Car ils n'ont toujours pas compris que la préservation, la sauvegarde, l'entretien et la valorisation du patrimoine architectural, historique, artistique et culturel est d'une importante capitale, vitale et stratégique si l'on veut développer une économie territoriale puissante, non délocalisable, qualitative et attractive pour tous les autres secteurs d'activité:

La Normandie, région-province historique éminente et identifiée dès le XIXème siècle comme province patrimoniale, dispose malgré tous les ravages des 80 dernières années (Seconde guerre mondiale et modernisation brutale des années qui ont suivi), d'un patrimoine exceptionnel par sa densité et sa qualité.

Répétons-le, le patrimoine en Normandie n'est pas une charge encombrante mais une ressource sinon l'une des principales ressources de notre économie régionale:

Le patrimoine c'est le pétrole de la Normandie!

Alors quand un château du XVIIe siècle classé MH brûle totalement ou quand une église brûle chaque semaine en France, il est temps, plus que temps de tirer la sonnette d'alarme (cela a déjà été fait et la corde nous reste dans la main...) et d'envisager une réforme profonde des politiques publiques de l'Etat qui, officiellement, sont en charge de protéger ce patrimoine en péril: car une protection administrative ne permet pas de prévenir un incendie.

Le magnifique château d'Aunay-les-Bois (Orne) datant du XVIIe siècle, n'est plus!

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Hervé Morin a nommé Edouard de Lamaze, "monsieur patrimoine normand": on attend sa venue au chevet de cet élément disparu du patrimoine normand, un de plus!


 [Photos+vidéo] Orne. Un château du XVIIe siècle ravagé par les flammes (tendanceouest.com)

[Photos+vidéo] Orne. Un château du XVIIe siècle ravagé par les flammes

Incendie. Le château d'Aunay-les-Bois, construit au XVIIe siècle et classé monument historique, a été totalement détruit par les flammes dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 décembre.

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Comme on pouvait s'y attendre, les dégâts sont considérables et les pertes patrimoniales définitives puisque l'ensemble du mobilier et du décor artistique intérieur a disparu ou presque!


 

L'article à lire ci-dessous est consternant!

1) On ne dit mot de l'essentiel: que reste-t-il du mobilier et du décor de ce château du XVIIe siècle? Des meubles et des tableaux ont-ils pu être évacués et sauvés du feu?

2) La DRAC Normandie sur le grill botte en touche à la fin de l'article: les propriétaires n'avaient pas fait appel à l'administration et ses services spécialisés pour entretenir et sécuriser un monument classé depuis 1971. On a envie de poser la question: POURQUOI? Et on a envie de répondre par une autre question: Qui est suffisamment masochiste en France pour vouloir s'emmerder avec la bureaucratie de l'Etat français?

3) Moralité: une protection au titre des Monuments Historiques ne protège en rien un monument contre les incendies et les bureaucrates de la DRAC Normandie ne sont que les notaires et greffiers de la disparition du patrimoine normand en péril!

https://actu.fr/normandie/aunay-les-bois_61013/incendie-du-chateau-d-aunay-les-bois-toiture-calcinee-cheminees-ecroulees-les-degats-sont-considerables_47085892.html

Incendie du château d'Aunay-les-Bois. Toiture calcinée, cheminées écroulées... les dégâts sont "considérables"

Au lendemain de l'incendie qui a détruit la quasi-totalité du château d'Aunay-les-Bois, la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) liste les dégâts "considérables".

Après plus de 15 h de lutte contre les flammes et les reprises de feu, les pompiers ont quitté, en fin d’après-midi, la clairière où se situe le château d’Aunay-les-Bois (Orne), victime d’un terrible incendie dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 décembre 2021.

Pour les proches du propriétaire et pour les spécialistes, le temps du bilan a immédiatement commencé. Certes attendu, le constat est terrible.

Il ne reste quasiment plus rien du château, dont les façades et les toitures sont classées au titre des monuments historiques depuis 1971.

Seule l’une des quatre tours a conservé sa toiture

Anne Chevillon, l’Architecte des bâtiments de France (ABF) de l’Orne, déjà sollicitée par les pompiers durant la nuit de l’incendie pour « permettre des constatations architecturales des destructions, obtenir des informations techniques sur l’édifice et sur les objets à évacuer, à isoler et à préserver », est revenue sur place lorsque le feu était éteint et le danger éloigné pour effectuer des « constatations effectives« , rapporte la Direction régionale des Affaires culturelles (Drac) de Normandie.

Et « les dégâts engendrés par l’incendie sont considérables », rapporte le service du ministère de la Culture.

La quasi-totalité de la toiture a été détruite et s’est effondrée.

Seule l’une des quatre tours qui encerclent le château, celle située au nord-est, a conservé sa toiture. Par ailleurs, « les planchers ont brûlé sauf dans la tour nord-est, le pavillon sud-ouest et les planchers hauts des caves ».

Si les structures verticales « sont en partie conservées jusqu’à hauteur des égouts de toiture », quatre des six très hautes souches de cheminées se sont écroulées, dont deux durant l’après-midi du mercredi 8 décembre, une fois l’incendie maîtrisé.

La chute de ces cheminées a entraîné « d’autres désordres sur leur passage » et « aggravé la masse des gravats reposant sur le plancher haut de la cave ».

Au niveau du toit, « deux lucarnes ont aussi disparu » et « celles qui restent sont très instables ».

« Les façades devraient pouvoir être conservées »

La masse des gravats accumulés au niveau du rez-de-chaussée « dissimule quelque peu les murs porteurs qui semblent encore en place ».

Ces derniers « jouent un rôle important pour assurer une certaine rigidité aux façades, qui, quoique bien dégradées, devraient pouvoir être conservées », estime la Drac dans ce premier bilan.

Restaurer l’édifice ?

Avant l’incendie, ce château « était estimé dans un état de conservation moyen », indique la Drac, « la façade nord souffrant d’infiltrations à l’égout de la toiture ».

Mais l’édifice « n’avait pas fait l’objet de travaux importants depuis sa protection, les propriétaires n’ayant pas sollicité l’Udap (unité départementale architecture et patrimoine – ministère de la Culture) pour des conseils ou aides financières ».

Pour le service du ministère de la Culture, « la question qui se pose à présent est : est-ce que le propriétaire aura la volonté, l’envie et les moyens de restaurer l’édifice ? »

Pour cela, « il semble nécessaire de restituer des structures porteuses horizontales et vraisemblablement verticales ».

"Tout dépend de la valeur d’assurance du monument, du montant de la prise en charge par l’assurance, de l’évaluation de son niveau de vétusté et des conséquences de l’enquête", confiée à la gendarmerie.

Drac de Normandie

« La Drac, si elle est sollicitée, pourra contribuer à cette restauration dans la limite de ses obligations réglementaires », fait elle savoir.