Dans une logique "Grand Ouest" portée avec quelques convictions politiques dans les années 1990 par Pierre Méhaignerie, ci-devant député-maire de Vitré avec son initiative "PREGO" (Pour une Région Grand Ouest) qui, à partir d'une fusion régionale entre la Bretagne, les Pays-de-la-Loire et la Basse-Normandie, devait constituer une sorte de grosse Bavière démocrate-chrétienne à l'Ouest de la France et dont la capitale et la métropole ne pouvait que se trouver à Nantes.

Bien entendu, ce fumeux projet avait été soutenu avec vigueur par la direction de Ouest-France puisqu'il s'agissait de faire de la zone de diffusion du premier quotidien français une région institutionnelle et politique à part entière...

A l'époque, la Normandie était au fond du trou... normand, plus que jamais divisée et subissant de plein fouet la plus grave crise industrielle et sociale de son histoire. Et pour ajouter à son malheur, elle avait deux Bretons à sa tête: René Garrec en Basse et Alain Levern en Haute. Et, à Caen dans ce triste début des années 1990, la tentation fut forte d'envisager l'avenir d'une petite capitale régionale bas-normande en l'arrimant à l'attraction métropolitaine bretonne qu'elle vienne de Rennes ou de Nantes. C'était la triste époque où, dans les micro-trottoirs de FR3 Basse-Normandie Caen, les jeunes Caennais se disaient attirés par Rennes et la Bretagne.

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http://normandie.canalblog.com/archives/2006/07/03/2220914.html

Et le produit "phare" qui devait assurer la satellisation à la Bretagne et plus largement au "Grand Ouest" d'une marche bas-normande orientale c'était la construction d'une autoroute gratuite pour doubler et remplacer la vieille route du Mont-Saint-Michel, la future A84: à l'aide de deux contrats de plan état-région plus que léonins (40% pour l'Etat, 60% pour la Basse-Normandie) les travaux de cette autoroute gratuite pour aller en Bretagne depuis Caen ont été décidés et réalisés.

Ce coup parti fit que la Normandie aujourd'hui réunifiée reste divisée quant à ses autoroutes entre une Normandie occidentale gratuite et une Normandie méridionnale et orientale payante avec un péage symboliquement situé à Dozulé dans des marais de la Dives qui, autrefois, constituaient la véritable frontière entre la Basse et la Haute Normandie.

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Ce lourd passif de la division normande devrait subsister jusqu'à l'horizon des années 2030, c'est-à-dire, la fin des contrats des actuelles concessions autoroutières avec la question de savoir si, à cette date, le pouvoir régional normand sera assez fort pour oser la régionalisation de nos autoroutes...

Pour revenir à l'initiative "PREGO", elle fit, finalement, florès car Garrec plus bas-normand que breton dans cette affaire, alerté par un rapport du Conseil économique social et environnemental régional de Basse-Normandie (CESER) alors présidé par Jean Callewaert, décida de s'en méfier préférant, comme tout localiste sans ambition ni imagination, son petit chez-soi à un plus grand chez les autres: ce faisant, le président bas-normand sauvait l'avenir d'un bout de Normandie tout en refusant d'envisager qu'une Normandie complète pourrait obtenir ce qu'une moitié ne pourra jamais. Et le breton teigneux qui, au même moment squattait un hôtel de région à Rouen, pensait, hélas, la même chose...

Avertis comme il convient, vous pouvez lire maintenant cet article de Ouest-France qui revient sur les origines du mythe des routes bretonnes gratuites: Anne de Bretagne n'y est évidemment pour rien. En revanche, le Cercle de Liaison et d'Etude des Intérêts Bretons (CELIB) y est pour beaucoup!


 https://www.ouest-france.fr/bretagne/video-mais-pourquoi-les-routes-sont-elles-gratuites-en-bretagne-eff529b2-e3a4-11eb-aef4-73e36e3471df

VIDÉO. Mais pourquoi les routes sont-elles gratuites en Bretagne ?

Pour entrer et sortir de Bretagne, de Nantes à Caen, les routes sont gratuites. D’Anne de Bretagne à Charles de Gaulle, les origines de cette exception divergent. Retour sur un privilège toujours unique en France.

