Billet de Florestan:

QUELLE DECEPTION !

Le 24 février dernier, la Région Normandie a fait savoir qu'elle renoncerait à la poursuite du programme ambitieux de financement d'une recherche universitaire en sciences humaines authentiquement indépendante et normande et demande aux laboratoires universitaires normands concernés d'avoir davantage recours aux partenariats financiers avec les entreprises privées avec le risque d'une certaine diminution du champ de la recherche.

En 2014, le célèbre philosophe normand Michel Onfray émettait un doute sur le dynamisme futur de la réunification car "les Normands ne s'aiment pas". Il n'avait pas tort sur le constat et nous nous souvenons de lui avoir répondu que les Normands ne commenceront à s'aimer et à être fiers d'eux-mêmes que lorsqu'ils auront appris à mieux à se connaître, lorsque les décideurs de la société civile régionale auront apprivoisé la Normandie telle qu'elle et les Normands tels qu'ils sont avec leurs formidables atouts mais aussi des faiblesses aggravées par le passif de quelques cinquante années passées dans la division régionale et la médiocrité localiste.

Archive de l'Etoile de Normandie (8 novembre 2014):

http://normandie.canalblog.com/archives/2014/11/08/30916402.html

Consciente de la nécessité qu'avaient les Normands à mieux se connaître pour se réapproprier la Normandie, la Région avait décidé de financer la recherche universitaire normande en sciences humaines et permettre ainsi à de jeunes chercheurs normands de faire leur doctorat à Caen, Rouen ou Le Havre sans avoir à s'exiler. C'était aussi, de la part du nouvel exécutif régional normand faire preuve d'un certain volontarisme pour faire remonter la Normandie universitaire au niveau des moyennes nationales...

Mais sur ce sujet comme hélas sur d'autres, nous craignons d'avoir à penser que Morin 2 ne ressemble pas à Morin 1 au point que le second se trouve tenté d'oblitérer le premier pour de bien mauvaises raisons: d'ailleurs, dans ce qui nous concerne ici, on aimerait bien les connaître...

Aussi, il ne faudrait tout de même pas que Morin finisse comme... Macron: nous espérons que cette brutale mesure dénoncée à juste titre par notre ami Arnaud Brennetot, enseignant chercheur en géographie à l'université de Rouen et ancien membre du collectif des géographes universitaires normands qui, de 2010 à 2016, s'était mobilisé pour la réunification de notre région, n'a pas été inspirée par un... cabinet de conseil !

Morin ne saurait être comme Macron ! Un mac qui ne sait rien des... Normands !


 

https://www.linkedin.com/posts/arnaud-brennetot-79488a39_lettre-ouverte-aux-%C3%A9lus-normands-activity-6916838598180790272-Ymmb/?utm_source=linkedin_share&utm_medium=android_app

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Le Conseil Régional de Normandie veut sanctionner les Sciences Humaines et Sociales... et pénalise les étudiants les plus prometteurs !

Depuis le 24 février dernier, la Région Normandie a fait connaître son souhait de sanctionner les Sciences humaines et sociales (SHS) présentes sur son territoire en réduisant le nombre de contrats de thèses, pénalisant directement les étudiants les plus motivés par des recherches doctorales en Normandie.

Alors que la préparation du concours est engagée depuis plusieurs mois, le numerus clausus décidé par la Région, de façon soudaine et unilatérale, conduit en effet à réduire de 40 % les chances pour les étudiants normands d’obtenir une allocation régionale pour réaliser une thèse en SHS. Plusieurs étudiants se voient ainsi privés brutalement de poursuites d’études vers le doctorat.

Refusant que des étudiants puissent être pris en otage, 25 laboratoires et 4 écoles doctorales demandent aux élus régionaux de rétablir pour l’année 2022 le nombre de contrats doctoraux alloués habituellement aux étudiants en SHS.

Face aux demandes répétées depuis plusieurs semaines à ce sujet, la Région reste à ce jour inflexible, ajoutant un nouveau reproche aux SHS, désormais accusées de ne pas obtenir assez de cofinancements avec des partenaires tiers (entreprises, établissements publics, etc.). Cet argument omet que de tels cofinancements sont souvent réservés aux organismes disposant des capacités financières importantes, aux grandes entreprises, aux intercommunalités les plus puissantes ou aux centres de recherche les mieux pourvus. Or, de tels organismes n’engagent des recherches que dans les thématiques qui les intéressent, attendant des retours sur investissement et laissant à l’écart quantité d’autres questions que des partenaires moins fortunés sont incapables de prendre à leur charge (petites collectivités ou PME, syndicats, associations d’utilité publique, etc.).

Quelle grande entreprise a déjà financé des thèses sur des questions telles que les crises de la démocratie contemporaine, la résilience des sociétés face aux crises globales ou les œuvres littéraires du patrimoine normand ? Par ailleurs, les SHS abordent souvent des questions socialement sensibles (les inégalités, les risques, les conflits, les controverses ou les injustices par exemple) qui exigent une indépendance politique et économique à l’égard des objets et des acteurs qu’elles étudient, ce que les cofinancements interdisent de fait.

La Région Normandie a fait le choix en 2016 de déployer un dispositif exceptionnel et ambitieux pour le financement de thèses régionales, garantissant indépendance et excellence scientifiques. Elle souhaite aujourd’hui y renoncer pour réorienter ses financements en faveur de l'innovation industrielle. Ce choix politique ne saurait se faire en changeant les règles d’un concours de façon brutale et au détriment d’étudiants dont la seule erreur aurait été d’avoir fait confiance à la Région Normandie.


 

Lire, ci-après, la lettre ouverte signée par plusieurs universitaires normands envoyée aux conseillers régionaux:

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