Derrière des salons agricoles qui pourraient ressembler à des villages Potemkine souriants présentés au public, il devient de plus en difficile de nier la détresse sociale, économique et psychologique qui accable la filière de l'élevage laitier...

A Alençon, se tenait ce week-end (13 et 14 novembre 2021) le salon "Tous Paysans" qui rencontra un certain succès public.

La race bovine normande est-elle vraiment la "star" du salon agricole "Tous paysans" d'Alençon? A en croire le plumitif de Ouest-France nous pourrions en douter...

L’élevage normand en vedette du salon agricole Tous paysans à Alençon (ouest-france.fr)

L’élevage normand en vedette du salon agricole Tous paysans à Alençon

Samedi 13 et dimanche 14 novembre 2021 se tient le salon de l’agriculture Tous paysans à Alençon (Orne). Le public peut admirer plus de 400 animaux et prendre goût aux produits du terroir.

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Elles sont les stars du week-end. Les charolaises, blondes d’Aquitaine, prim’holstein et rouge des près défilent dans les enclos aménagés au parc Anova à Alençon (Orne). La ville ornaise accueille, samedi 13 et dimanche 14 novembre 2021, la première édition du salon Tous paysans, anciennement appelé Ferme en fête.

« De la fourche à la fourchette »

Ce « mini » salon de l’agriculture vient à la rencontre du grand public. Une centaine d’exploitants, d’éleveurs et producteurs fait découvrir tout leur savoir-faire : « De la fourche à la fourchette. » Près de trois cents vaches venues du Grand-Ouest de la France participent à des concours interdépartementaux et régionaux.

Avant de monter sur scène, elles se font bichonner par les clippers, les « coiffeurs » pour bovins. « Avant la présentation, on tond leur robe puis on passe un coup de bombe pour embellir leurs couleurs », explique Claire Macé, étudiante en deuxième année licence production animale. Selon la taille et le poids de l’animal, le toilettage peut durer plus deux heures. Une opération essentielle pour taper dans l’œil du jury.

Évaluation morphologique et génétique

En dehors de l’aspect compétition, les concours permettent de promouvoir les « qualités de chaque race », indique Hugues Bonhomme, président du syndicat des éleveurs charolais de l’Orne. « Il y a une évaluation morphologique mais aussi génétique. Ce salon montre le très haut de gamme des différentes filières bovines. »

Les petits animaux ne sont pas oubliés. Les chèvres et les boucs sont aussi les vedettes de ce salon agricole. Anthony Crespin est venu de la Manche pour participer aux concours de l’association Les Chèvres des fossés. « J’ai amené une dizaine de chèvres et mon bouc », lance le fromager, âgé de 36 ans.

Les examinateurs évaluent les parties morphologiques ainsi que les traces génétiques du mammifère. « Toutes ces données sont envoyées dans des instituts d’élevage. L’idée est d’obtenir une photographie de cette race placée sous statut protégé. »

Le public peut admirer près de 400 animaux au salon Tous paysans. 

Ce patrimoine est à retrouver aussi dans les assiettes du marché des producteurs locaux. Des démonstrations culinaires éveillent les papilles de nouveaux adeptes. L’agriculture se décline enfin dans le domaine culturel. Des conférences et cinés débats sont proposés au public.


Imagine-t-on notre Normandie sans éleveurs laitiers?

Dans l'Orne (mais pas que), la situation de la démographie agricole et tout particulièrement celle des exploitants laitiers est préoccupante: de nombreux départs à la retraite sont à prévoir et bien rares sont les jeunes prêts à reprendre une ferme.

Le métier est peu attractif car il s'agit de travailler beaucoup avec de lourdes astreintes sans avoir la certitude d'obtenir une bonne rémunération.

Il y a donc une urgente nécessité à agir notamment du côté des pouvoirs publics (à commencer par la région Normandie) pour anticiper cette situation sous peine de voir définitivement disparaître la carte postale laitière qui fait la renommée sinon l'identité de notre région!

La question d'assurer une rémunération garantie et qualitative pour la filière laitière normande se pose de plus en plus.

Pour mémoire, nous avons ici et ailleurs proposé la création d'une AOC/AOP "lait de Normandie" avec un cahier des charges spécifique pour garantir un métier rémunérateur pour nos exploitants laitiers...