En partant en vacances en Bretagne cet été, vous vous retrouverez peut-être dans cette situation : passé Rennes, Nantes ou Caen, (ndlr: Caen n'est pas en Bretagne) aucun péage n’apparaît. Il ne s’agit pas d’un mirage ou d’un faux itinéraire : pour entrer et sortir de Bretagne, les routes sont bien gratuites. La région bénéficie, en réalité, d’un régime particulier et unique en France.

Une exception bretonne

Contrairement aux autres régions, la Bretagne ne possède pas d’autoroutes, mais des « routes express ». Il s’agit de routes nationales à deux fois deux voies, limitées à 110 km/h, contre 130 pour les autoroutes. N’étant pas comptabilisées comme des autoroutes, elles échappent logiquement à la taxe des sociétés d’autoroutes, qui sont privées.

Une autoroute est certes apparue dans la région. Il s’agit de l’A84 qui relie Rennes à la Normandie. Cependant, pour qu’une autoroute soit payante, il faut qu’il y ait un itinéraire parallèle gratuit. Or, aucun autre itinéraire n’apparaît sur ce trajet, ce qui la rend gratuite.

(Commentaire de Florestan: le journaliste de Ouest-France manque de curiosité géo-politique...)

Ce régime particulier convient particulièrement à la Bretagne, qui affiche un trafic routier proche des autres régions françaises, alors qu’elle n’a pas d’autoroutes.

La région, composée de moyennes et petites villes en majorité, jouit d’un réseau routier relativement fluide (1 échangeur tous les 7 kilomètres contre 1 échangeur tous les 23 kilomètres sur autoroutes), évitant la concentration urbaine aux abords de certaines villes. Parmi les villes les plus embouteillées de France, Brest et Rennes arrivent à la 12e et à la 14e place.

D’Anne de Bretagne à Charles de Gaulle, un mythe qui persiste

Pour beaucoup de Bretons, ce privilège trouve cependant sa source en 1491. Le roi de France, Charles VIII, aurait contraint la duchesse Anne de Bretagne à l’épouser, afin de rallier la région au reste du territoire. Selon la légende, Anne de Bretagne exige en retour une condition : les Bretons doivent pouvoir circuler gratuitement et librement, sans payer d’impôt. Cependant, rien ne prouve cet accord : les contrats de mariage et l’édit du Plessis-Macé de 1532 n’y font pas référence.

En réalité, ces routes express trouvent leur source dans le plan routier breton, mis en place en 1968. La région connaissait, jusqu’ici, un faible trafic routier et n’avait pas besoin d’autoroutes. La nécessité de moderniser la région se faisait toutefois sentir : la Bretagne suit alors un fort développement industriel, agricole et économique, mais reste la seule région française à manquer d’autoroutes. Cette année-là, le Celib (Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons) propose un plan pour moderniser la Bretagne. Avec la pression de lobbies bretons, le projet est accepté par Charles de Gaulle, alors président du pays. Les routes express gratuites sont alors créées.

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Sur cette question de la région "Grand Ouest", on vous propose aussi de relire cette archive de l'Etoile de Normandie:

http://normandie.canalblog.com/archives/2020/11/13/38647704.html

C'est le point commun entre Ouest-France et... Tchernobyl ou Fukushima: autour de la centrale qui a explosé, on a été contraint de créer une zone interdite car on y trouve et on y trouvera des années durant, des niveaux de radio-activité supérieurs à ce que peut tolérer la vie humaine...

Dans la zone de diffusion du quotidien régional dit de "l'Ouest", dernier grand journal de France par sa diffusion au numéro papier (largement subventionnée par l'Etat au nom de la défense du pluralisme), difficile quand on lit régulièrement Ouest-France, de Luçon à Honfleur ou de Brest au Theil-sur-Huisne, de ne pas échapper à une propagande bretonne permanente qui s'immisce à peu près dans tous les contenus (papier ou numérique) et dans toutes les offres et propositions de cet empire piloté depuis Rennes.

