La situation des paysages français est actuellement catastrophique:

 

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face à la débandade régalienne de l'Etat central qui n'assume plus ses responsabilités faute de s'en donner les moyens financiers et idéologiques, c'est le règne du grand n'importe quoi sur fond de pression et de corruption des promoteurs immobiliers et éoliens qui grignotent ce qui reste de la magnifique et séculaire robe paysagère de France comme des mites mangent nos fringues du dimanche trop longtemps enfermées en nos armoires...

Avec le mitage pavillonnaire, l'artificialisation des terres agricoles, la mutiplication de la voirie pour dévier les circulations ou desservir la nouvelle zone de ceci ou de cela avec un rond-point tout neuf, sans compter cette multiplication de lampadaires horribles, de panneaux publicitaires et de tout un mobilier urbain médiocre et laid acheté par des élus locaux sans goût ni imagination dans les pages soviétiques du catalogue d'un fournisseur unique, c'est la continuité paysagère française qui est menacée avec le risque de tuer la poule aux oeufs d'or de l'attractivité résidentielle sur fond... de parcs éoliens!

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Cependant, on observe quelques résistances voire le début d'une prise de conscience dans les communautés de communes rurales: dans cette prise de conscience, la gifle du mépris éolien pour les bouzeux en a réveillé plus d'un et c'est tant mieux! Un autre enjeu aussi ravive la conscience en réveil de certains de nos élus locaux: la beauté et l'harmonie du paysage architectural et naturel d'une commune rurale enfin fibrée en 4G et située à moins de deux heures de Paris, intéresse de nouveaux résidents, voire de nouveaux habitants au point que l'école communale pourrait être sauvée. Ce cercle vertueux, certes encore fragile, s'est récemment enclenché dans certaines communautés de communes du Perche, du Pays d'Ouche voire du Pays d'Auge ou du Pays de Bray.

Et cette prise de conscience acquiert encore plus de force dans les communes qui ont eu l'intelligence d'accepter il y a quelques années, les contraintes règlementaires requises pour entrer dans le périmètre d'un parc naturel régional: avec ce cadre règlementaire plus contraignant, les élus locaux y ont fait et y font moins de... conneries! Et aujourd'hui, cette vigilance pourrait payer car avec une qualité paysagère meilleure et le soutien financier du parc naturel régional, ces communes auront une attractivité résidentielle plus importante que les communes de la connerie paysagère conventionnelle...

Illustration dans l'Orne dans le cadre du parc naturel régional "Normandie-Maine" avec un programme de replantation des haies du bocage:

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https://actu.fr/societe/orne-21-5-km-de-haies-supplementaires-dans-le-parc-normandie-maine_46127834.html

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Orne. 21,5 km de haies supplémentaires dans le parc Normandie-Maine

L'appel à candidatures pour l'aide à la plantation de haies du Parc Normandie-Maine a remporté un joli succès : 45 dossiers ont été retenus. 21,5 km de haies vont être plantées.

Pour la 4e année consécutive, l’appel à candidatures pour l’aide à la plantation de haies bocagères du Parc naturel régional Normandie-Maine s’est révélé être un succès puisque 72 dossiers ont été reçus parmi lesquels 45 projets ont été sélectionnés.

Ils représentent un total de plantation de 21,5 km de haies bocagères.

Des agriculteurs et des particuliers

Si, comme les années précédentes, la majorité des demandes sont situées dans l’Orne (14,3 km), la Sarthe a également été assez demandeuse (3,8 km), ainsi que la Mayenne (3,2 km) et même la Manche (200 ml) !

L’ensemble du territoire du Parc pourra donc bénéficier de ces nouvelles haies qui viendront compléter les quelque 17 300 km de haies déjà présents sur le Parc.

Tous les particuliers, agriculteurs et collectivités du territoire du Parc pouvaient répondre à cet appel à projets. Sur les 45 projets retenus, 25 concernent des agriculteurs. Les autres candidatures retenues émanent de particuliers (16) et de communes (4).

Les travaux de plantation seront réalisés durant l’hiver 2021-2022.

80 % payés par le Parc, 20 % par le porteur du projet

Le coût de chaque projet sera pris en charge à hauteur de 80 % par le Parc. 20 % du coût des travaux resteront à la charge des bénéficiaires.