Archives de l'Etoile de Normandie:

IL FAUT UNE AOC/AOP LAIT DE NORMANDIE! - L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande (canalblog.com)

La NORMANDIE: la région aux 14 AOP, aux 14 Label Rouge, aux 8 IGP, etc... Mais toujours aucun label pour protéger notre lait! - L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande (canalblog.com)

VIMOUTIERS 25 JANVIER 2019: CREER la filière qualitative et labelisée du LAIT DE NORMANDIE - L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande (canalblog.com)

Face à la nouvelle provocation des industriels, il faut créer une AOP "LAIT DE NORMANDIE"! - L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande (canalblog.com)

La guerre du camembert est relancée: la solution pour en sortir c'est une vraie AOC Lait de Normandie! - L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de l'unité normande (canalblog.com)


Orne. Investissements, traite, rémunération… Pourquoi l’élevage laitier n’a-t-il plus la cote ? (ouest-france.fr)

Orne. Investissements, traite, rémunération… Pourquoi l’élevage laitier n’a-t-il plus la cote ?

En vingt ans, le nombre d’exploitations laitières a fondu en Normandie. La faute à un travail astreignant et à une rémunération pas toujours adaptée. Résultat : les jeunes manquent à l’appel. De quoi inquiéter les syndicats et interpeller les agriculteurs.

Allez ! ​Dans la grande prairie qui jouxte son étable, Thierry Lemaître harangue ses vaches. L’heure de la traite approche en cette fin de journée de novembre. Cela fait dix-huit ans que l’agriculteur s’est installé dans la petite commune d’Hauterive, près d’AlençonAvant, on était trois producteurs de lait dans la commune​, se souvient-il. Aujourd’hui, il est le dernier.

Un cas loin d’être isolé. En vingt ans, la Normandie a vu disparaître plus de 10 000 exploitations laitières. Un gouffre. Dans l’Orne, il n’en reste désormais plus que 1 352. Chaque année, on a l’équivalent d’une PME de 50 salariés qui s’envole​, résume Laurent Leray, porte-parole de la Confédération paysanne en Normandie.

Investissements, astreinte de la traite, faible rémunération…

Cette casse sociale muette risque encore de s’accentuer. Car près de la moitié des producteurs de lait sont aujourd’hui âgés de plus de 50 ans. Contre un tiers, il y a seulement vingt ans. La raison ? L’absence de jeunes éleveurs dans la filière laitière. Entre l’investissement, le volume d’heures travaillées et la rémunération, je pense que beaucoup de jeunes se posent la question de la pertinence d’aller dans l’élevage laitier​, avoue l’agriculteur d’Hauterive.

Il faut dire qu’élever des vaches laitières n’a rien d’une sinécure. La faute, principalement, à la traite. Une astreinte quotidienne qui pèse lourd sur les épaules des agriculteurs. Chaque matin et chaque soir, tous les jours de l’année, on doit y passer entre une et deux heures selon la taille de l’exploitation​, résume l’Ornais. Un plaisir, évidemment, mais aussi une contrainte quand la vie de famille s’en mêle. Ce n’est pas toujours évident de concilier les deux.

Avec moins d’éleveurs laitiers, la production commence à baisser

Ainsi, le modèle de la ferme familiale tend à s’effacer au profit de plus grosses fermes. Jusqu’ici, ça faisait illusion parce qu’on produisait autant de lait, avec moins d’éleveurs​, analyse le porte-parole de la Confédération paysanne en Normandie. Mais depuis quelques années la production de lait baisse. À terme, cela pourrait conduire à une perte de souveraineté​. En clair : la France devra importer du lait. Un comble. Sans compter que la disparition des exploitations joue aussi sur les paysages. Finis les arbres et les haies, place aux grands terrains céréaliers à perte de vue.

Pour lutter contre ce phénomène, les producteurs de lait de la Confédération paysanne ont décidé d’organiser un colloque au lycée agricole de Sées, jeudi 18 novembre. L’objectif : rendre le métier plus attractif pour les jeunes. Il sera question de la régulation du prix du lait, ou encore d’aides à l’installation.

« Je préfère vivre au grand air que passer ma journée pendu au téléphone »

À Hauterive, Thierry Lemaître veut croire en un regain d’intérêt pour son activité. Regardez le cadre dans lequel je travaille. Je n’ai qu’une quarantaine de vaches, je les connais toutes, et je gagne correctement ma vie​, insiste-t-il. Avant d’ajouter : Et puis, je préfère largement vivre au grand air, quitte à me lever tous les matins pour la traite, plutôt que de passer ma journée pendu au téléphone derrière un bureau.