La famille Hutin, comme les Habsbourgs de l'Autriche-Hongrie avant 1914, dirige cette puissance en croyant qu'il est possible de faire de toute cette diversité une unité: dumoins certains ont cru à leur place, chez des hommes politiques bretons ou des hommes d'affaire nantais abonnés à Ouest-France, à Rennes et à Nantes, qu'il était possible de caresser le rêve de transformer la zone de diffusion de Ouest-France à l'Ouest de la France en région du "Grand Ouest" avec l'idée de faire une... "Bavière française" d'inspiration centriste et démocrate-chrétienne dans le dernier réduit du catholicisme français:

Plus prosaïquement, il s'agissait de faire gagner une dimension européenne au couple métropolitain Rennes-Nantes avec un aménagement du territoire favorable dont témoignait le pharaonique projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes et dont témoigne encore le réseau TGV ou le réseau d'autoroutes gratuites qui parcourent la Bretagne et ses marches territoriales orientales (dont l'ex-Basse-Normandie avec une A 84 gratuite entre Caen et Rennes et des autoroutes payantes entre Caen, Rouen, Le Havre ou Alençon!)

Cet homme, s'appelait et s'appelle encore Pierre Méhaignerie: il fut longtemps le député-maire de Vitré (Ille-et-Vilaine) et dans les années 1990 son initiative "PREGO" autrement dit, "Pour la Région Grand Ouest" avait quelques échos chez les élus locaux des régions concernées avec des réunions publiques complaisamment relayées dans les pages de Ouest-France.

Inutile de dire que ce projet s'il avait été mis en oeuvre, aurait tué définitivement l'avenir de la Normandie et de son espace régional alors déjà bien malmené par la division entre Haute et Basse, à l'époque dirigées par deux présidents de région... bretons! L'un de droite en Basse qui a failli succomber aux sirènes de PREGO et l'autre, de gauche, qui n'en avait rien à faire depuis une région Haute-Normandie transformée en bunker partisan.

Le danger était donc réel pour la Basse-Normandie de l'époque de finir totalement satellisée par la métropole régionale de Rennes en tant que marche orientale normande de la Bretagne: c'est dans ce contexte très menaçant que se trouva relancée, dans les années 2000, au delà du combat historique déjà mené par le Mouvement Normand, la prise de conscience pour l'unité de la Normandie et sa réunification.

L'hypothèque PREGO s'éloigna donc de la Normandie mais elle fit un brutal retour en 2014 lorsqu'il fallut rebattre de façon stupéfiante toutes les cartes de la géographie régionale française à l'occasion de la réforme Hollande-Valls: on se souvient des interventions d'une ministre bretonne du gouvernement faisant pression pour détacher le département de la Manche de la Basse-Normandie pour faire, enfin, une Bretagne à cinq départements faute de pouvoir réunifier la Bretagne historique de la Loire au Finistère... Ou encore: la proposition soutenue par Hollande et Auxiette le baron socialiste ligérien de fusionner les Pays-de-la Loire avec la Bretagne (on s'approchait là du rêve de Pierre Méhaignerie) qui échoua sur le récif en granit breton de Le Drian vexé de découvrir que le Rouennais Hollande souhaitait offrir une unité régionale historique à des Normands qui, de son point de vue de régionaliste breton, ne la méritaient pas...

Ce fut donc la dernière alerte et depuis, fort heureusement, notre Normandie a retrouvé son unité...

Mais avec Ouest-France, les Bretons sont toujours en cuisine pour servir leurs intérêts: cela il ne faut jamais l'oublier!

Moralité: comme nous n'avons pas l'obligation d'acheter la Pravda bretonne de l'Ouest dans sa zone de diffusion, on vous conseille plutôt d'acheter et de lire autre chose... Par exemple, l'Etoile de Normandie!

Notre correspondant normand expatrié en Anjou, nous a envoyé le message suivant:

Lorsque on consulte des infos sur le site internet, une fenêtre apparait régulièrement avec la même proposition de nous faire jouer à ce jeu pour gagner des abonnements à "Bretons en cuisines"...

J'ai écris à notre quotidien préféré :
je reçois l'offre de participation pour gagner des Cookeo Touch et des abonnement à "bretons en cuisine"

Je voulais jouer mais pour gagner  "norm‌ands en Cuisine" mais apparemment on n'a pas le choix, c'est pas possible...
Après avoir l'actualité des bretons, faut se farcir du manger breton: j'ai peur de l'indigestion, alors NON MERCI !

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