Nouvelle humeur de Barreau...

Quel diagnostic de l’état de santé des ports (mondiaux, européens et français) ainsi que leur stratégie vis à vis de l’environnement ?

 C’est à cette question qu’a tenté de répondre France Culture en invitant 3 spécialistes :

 

Olaf Merk, expert du transport maritime au Forum International du Transport à l’OCDE,

César Ducruet, géographe, chercheur au CNRS,

Gaëlle Guéguen-Hallouet, juriste, professeur de droit public à l’Université de Bretagne occidentale

 

Il sera question du trafic marchandises. La Normandie est donc particulièrement concernée.

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En écoutant, on apprend entre autres et sans surprise, qu’avec la COVID, il y a eu une baisse de trafic dans les ports mondiaux en 2020, une reprise d’activité en 2021 avec des navires de plus en plus en retard et une congestion portuaire dans certains ports américains et chinois.

Ce sont les ports qui travaillent 24h/24 qui s’en sortent le mieux.

Les ports français ne représentent que 8 % des parts de marché au niveau européen.

Nos concurrents sont Hambourg, Rotterdam et Anvers qui profitent du déplacement géographique de l’Europe au détriment des ports français tandis qu’au Sud, ce sont Gênes et Barcelone qui viennent prendre des parts de marché.

Comme on a pu souvent le lire ici, le constat a été posé que les ports français ne sont pas assez connectés à leur arrière-pays. De plus, le mille-feuille administratif entrave le bon fonctionnement des différents acteurs des ports.

De même, on assiste à une concentration de trafic dans quelques grands ports ; pas de cabotage et de transports courte distance pour faire travailler les ports secondaires et désengorger le transport routier.

(ndlr: projet en rade d'une navette maritime de conteneurs entre le port du Havre et de Caen...)

L’’investissement privé est trop faible en France : au Havre 25 % pour Port 2000 par exemple quand pour le même genre de projet on est à 42 % à Anvers et 52 % à Rotterdam.

Concernant le volet environnemental, il a été évoqué la baisse des émissions polluantes des navires et des engins de manutention dans les ports et la transformation des activités portuaires dans l’ère post-pétrole en essayant de développer des usines d’éoliennes off-shore par exemple.

La création d’HAROPA laisse les spécialistes susnommés assez sceptiques car si cela pouvait permettre de regagner des parts de marché vers l’Est , dans le même temps, le canal Seine-Nord permettra l’offensive du port d’Anvers vers le Bassin Parisien...

A propos d'Haropa et du Havre, on réentend une phrase de Philippe, alors 1er ministre, se félicitant des investissements record de l’État dans Haropa: " pour le port du Havre, pour Rouen, pour Paris, pour l'axe Seine et la France". La Normandie n’est pas citée : cela montre son dédain pour la région au cas où certains en douteraient encore !

Enfin, parmi les 3 experts invités, on peut regretter la présence d’une experte bretonne qui en bonne fanatique, ne va pas pouvoir s’empêcher de faire des références tout au long de l'émission à sa région fétiche.

Quand la journaliste lui demande de commenter le cas du port de Calais, elle répond par un exemple à Brest…

 

Émission à réécouter ici:

 https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-l-eco/les-ports-mettent-le-cap-sur-l-environnement