Annonce de la fusion en 2023 de l'Orchestre Régional de Normandie et de l'Orchestre de l'opéra régional de Rouen...

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Rétropédalage de Madame Catherine Morin-Desailly, sénatrice centriste de la Seine-maritime, conseillère régionale de Normandie, ancienne présidente de la commission Culture du Sénat, future ministre de la Culture mais encore présidente de la commission Culture du conseil régional de Normandie tout en n'étant pas la vice-présidente en charge dans l'exécutif régional car c'est Patrick Gomont, le maire de Bayeux, qui s'y colle officiellement: d'ailleurs, on ne sait toujours pas ce que pense de tout cela le vice-président normand en charge de la culture. Monsieur Gomont a-t-il l'oreille absolue?

A-t-il entendu comme nous tous la cacophonie normande en cours?

Question corrolaire: Monsieur Joël Bruneau, le maire de Caen, est-il... mélomane?

La Régente Catherine, notre diva de la politique culturelle normande, après la bronca générale suscitée du côté de Caen par la fausse note d'il y a quelques jours, concède un la bémol mineur. Le chef d'orchestre Hervé Morin semble revenir en arrière sur la fusion annoncée car la conscience lui revient du fait que la clef de sol ou de fa de la réussite pour interpréter harmonieusement la partition de la symphonie normande réunifiée, est dans le respect de la balance entre Caen et Rouen.

https://www.relikto.com/une-concertation-avant-le-rapprochement-des-deux-orchestres-normands/

Une concertation avant le rapprochement des deux orchestres normands

par | 29 novembre 2021 | A la une, Vie culturelle

Dans le cadre de sa politique musicale, la Région Normandie souhaite un rapprochement des deux orchestres, celui de l’Opéra de Rouen Normandie et l’Orchestre régional de Normandie, basé à Mondeville. Elle entame une année de réflexion et de concertation.

Ce ne sera pas une fusion mais « un rapprochement ». Catherine Morin-Desailly, sénatrice et conseillère régionale de Normandie, tient à le préciser. Dans la région, il y a deux formations, l’orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie et l’Orchestre régional de Normandie avec des effectifs et des projets différents. Le premier, avec ses 40 musiciennes et musiciens et son chef, Ben Glassberg, traverse depuis vingt ans un large répertoire lyrique, symphonique, baroque et contemporain. Le second, créé en 1982 et basé à Mondeville, compte 17 interprètes qui mènent avec leur chef principal, Jean Deroyer, des projets artistiques originaux et des actions culturelles sur tout le territoire. 

Les deux orchestres se connaissent bien pour jouer régulièrement ensemble. La dernière fois, c’était les 19 et 20 novembre 2021 au Théâtre des Arts dans Petrouchka de Stravinsky. En juin 2019, la Région Normandie avait annoncé un mariage à trois, Opéra de Rouen Normandie, Orchestre régional de Normandie et Théâtre de Caen dans une plateforme Normandie lyrique et symphonique incitant les structures à coopérer pour produire et diffuser de grandes œuvres orchestrales. « Nous souhaitons faire un état des lieux des forces orchestrales afin de mener une réflexion sur notre politique musicale. Nous avons commencé à travailler sur des questions de diffusion, de cohérence dans le cadre des droits culturels. La Région est le premier financeur des deux structures à hauteur de 77 % », remarque la sénatrice, vice-présidente de l’Association des orchestres.

L’ambition de la Région est d’avoir « une formation orchestrale protéiforme, possible grâce à la variété des musiciens, afin d’obtenir un label national », indique Catherine Morin-Desailly. L’annonce par Hervé Morin, président de La Normandie et de l’Opéra de Rouen Normandie, du « rapprochement » des deux orchestres lors d’une répétition a soulevé de nombreuses questions et surtout généré de l’inquiétude. Catherine Morin-Desailly veut se faire rassurante. « Rien n’est arrêté. Notre volonté est d’entamer une concertation avec les musiciens et le personnel administratif. Nous avons une année pour réfléchir. Le but n’est pas de faire des économies, la substitution d’un projet à un autre. Nous voulons capitaliser sur leurs expériences, articuler les projets dans un plus grand dynamisme pour faire grandir ensemble nos formations ». Il va falloir convaincre.


 

Commentaire de Florestan:

Dans le bilan normand très positif de la première mandature de l'unité normande assumée par Hervé Morin et sa majorité régionale de 2016 à 2021, nous avions relevé qu'une seule véritable fragilité: la politique culturelle régionale.

Certes, il n'y eut jamais à déplorer des défaillances majeures de la tutelle publique régionale dans le soutien financier des nombreuses structures et projets culturels aidés, et il fut même constaté le contraire, notamment pendant la crise sanitaire de l'année 2020.

Mais il faut avouer que les objectifs présentés en 2017 au cirque d'Elbeuf n'ont pas été atteints en ce qui concerne la mise en oeuvre d'une politique publique culturelle authentiquement régionale et normande, à la notable exception du soutien particulier à la langue normande: on nous avait promis un engagement de la région privilégiant le soutien aux pratiques culturelles réelles des Normands, à leurs associations et initiatives. Ou encore, un effort particulier sur le patrimoine régional qui peine à être identifié comme une ressource territoriale stratégique.

Mais on observe que les plus gros financements et les principales préoccupations vont aux institutions, aux "grosses machines" labellisées par l'Etat dans notre région: cette flottille de paquebots amarés dans nos grands ports urbains coûte de plus en plus, n'attire qu'un public finalement assez restreint et, dans une certaine mesure, captif (par exemple: le public scolaire) au profit d'une prescription culturelle ministérielle d'Etat qui diffuse les oeuvres d'une culture mondialisée, normalisée, notamment dans le spectacle vivant et les arts plastiques.

Pour le dire clairement, le choix entre culture régionale et culture en région n'a pas été fait faute d'assumer clairement la première par rapport à la seconde.

Et l'organigramme quelque peu baroque de l'actuelle majorité régionale en matière de politique culturelle n'aide pas à faire ce choix. Bien au contraire! Car la culture est devenue, de fait, la chasse gardée de Madame la Sénatrice Morin-Desailly qui a une vision très administrée et politique de la culture régionale en privilégiant, par exemple, les Etablissements Publics de Coopération Culturelle aux simples associations loi 1901, pour entretenir une course aux labels officiels du ministère de la Culture d'un Etat central impécunieux qui n'a plus les moyens de les assumer financièrement...

On a déjà un EPR du côté de Flamanville qui nous plombe notre énergie nucléaire. Espérons donc que le second mandat normand de Morin ne soit pas plombé par les EPCC de Morin... Desailly!