Billet de Florestan:

Entre la justice et la vengeance il faut mettre la vérité et dans l'espace de la vérité, le temps passant qui ne saurait être le temps de l'oubli, le pardon pourrait advenir.

Nous présentons cette hypothèse car c'est la seule possible lorsqu'on l'on est authentiquement chrétien, cette religion qui reste la plus persécutée dans le monde parce que les valeurs du christianisme sont à l'opposé de celles du monde où ne vaut, de près ou de loin, que la violence de la loi du plus fort: la force de la non violence s'opposant à la violence, le pardon extirpant des coeurs le poison de la vengeance, le surhomme chrétien (pour parler comme Nietzsche) les trouve dans une inébranlable paix intérieure qui est joie d'avoir le Christ vivant comme ami, comme véritable compagnon de vie...

Le pardon, la non violence, un "jihadiste" qui plus est, un apprenti "jihadiste" ne peut pas comprendre... Pis! Cela peut exciter leur haine lorsqu'ils s'aperçoivent que leur violence est vaine face au martyr chrétien qui leur oppose une force plus grande.

Le Père Hamel qui était la douceur même et qui était un acteur localement respecté et apprécié de tous du dialogue inter-religieux entre le Christianisme et l'Islam, a opposé cette force supérieur au bras humain armé d'un couteau: "Arrière Satan!" avait-il eu la force de crier avant de mourir devant son autel alors qu'il servait la messe.

Cet assassinat épouvantable qui nous ramenait des siècles en arrière puisqu'il faut remonter au temps des Guerres de religion du XVIe siècle ou génocide vendéen des années 1793-1794, pour retrouver mention d'un prêtre assassiné dans une église, avait ébranlé la Normandie et la France toute entière...

Je me souviens d'avoir assisté aux obsèques du Père Hamel dehors, sur le parvis de la cathédrale primatiale de Normandie, Notre-Dame de l'Assomption de Rouen:

Mgr Lebrun avait parfaitement joué son rôle d'apaiser une société civile toute entière et dans l'espace d'un office funèbre, la cathédrale de Rouen avait réunifié la Normandie dans la Paix et la concorde civile: ce fut là, à n'en pas douter, le premier miracle du Père Hamel qui fait l'objet d'un autre procès alors que s'ouvre le procès des complices de ses assassins...

Le Père Hamel doit, en effet, être déclaré "bienheureux" très prochainement par l'Eglise catholique romaine:

https://www.nicematin.com/religion/le-dossier-de-beatification-du-pere-hamel-egorge-dans-son-eglise-examine-au-vatican-745783

Père Jacques Hamel


 

https://www.lepoint.fr/societe/le-proces-de-l-assassinat-du-pere-hamel-par-des-jihadistes-s-est-ouvert-a-paris-14-02-2022-2464777_23.php

Au procès de l'assassinat du père Hamel par des jihadistes, une volonté de "comprendre"

Près de six ans après l'assassinat du père Hamel en pleine messe, à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), les victimes et leurs proches espèrent que le procès qui s'est ouvert lundi à Paris aidera à la "compréhension" de cet attentat jihadiste, en dépit de l'absence des principaux responsables et de témoins-clé.

Les deux jeunes assassins, Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, 19 ans tous les deux, qui se réclamaient du groupe État islamique (EI), avaient été tués par la police à leur sortie de la petite église de la banlieue de Rouen, le 26 juillet 2016.

Proches des accusés, les trois hommes présents dans le box de la cour d'assises spéciale de Paris, Jean-Philippe Jean Louis, Farid Khelil et Yassine Sebaihia, comparaissent pour "association de malfaiteurs terroriste" et encourent trente ans de réclusion criminelle.

Ils sont soupçonnés d'avoir été au courant de leurs projets, d'avoir partagé leur idéologie ou tenté de rejoindre la Syrie.

Le quatrième accusé, Rachid Kassim, instigateur présumé de l'attaque, sera jugé en son absence. Ce propagandiste français de l'EI est présumé mort dans un bombardement en Irak en février 2017. Il est le seul à être mis en examen pour complicité de l'assassinat du prêtre et la tentative d'assassinat d'un paroissien, accusé d'avoir "sciemment encouragé et facilité le passage à l'acte" des deux jihadistes.

"Dérobade"

Présent lundi à l'audience, Guy Coponet, qui assistait à la messe avec sa femme et avait été grièvement blessé, a souhaité que le procès permette "que ça se termine de bonne façon".

Aujourd'hui âgé de 92 ans, il "veut comprendre, à travers le procès, comment des jeunes tout juste sortis de l'adolescence en sont arrivés à commettre de telles horreurs", avait expliqué à l'AFP son avocat, Me Méhana Mouhou.

En revanche, les trois religieuses aussi présentes à la messe ont fait parvenir un certificat médical attestant qu'elles n'étaient pas en état de venir témoigner.

"On attend que la vérité soit dite sur le manque de moyens qui n'a pu être donné aux forces publiques pour éviter ce massacre sur le corps de mon frère", a déclaré lundi l'une des soeurs du père Jacques Hamel, Roseline.

L'un des assassins, Adel Kermiche, était placé sous bracelet électronique au moment de l'attentat, après un départ avorté vers la Syrie.

La direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris avait aussi été mise en cause car, selon un article paru en 2018 dans Mediapart, ses enquêteurs avaient eu accès une semaine avant l'assassinat

à des messages du jeune homme sur la messagerie cryptée Telegram où il évoquait une attaque dans une église.

Mais sur les cinq agents de ce service cités à témoigner par un avocat des parties civiles, quatre ne sont "pas aptes psychologiquement à être entendus lors du procès", selon des certificats médicaux cités par le président de la cour. La directrice du renseignement a proposé de venir déposer à leur place, les disant pour certains "brisés psychologiquement" par cette affaire ainsi que par l'attentat survenu en 2019 dans les locaux de la préfecture de police.

"Nous voulons comprendre" si l'attentat aurait pu être évité, a insisté Me Mouhou, craignant "un procès qui ne sera pas définitivement purgé", tandis que Francis Szpiner, avocat de plusieurs proches du prêtre assassiné a regretté une "dérobade" des policiers qui risque d'"alimenter un sentiment de suspicion".

"L'excuse qui est offerte, à savoir que les quatre policiers cités, chargés du renseignement, chargés de la sécurité du pays, seraient à ce point affectés (...) qu'ils ne pourraient pas se déplacer jusqu'ici, franchement c'est très difficile à entendre pour les parties civiles, qui elles aussi ont vécu le drame d'un attentat", a regretté Christian Saint-Palais, avocat de Roseline Hamel, à la suspension d'audience.

La cour décidera ultérieurement si elle passe outre ou non à leur audition.

L'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, s'est lui interrogé auprès de l'AFP sur la responsabilité des trois accusés "détenus depuis cinq ans": "Sont-ils coupables ? De quoi ?"

Pour Béranger Tourné, avocat de Jean-Philippe Jean Louis, la réponse est claire: ces trois accusés ne sont "que trois lampistes (...) que l'on tente de raccrocher" de façon artificielle à l'attentat.

Ils nient tous avoir eu connaissance des projets d'action violente des deux assassins.

L'audience est prévue pour durer près de quatre semaines.


 

Commentaire de Florestan:

HALTE A LA SOUMISSION !

Symboliquement, la double identité catholique et laïque de la France a été violemment frappée par le jihadisme de l'islam radical qui fait ouvertement la guerre à ce que nous sommes car à l'égorgement du prêtre Hamel répond, trois ans plus tard, l'égorgement du professeur Paty.

Au-delà d'une spiritualité chrétienne héroïque face à toute violence, se pose de plus en plus la question politique des réponses à apporter à la menace bien réelle de l'islam radical dont le jihadisme est la forme la plus cruelle: les services de renseignement et de police sont sur les dents...

En 2021 une petite quarantaine de projets d'attentats meutriers ont été déjoués par la police: 36 venaient de l'islam radical.

Dans ces conditions, la poursuite du dialogue inter-religieux entre le christianisme et l'islam s'avère nécessaire sinon essentiel pour que les Musulmans de France assument pleinement et sans crainte qu'ils sont d'abord de France.

Mais il faudra être plus exigeant: on ne saurait, par exemple, tolérer un espace de prière réservé au chant du Coran dans une grande... église parisienne si l'inverse, à savoir chanter des cantiques chrétiens ou annoncer l'Evangile, n'est toujours pas possible dans une mosquée!

Il faudra aussi que l'Islam de France fasse aussi le grand ménage chez lui: les Frères musulmans sont interdits en Tunisie ou en Egypte... Pourquoi ne le seraient-ils pas en France ou en Europe? Toutes les mosquées professant l'islam radical ou n'ayant pas clairement renoncé au séparatisme des moeurs ou au recours à la violence religieuse doivent être fermées et toutes les associations culturelles qui les abritent dissoutes.

Les prédicateurs islamistes fichés "S" de nationalité étrangère doivent tous être expulsés de notre territoire: il y a urgence à organiser enfin les institutions d'un Islam de France mais il est encore plus urgent de détruire maintenant le redoutable pouvoir de nuisance et d'influence de l'islam radical sur l'islam de France. De près ou de loin, l'islam frériste et salafiste exerce un terrorisme intellectuel et moral redoutable sur les musulmans français: l'imam Chalgoumi de la mosquée de Drancy en sait, hélas, quelque chose. Il vit sous protection policière permanente, sa famille a été mise au secret à l'étranger et sa crainte est de finir comme le... Père Hamel ou comme le professeur Paty!

Par ailleurs, on ne saurait tolérer davantage toutes les diverses marques de soumission institutionnelle à l'égard du combat culturel actuellement mené par les Frères musulmans ou les salafistes qui préparent le terrain au développement d'un Islam conquérant à partir d'une ré-islamisation ou d'une néo-islamisation de certaines populations d'origine musulmane qui étaient, il y a vingt ou trente ans, en train de s'intégrer au cadre civilisationnel français et européen: la tactique, perverse sinon scélérate, est bien connue puisqu'elle utilise les méthodes de la gauche révolutionnaire des années 1960-1970 consistant à instrumentaliser l'état droit libéral occidental tout en culpabilisant l'opinion publique française et européenne.

Mais, disons-le sans détour: une certaine cécité idéologique, notamment à gauche, fournit quelques redoutables bataillons d'idiots utiles et cette véritable "cinquième colonne" a du sang sur les mains!