Cette opération est rendue possible, cette année encore, grâce au soutien financier des régions Normandie et Pays de la Loire, des départements de l’Orne et de la Mayenne, mais aussi du plan France Relance et du Fonds pour l’arbre.

Comme les autres années, une partie des plants sera de la marque collective Végétal local, ce qui garantit une origine locale des graines et une meilleure adaptation des plants aux conditions climatiques et aux sols de notre territoire.

Multiples avantages

Ces plantations permettront de reconstituer le bocage du Parc, qui a perdu la moitié de son linéaire de haies entre 1950 et 2010. Pourtant, les haies ont de nombreux avantages, parmi lesquels la délimitation des parcelles, l'ombrage et l'abri pour le bétail, le refuge pour la biodiversité, l'embellissement du paysage, la production de bois, etc.

Le Parc Normandie Maine

On lira aussi sur ce même sujet cette archive intéressante:
https://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/08/pascal-cribier-la-destruction-d-un-paysage-unique_1408290_3244.html

"La destruction d'un paysage unique"

Né en Normandie, le paysagiste Pascal Cribier, qui compte parmi les plus respectés de France, a fait ses premières armes en pays de Caux et cultive son propre jardin près de Dieppe.

Propos recueillis par Propos recueillis par Grégoire Allix

Publié le 08 septembre 2010 à 14h43 - Mis à jour le 08 septembre 2010 à 14h43

Né en Normandie, le paysagiste Pascal Cribier, qui compte parmi les plus respectés de France, a fait ses premières armes en pays de Caux et cultive son propre jardin près de Dieppe. Il a obtenu, lors des réunions publiques au Tréport, d'être associé - bénévolement - à la mise en image du projet des Deux-Côtes, qu'il conteste.

Que reprochez-vous à ce projet ?

Pour la première fois, on va installer directement sur l'eau une zone industrielle de 75 km2, qui va en permanence tourner et clignoter de lumières rouges, jaunes, blanches. Il faut mesurer la gravité de cette première. Cela va au-delà d'un impact paysager classique : 140 éoliennes de 150 mètres de haut vont être visibles sur plus de 50 kilomètres de côte, au milieu d'un paysage de falaises de 80 mètres de haut.

On reproduit avec l'éolien la même erreur qu'il y a cinquante ans avec les grands ensembles ou il y a trente ans avec les zones commerciales et les plates-formes logistiques qui défigurent les entrées de ville : ce sont des grands programmes technocratiques qui détruisent le paysage avec l'illusion d'être modernes. Ce ne sont pas les paysagistes qui font le paysage, c'est l'économie, la politique, les décisions administratives.

Pourquoi avez-vous souhaité participer à la mise en image du futur parc ?

J'ai observé, lors des réunions publiques, comme il pouvait être facile pour les ingénieurs de convaincre l'assistance grâce à de belles images. Ils assuraient que chaque ville ne verrait pas plus de douze éoliennes car celles-ci seraient parfaitement alignées, qu'on ne les verrait qu'un tiers du temps en raison du brouillard... N'importe quoi...

J'ai voulu être associé aux prises de vue et à l'insertion des images de synthèse pour choisir les cadrages pertinents. Je vais demander que soient posés, in situ, sur la baie de Somme, au Tréport, sur les falaises de Dieppe, au cimetière marin de Varengeville, des panneaux illustrant, grandeur nature, l'impact des éoliennes. Je veux aider les gens à se mobiliser et persuader les porteurs du projet qu'ils vont se rendre responsables de la destruction d'un paysage unique.

Qu'est-ce que ce paysage a de particulier ?

C'est un paysage puissant, né d'une économie et d'une agriculture très fortes, avec des champs et des forêts magnifiques, des éléments urbains épargnés par l'étalement. Sur la côte, ce décor façonné par l'homme s'arrête d'un coup pour s'ouvrir sur le vide. Les falaises créent une rupture totale entre une campagne très productive et l'horizon, l'infini, ce qui reste de vraie nature : une richesse gratuite et qui appartient à tous. Nul autre endroit n'offre une rupture aussi belle, aussi spectaculaire, sans être balnéaire. C'est ce que vont détruire les éoliennes.

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