édouard Philippe et Anne Hidalgo, ses homologues du Havre et de Paris. « Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera », conclut le maire de Rouen.


 Commentaire de Florstan:

Il faudrait que Nicolas Mayer-Rossignol cesse de nous prendre pour des imbéciles au sujet de la Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN)  dont on parle depuis 2011 (et beaucoup moins depuis quelques années) pour une réalisation toujours repoussée aux calendes grecques d'ici 2030 voire au-delà...

Pourquoi?

Parce que l'architecture retenue est extrêmement coûteuse puisque il s'agit d'opérer le franchissement sous-fluvial de la Seine de la rive gauche vers la rive droite et Le Havre par un tunnel de base de plusieurs kilomètres à creuser sous le méandre rouennais de la Seine entre la future gare de Saint-Sever-Rive-Gauche et Maromme ou Barentin sur la rive droite: la longueur de ce tunnel s'explique par l'importance du dénivelé à rattrapper pour une sortie des voies de la future LNPN dans un plateau de Caux déjà soumis à bien d'autres contraintes d'aménagement au point que les élus du secteur, à commencer par un certain... Christophe Bouillon, ancien député et maire socialiste de Barentin, étaient farouchement contre cette option. Rien que pour percer ce tunnel rouennais qui vaut bien les tunnels du futur Grand-Paris, il faudrait au moins... un milliard d'euros!

Il y avait bien pourtant une autre option moins coûteuse et plus efficace que nos lecteurs connaissent déjà qui aurait consisté à franchir la Seine dans l'estuaire au moyen de caissons de béton immergés dans une tranchée ménagée dans le fond sous-marin à quelques enclâbures en amont du Pont-de-Normandie: c'était le fameux "scénario C" vainement présenté lors du débat public sur la LNPN durant l'hiver 2011. Mais comme les élus socialistes rouennais de l'époque voulaient à tout prix de faire de Rouen le carrefour ferroviaire obligé de toute la Normandie, le scénario le plus coûteux et le moins favorable au niveau technique a été retenu: résultat ? la LNPN est, aujourd'hui, pour ainsi dire, quasi enterrée... C'est le cas de le dire!

Mais il y a peut-être aussi une autre raison, plus politique celle-là, au fait que la LNPN et, en général, les grandes urgences soi-disant d'intérêt national, de l'Axe Seine soient sortis des radars gouvernementaux parisiens:

Il est très probable que l'actuel locataire de l'Elysée qui est reparti pour cinq ans de plus, ne voit pas d'un oeil très favorable la mise en place progressive d'un corridor Paris-Rouen- Le Havre qui pourrait servir les intérêts politiciens d'un Edouard Philippe maire du Havre et ancien Premier ministre qui se positionne pour la présidentielle de 2027.

Moralité?

Dans cette aventure, de l'intérêt national ou de l'intérêt général normand il n'est nullement question...


 

Fort heureusement, à l'autre bout de la Normandie, à Cherbourg, les nouvelles ferroviaires sont plus encourageantes:

https://www.ouest-france.fr/economie/transports/le-ferroutage-cherbourg-mouguerre-est-sur-les-rails-02c602b8-db71-11ec-84fd-0d1f31a3fa84

Le ferroutage Cherbourg-Mouguerre est sur les rails

​La concertation publique commencera le 20 juin 2022. C’est dire si le projet de ferroutage Cherbourg-Mouguerre est sur la bonne voie. Une bonne nouvelle environnementale et économique à Cherbourg-en-Cotentin (Manche).

La bonne nouvelle. Environnement, économie, sécurité routière : voilà ce qui retient l’attention dans ce projet de ferroutage entre Cherbourg-en-Cotentin, dans la Manche, et Mouguerre (Pyrénées-Atlantiques). Chaque année, à partir de la mi-2024, 25 000 remorques de camions voyageront par le rail, le trajet prendra entre seize et dix-sept heures (moins que par la route).

Une remorque représentant 1 000 t de CO² dégagées dans l’atmosphère, le calcul est vite fait pour constater que le train est plus vertueux que la route. Un aller-retour par jour, avec en moyenne l’équivalent de 44 camions par train, c’est neuf fois moins de gaz à effet de serre relâchés et six fois moins d’énergie consommée pour la même distance.

Une cinquantaine d’emplois créés

Le projet créera une cinquantaine d’emplois, dont dix sur le port. « Cela va donner une nouvelle dimension au port de Cherbourg, se félicite Benoît Arrivé, le maire, qui présentait le projet à son Conseil municipal ce 24 mai 2022. Il va acquérir un rôle nouveau dans les échanges entre nord et sud de l’Europe et l’idée est de faire basculer vers nous les transporteurs habitués à d’autres ports. »

Merci au Brexit. Le Brexit a accéléré le processus. En 2019, 35 000 remorques transitaient entre Irlande et Cherbourg, 20 000 entre Royaume-Uni et Cherbourg. En 2021, le trafic Royaume-Uni avait chuté à 5 000 et triplé au départ ou à l’arrivée de l’Irlande (le port de Rosslare a augmenté de 400 % son activité vers la France), avec 50 % de remorques non accompagnées d’un chauffeur. 50 % de poids lourds qui transitaient auparavant par le détroit du Pas-de-Calais (280 000 par an) ont changé d’itinéraire.

Limiter les nuisances extérieures

Le chantier. Le dossier ne nécessite pas de passer, comme pour les projets éoliens offshore ou la piscine EDF, par la Commission nationale du débat public. Il impose en revanche l’ouverture d’une concertation publique, qui durera du 20 juin au 15 juillet 2022.

Il s’agira d’un chantier d’importance, mais pour lequel les acteurs (Région, Brittany Ferries et SNCF réseau) s’emploient à limiter les nuisances extérieures. Les trains, de 750 m de long, passeront à 11 h et 19 h 15. En 4,30 minutes, leur impact sur la circulation doit être résorbé. Et, au pire, un passage ralentira la circulation à Cherbourg de 3,20 minutes d’ouest en est et de 2,30 minutes d’est en ouest. L’aspect sonore a également été étudié : plus 18 décibels au maximum pendant trois minutes.

Enveloppe de 60 millions d’euros

Pourquoi Ports de Normandie a-t-il opté pour Cherbourg ? « C’est le seul terminal facilement connecté au ferroviaire, assure Philippe Deiss, son directeur général. Le Havre fait passer par Paris, où le trafic est déjà très encombré ; à Ouistreham, la voie ferrée d’accès passe du mauvais côté du canal de l’Orne et on a chiffré les travaux à un milliard d’euros. »

Le coût de l’opération Cherbourg – Mouguerre est d’environ soixante millions d’euros. Sept millions à la charge de Ports de Normandie (60 % par la Région, 30 % pour le Département et 10 % pour la Communauté d’agglomération du Cotentin) dont 1,4 million financé par l’État ; Brittany Ferries achètera 40 wagons à la société française Lohr (300 000 € l’unité) et déboursera en tout environ 20 millions (aménagement du terminal de Mouguerre) ; SNCF réseau dépensera 36 millions d’euros.