Pas seulement en "mode pause" comme l'affirme avec sa lucidité habituelle l'excellent Bertrand Tierce, observateur historique de la vie publique et institutionnelle normande dans la dernière édition de sa "Chronique de Normandie" (n°745) mais réellement en panne car le couple Etat-Région ne fonctionne pas.

Non pas à cause de la région dont le projet pro-actif normand est porté avec volontarisme par Hervé Morin qui revient enfin sur son terrain normand après une expérience amère suit à un accident industriel politique en région parisienne, mais à cause de l'Etat central macronien qui, visiblement, a décidé de confiner le fait régional dans l'un de ses nombreux angles morts:

Il est vrai que lorsque l'on se concentre sur la provincialisation de la France dans l'union européenne on n'a plus le temps ni les moyens de penser à l'avenir spécifique des provinces de France...

Pour revenir au cas spécifiquement normand, on ajoutera comme pour aggraver la situation, que la Normandie n'a pas pu négocier les contractualisations nécessaires avec l'Etat (contrat Etat-région et contrat de l'Axe Seine) en raison de l'instrumentalisation politique de cet enjeu: méfiance pour un pouvoir régional trop fort et politiquement opposé du côté de l'Elysée et refus du côté d'Hervé Morin de signer un projet de contrat jugé peu ambitieux pour l'université normande par le président de notre région.

A ce blocage s'ajoute l'incertitude institutionnelle et décisionnelle liée aux changements en cours à la tête de l'Etat suite aux élections présidentielles mais aussi la persistance néfaste des deux principaux défauts de la Normandie institutionnelle et politique:

1) Le localisme

2) L'absence d'une classe politique régionale réellement attachée à la défense de l'intérêt général normand à la notable exception d'Hervé Morin...

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